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A quoi rêvent les élèves en études spatiales ?

Viser la Lune, ça ne fait pas peur aux étudiants du Centre spatial universitaire de Montpellier (Hérault) (CSUM). Dans cet établissement de haut vol, pionnier en France dans la construction de nanosatellites, les élèves œuvrent à la création de véritables engins voués à être mis en orbite. L’année dernière, leurs quatrième et cinquième nanosatellites ont été lancés avec succès, à bord de la fusée européenne Vega-C.

En 2023, c’est Robusta3A Méditerranée, un Cube Sat imaginé pour anticiper les épisodes cévenols, qui devrait être envoyé dans l’espace. Quelque 140 élèves se sont penchés, depuis 2013, sur la création de ce bijou de technologie. Mais en se lançant dans un cursus si particulier, à quoi rêvent donc les étudiants du CSUM ?

« Relier travail et passion »

Ezéchiel, élève en master spécialisé en développement des systèmes spatiaux, a « toujours été attiré par le spatial ». Plus jeune, cet apprenti, qui a quitté une école d’ingénieurs pour se consacrer entièrement au spatial, dévorait des livres « sur les missions Apollo et la conquête spatiale » et observait les étoiles et les planètes, avec un télescope. « Je me souviens avoir fait plusieurs visites de la Cité de l’espace et avoir participé à des activités du CNES [Centre national d’études spatiales], organisées pour les plus jeunes », confie-t-il. Ce n’est que plus tard, explique Ezéchiel, « que j’ai compris que le spatial ne m’était pas inaccessible, et que j’ai donc décidé de relier travail et passion ».

Cléo, l’une de ses camarades de promotion, se souvient, elle aussi, avoir « toujours été intéressée par l’espace », « sans jamais penser que je ferai un jour partie de ce milieu », confie-t-elle. Ni l’un ni l’autre ne regrette d’avoir intégré cet établissement pas comme les autres. Au contraire. Cléo s’enthousiasme, devant les « projets spatiaux innovants » du Centre spatial universitaire. Quant à Ezéchiel, il rêve de vivre « un décollage de fusée », « tout comme participer au retour de l’Homme sur la Lune et au premier pas sur Mars ».

« J’avais peur de ne pas être à la hauteur »

Morgane, elle, a terminé son cursus au CSUM. Quand elle a entamé ses études dans l’établissement, après son école d’ingénieurs, elle avoue qu’elle « avait un peu peur de se lancer dans le spatial ». « J’avais l’image de quelque chose d’extrêmement technique, qui n’était pas accessible à une personne comme moi. J’avais peur de ne pas être à la hauteur. Et, pourtant, c’est complètement accessible. Je me suis dit « Pourquoi je ne l’ai pas fait avant ! » » Aujourd’hui, elle rêve de « tout faire », sourit-elle. Travailler sur des satellites, des lanceurs, ou sur des engins destinés à être envoyés sur d’autres planètes.

Deux étudiants fabriquent un nanosatellite.
Deux étudiants fabriquent un nanosatellite. – N. Bonzom / Maxele Presse

Ali, lui, fait partie des étudiants djiboutiens chanceux, qui ont été sélectionnés par leur pays pour être formés au CSUM, afin de réaliser son premier nanosatellite. L’espace, il en rêve depuis des années. « Plus jeune, en cours de sciences, quand on me parlait des planètes, ça me passionnait, confie-t-il. Mais, malheureusement, je savais que dans mon pays, il n’y avait pas de telles études. Je savais que je n’avais pas le choix, qu’il fallait que je choisisse un autre domaine. » Il a finalement pu réaliser son rêve, à Montpellier, en participant à la création d’un nanosatellite destiné à collecter des données sur le climat.

« Ils mangent, ils boivent et dorment spatial ! »

Nombre des nouveaux élèves du CSUM sont des passionnés de l’espace, ou des fous d’astronomie, confie Laurent Dusseau, son directeur. « Ce qui les intéresse, c’est de participer à une aventure », créer de véritables nanosatellites qui vont contribuer à améliorer nos vies, confie-t-il. « Ici, le projet, ils le suivent de l’idée jusqu’au lancement. Et ça, c’est formidable. Une fois qu’ils ont mis le doigt dans l’engrenage, ce sont des métiers tellement passionnants, qu’ils mangent, boivent et dorment spatial ! Le soir, tard, c’est bières et pizzas pour regarder les lancements ! Pour rien au monde, ils n’iraient ailleurs. »

Au CSUM, par ailleurs, on tord le cou aux idées reçues sur le spatial. D’abord, pour travailler dans ce secteur, « il ne faut pas avoir un Bac + 84, ou sortir de Harvard », confie Laurent Dusseau. « Lorsqu’un couturier dessine une robe de mariée, il y a aussi les petites mains, qui vont coudre les perles, ceux qui vont tailler le tissu. Ce sont des métiers à haute valeur ajoutée. Dans le spatial, c’est la même chose », explique-t-il. Autre cliché : Non, le spatial n’est pas un métier masculin. « Nous sommes à parité, quasiment, au CSU, au niveau de nos ingénieurs et nos techniciens », poursuit Laurent Dusseau. Et le spatial, ça embauche énormément : en France, il y a 9.000 emplois non pourvus dans le secteur. Et au CSU, il n’y a qu’une dizaine d’étudiants aujourd’hui, alors que le site pourrait en accueillir jusqu’à une trentaine. Alors, prêt(e) s à décrocher les étoiles ?

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