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à Frelinghien et Verlinghem, un projet d’unité de méthanisation contesté par les riverains

Organisés en collectif, les habitants dénoncent par voie de pétition et de messages disséminés dans les rues les effets indésirables qu’entraînerait l’implantation de l’usine, aussi bien en termes de sécurité, de nuisances ou encore d’environnement.

Dégradation visuelle des sites naturels, dépréciation du patrimoine immobilier, accroissement du trafic d’engins agricoles et de camions, odeurs de décomposition, développement de bactéries, risques d’incendies et d’explosions… À en croire le collectif « Méthanisation Frelinghien Verlinghem », les doigts d’une main ne suffisent pas à énumérer les effets indésirables que risque d’induire l’implantation d’une unité de méthanisation, à mi-chemin entre ces deux communes de la Métropole européenne de Lille (MEL).

Si l’association est active depuis 2019, sa lutte a gagné en intensité depuis que la société Métha de la Croix-au-Bois -composée de huit agriculteurs locaux- a déposé une demande de permis de construire. C’était en février dernier.

Une pétition rassemblant pour l’heure environ 500 signataires a depuis été lancée. Ses auteurs raillent l’implantation cette usine sur trois hectares de terres agricoles, à un jet de pierres d' »un monument historique protégé par les architectes des bâtiments de France ainsi qu’une brigade cynophile où viennent s’entraîner et se former les chiens de la police nationale ».

« Protégeons nos enfants »

Si l’on en croit le texte, 70 tonnes de déchets organiques seront importées puis fermentées dans des cuves au lieu-dit Funquerau. Cela pour produire du gaz, voué à la vente, mais également à l’obtention de résidu de méthanisation, destiné à être épandu sur des terres agricoles. Or, alerte le collectif, « ce résidu est non-autorisé dans l’agriculture biologique car très riche en azote ammoniacal. Il déséquilibre les terres. Ce n’est pas un bon fertilisant ».

Ces derniers jours, les membres de l’association ont érigé à Frelinghien et Verlinghem des messages hostiles à ce projet. « NON. Des cultures pour la population, pas pour le méthaniseur », peut-on lire sur une bâche accrochée à un grillage, ou encore « Plus de 40 camions par jour, protégeons nos enfants » sur un morceau, de tissu, orné d’une tête de mort.

Ces messages résument les motifs d’inquiétude les plus prégnants aux yeux des habitants, au premier rang desquels trône la localisation de la future unité de méthanisation.

Des terres agricoles doivent être remplacées par une usine de méthanisation.
Des terres agricoles doivent être remplacées par une usine de méthanisation. © BFM Grand Lille

À moins de 200 mètres des habitations

« Donc, là, on voit le terrain, indique du doigt une riveraine. C’est vraiment trop proche des habitations. » À moins de 200 mètres, pour être précis, appuie le collectif.

« Il y a des zones industrielles où il y a des arrivées pour les camions, où ça ne dérangera personne, plaide Frédérique Lesage, une autre habitante, au micro de BFM Grand Lille. Ici, c’est pas possible. Il y a des lois qui vont changer, justement, par rapport à ça ». Une position partagée par la mairie de Frelinghien.

Le collectif a soumis cette inquiétude aux agriculteurs et leur a proposé « lors d’une réunion qu’il avait organisée d’essayer de financer l’achat d’un terrain, si pour eux c’était trop compliqué au niveau financier », rembobine Anne Vansuypeene, la présidente. Ce qu’on voulait, c’était vraiment rentrer dans la co-construction et être acteurs de cette création d’usine ».

« Il n’y a pas de craintes à avoir »

Mais les agriculteurs y ont opposé une fin de non-recevoir, jugeant que l’emplacement sélectionné était au contraire idéal puisqu’à proximité de chaque exploitation. Ils réfutent dès lors l’argument d’une augmentation du trafic, brandi par les riverains inquiets.

« On comprend que les gens puissent avoir des craintes face à quelque chose de nouveau qui arrive près de chez eux, assure Antoine Crepin, membre du projet, au milieu d’outils agricoles, bien que l’intéressé pense « qu’il n’y a pas de craintes à avoir ».

« Aujourd’hui, c’est des procédés qui sont maîtrisés, défend-il. Tout se passe bien, tout est fait pour que ça se passe bien. Notre but, c’est pas de créer un malaise dans le secteur. »

Trois des agriculteurs à l'origine du projet de l'usine de méthanisation.
Trois des agriculteurs à l’origine du projet de l’usine de méthanisation. © BFM Grand Lille

La décision de la préfecture attendue

Face à de tels débats, la MEL a renoncé à subventionner le projet. Interrogé par La Voix du Nord en décembre 2020, Jean-François Legrand, vice-président en charge de l’agriculture, déclarait: « On ne va jamais imposer un projet contre l’avis des communes. C’est une règle que l’on s’impose ».

Une décision que le collectif avait salué, mais dont les agriculteurs s’étaient peu ému: « Nous n’avons pas besoin du soutien de la MEL », avait clamé leur président.

La décision finale est entre les mains de la préfecture. Charge à elle de le valider ou non le permis de construire dans les cinq prochains mois.

Philippine Potentier avec Florian Bouhot



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