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À Bordeaux, un bar se jette dans la Garonne : « Ça change des soirées classiques »

Ce soir-là, à bord du Marco Polo, 140 personnes profitent du coucher de soleil sur la Garonne tout en faisant la fête.
Ce soir-là, à bord du Marco Polo, 140 personnes profitent du coucher de soleil sur la Garonne tout en faisant la fête. (©Nathan Tacchi)

Pourquoi rester enfermé dans un bar traditionnel quand on peut danser sur la Garonne, avec une vue panoramique sur les monuments de Bordeaux ?

Mercredi 21 septembre 2022, les conditions climatiques sont idéales : en ce début de soirée, le ciel est dégagé, la luminosité parfaite et la température agréable.

Sur le Marco Polo, des Bordelais ont décidé de se vider l’esprit différemment. «  Ça change des soirées classiques que tu peux faire », raconte Marine, 20 ans, prête à monter à bord.

Des soirées pleines à craquer 

Le rendez-vous est donné aux clients pour 19 heures au niveau du ponton d’honneur, sur le quai Richelieu, face à la maison écocitoyenne. Les rayons du soleil couchant caressent la coque du bateau rouge et blanc. Les places sont limitées à 140 et à acheter en prévente.

Mieux vaut réserver plusieurs jours à l’avance. « On sera plein jusqu’à la fin de la saison », explique Frank Jouanni, propriétaire et gérant de l’embarcation vieille de 62 ans. Ses afterworks étaient complets tout l’été et se termineront fin octobre pour repartir de plus bel en mai 2023. 

« Vous n’êtes pas inscrit ? Je vais vous demander de bien vouloir patienter jusqu’à 19h30 pour voir si on a encore de la place. Mais je ne veux pas vous faire de faux espoir  », annonce une membre de l’équipage à un couple sans réservation à l’entrée du bateau. L’heure fatidique du départ approche. Les derniers clients montent. 

Des jeunes, des actifs, des « vieux »…

19h30. Le vrombissement des moteurs annonce le départ. Tous un verre en main, du vin ou de la bière, lunettes de soleil sur le nez, les passagers, majoritairement des étudiants, jeunes actifs et cadres ce soir-là, commencent à danser au rythme de la musique. Le retour est prévu pour 21h30.  

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Deux heures de croisière sur le fleuve durant lesquelles les fêtards vont découvrir la ville sous un autre angle : la place de la Bourse, les quais, la Cité du Vin, les rives après le pont d’Aquitaine, le port industriel…  

Sur ce bateau datant de l’après-guerre, on retrouve différents profils. Comme le raconte le gérant : « Nous ne sommes ni un bateau de jeunes, ni un bateau de vieux. »  « C’est ce qui est bien ici. La clientèle va 18 de 80 ans  ! », explique Gaspard, serveur depuis deux ans à bord.

L’atout pour séduire ces générations : un mélange entre tradition, convivialité et modernité.  Traditionnel pour sa décoration intérieur – des photos de Bordeaux de l’entre-deux-guerres, des salons sur le pont inférieur style années 50-60… – et une modernité pour son côté guinguette à la mode sur le pont supérieur avec une table de DJ, des LED aux couleurs arc-en-ciel et un bon système de sonorisation. Deux salles, deux ambiances.  

18 euros l’entrée  

Ce soir, c’est le collectif en vogue Amorce aux platines. Six jeunes DJ s’y succèdent et les styles aussi. Deep house, électro house, bass house…  « Mixer sur un bateau ? C’est excellent. Y a pas mieux comme cadre. Ce n’est pas tous les jours qu’on peut faire ça », raconte Sarah, alias Saari, une des disc-jockey du soir. Et elle a raison, puisque le Marco Polo est le seul dans son genre à Bordeaux. 

À 18 euros, les clients peuvent profiter d’une consommation et d’une planche mixte. « Un peu cher » pour des étudiants, estime Lorette, jeune danseuse au conservatoire de Bordeaux. « Mais on sait pourquoi on a payé, lui répond son amie Alice. Le son et l’ambiance sont incroyables. »  

Un ancien pavillon allemand 

Derrière cette soirée et ce bateau, Frank Jouanny. C’est lui qui est allé chercher cette embarcation en 2013 en Allemagne, au nord de Berlin. Pourquoi être allé aussi loin ? Les bateaux à Bordeaux n’étaient pas assez « sexy » pour le patron. Après l’avoir restauré, il s’est lancé dans la privatisation du bateau pour des séminaires et particuliers.

Mais ce n’est qu’après la crise du Covid qu’il s’est lancé dans ce format d’afterworks, à raison de deux sorties par semaine (les mardis et mercredis). « On sentait que les gens avaient besoin de faire la fête. » 

Le soir, cet ancien décathlonien et navigateur veille au bon déroulement de la fête. « Je vérifie qu’il n’y ait pas de problèmes, des verres qui trainent, des gens qui s’assoient ou montent sur les rambardes, que la musique ne soit pas trop forte. Bref, que tout se passe bien. » Dans ce bar pas comme les autres, un vigile circule en permanence. 

Ivre, il se fait expulser du bateau

Par rapport à un bistrot situé sur la terre ferme, impossible de juste expulser les gens hors de l’établissement. Au début de la soirée, l’équipage a dû rebrousser chemin et revenir à quai pour virer un homme visiblement très alcoolisé. De quoi agacer quelques clients mais une grande vigilance est demandée à tous. Le pire risque : la chute à l’eau.  

Finalement, il est 21h45 quand le bateau amarre sur les quais rive gauche. La fin de soirée pointe le bout de son nez, quelques clients débarquent, même si les plus téméraires pourront rester danser jusqu’à 23 heures. Un peu plus tôt que les bars dansants traditionnels. Ouf, personne n’est tombé à l’eau ce soir. « Rassurez-vous, jusqu’ici, ça n’est jamais arrivé ! », sourit le patron. 

Par Nathan TACCHI

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