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A Dieppe, le match de rugby n’avait rien d’amical

Le match amical a eu lieu le 14 mars 2019.
Le match amical a eu lieu le 14 mars 2019. (©Pixabay)

Le sport s’est invité à l’audience du tribunal correctionnel de Dieppe (Seine-Maritime) ce 15 octobre 2021 avec la comparution d’un joueur de l’équipe de rugby des Papys de Dieppe accusé de violences à l’encontre d’un joueur de l’équipe des sapeurs-pompiers de Seine-Maritime. Les faits se sont déroulés le 14 mars 2019.

Sur une phase de jeu, le « Papy » âgé de 42 ans plaque violemment un adversaire. Irrégulièrement estime ce dernier ainsi que quelques-uns de ses coéquipiers. Il aurait plaqué tête en avant et serait venu heurter directement le visage de son adversaire. Sous le choc, ce dernier hurle de douleur et tente de donner un coup de pied. Le « Papy » répond en donnant un coup de poing à nouveau dans le visage. La victime ressent une douleur intense et ne voit plus rien de l’œil touché.

Le match est arrêté mais se termine tout de même par le verre de l’amitié auquel ne participe pas la victime. Elle attend dans sa voiture le coéquipier qui doit la ramener à son domicile. Là, après une nuit où la douleur ne s’atténue pas et où sa vision reste très perturbée, le pompier volontaire est conduit par son épouse chirurgienne aux urgences du CHU de Rouen. L’homme y sera opéré notamment d’une fracture du plancher orbital et de la rétine. La convalescence aura duré près d’un an, mais heureusement il a pu recouvrer la quasi-totalité de ses capacités oculaires.

Beaucoup de questions

Beaucoup de questions se posent à l’audience : le prévenu est-il vraiment l’auteur du placage violent, son coup de poing a-t-il été un geste réflexe suite au coup de pied asséné par la victime. Manifestement tout cela énerve le ministère public qui n’hésite pas à asséner : « Le rugby est un sport de bourrins où on se met des coups injustifiés… ».

Ce qui fait réagir Me Dorange avocate du prévenu : « J’aurais compris qu’on dise cela du football, mais pour le rugby, je trouve cela très déplacé, c’est un sport noble avec des valeurs. »

Le parquet malgré cet avis tranché requiert tout de même une peine de trois mois de prison avec sursis à l’encontre du prévenu estimant que le coup de poing notamment ne peut être considéré comme de la légitime défense : « Son poing n’est pas parti tout seul dans l’œil de la victime » dit-il.

Délibéré le 5 novembre

La partie civile ayant réclamé une provision de 5 000 € sur le préjudice définitif et 1 800 € pour ses frais d’avocats, Me Dorange pour la défense réfute la notion de violence volontaire et s’étonne que le prévenu, pompier volontaire, entouré dans son équipe d’autres pompiers dont certains professionnels, marié à une chirurgienne ait attendu, si les blessures étaient si graves, le lendemain pour se rendre à l’hôpital.

Elle souhaite que l’affaire soit requalifiée en blessures involontaires et plaide le partage de responsabilité. Le tribunal a décidé de s’accorder une prolongation avant de siffler la fin du match et rendra son délibéré le 5 novembre.

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