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Abbeville : le terrible récit des proches d’Alice lors du procès

Le procès se poursuivra demain, jeudi 26 janvier, au Tribunal d'Amiens
Le procès se poursuivra demain, jeudi 26 janvier, au Tribunal d’Amiens (©Le Journal d’Abbeville)

L’émotion était palpale à la cour d’assises d’Amiens (Somme) ce mercredi 25 janvier 2023. Michaël Roelstraete, un Abbevillois de 43 ans doit répondre de tentative de meurtre sur sa compagne Alice, le 30 décembre 2019.

Il est accusé d’avoir drogué avec des somnifères sa compagne puis de l’avoir frappé à la tête à plusieurs reprises avec une casserole dans leur appartement dans le centre-ville d’Abbeville.

Alice voulait me quitter mais je ne le supportais pas.

Michaël Roelstraete

Si Michaël Roelstraete reconnait un côté impulsif et excessif, il explique : « Alice voulait me quitter mais je ne le supportais pas. Je voulais me suicider pour qu’elle me découvre mort le lendemain. Mais elle s’est réveillée et m’a surpris en train de préparer la bouteille d’hélium que de devais respirer. Elle a vu que j’avais pris son portable pour regarder dedans. Elle s’est mise en colère et on s’est violemment disputé. Elle m’a dit d’aller me suicider dans ma voiture et ça a déclenché quelque chose en moi »

Puis, l’accusé s’est littéralement déchaîné sur ca compagne :  « Je l’ai attrapé par derrière en lui mettant une main sur sa bouche pour que sa soeur qui habite juste au-dessus ne l’entende pas. Après, je lui ai mis un coup de poing et je me suis saisi d’une casserole qui était sur une étagère dans le couloir et je l’ai frappée avec… » Tout ceci en présence de leur fille de 4 ans.

Affichant une mémoire sélective, Michaël Roelstraete poursuit : « Après je ne me souviens plus très bien. Alice était allongée en sang, évanouie. Je pensais qu’elle était décédée. »

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L’accusé précise : « j’ai voulu mettre notre fille de 4 ans en sécurité. » Michaël Roelstraete explique être descendu en caleçon et en chaussette en plein hiver avec sa fille dans les bras pour aller au commissariat.

Mais ce dernier a croisé la route de la soeur d’Alice et de son compagnon alertés par les bruits et les cris d’Alice dans l’appartement juste en-dessous. Le compagnon est arrivé à récupérer la petite fille le pyjama tâché de sang après avoir assené un coup au père. Michaël Roelstraete est ensuite allé à l’Hôtel Mercure en demandant « Appelez la police, j’ai tué ma femme ! »

Appelés à titre de témoins, le père et les soeurs d’Alice ont livré aux magistrats et aux jurés un récit aussi terrible qu’émouvant. Un papa et ses filles formant une famille digne, solidaire et courageuse.

Alice appelait « papa » alors qu’elle avait sa tête sur les genoux de sa soeur.

Le père de la victime

François, le père d’Alice a rappelé ce qu’il a vécu lors de cette terrible soirée de fin d’année 2019 : « quand je suis entré dans l’appartement, j’ai vu ma petite fille dans le canapé et j’ai découvert la scène dans la chambre. Alice appelait « papa » alors qu’elle avait sa tête sur les genoux de sa soeur. Je me souviens que Marie m’a dit : ne la touche pas, je lui maintient sa tête. Alice avait de grandes plaies et du sang partout. »

Marie qui a découvert en premier sa soeur en pénétrant dans l’appartement a relaté une véritable scène d’horreur. Submergée par l’émotion, l’Abbevilloise indique : « j’ai trouvé ma soeur au sol, inconsciente. Je ne la reconnaissais pas, elle avait la tête pleine de sang… J’ai crié et hurlé. Il y avait du sang partout sur les murs et le plafond. Il y avait à côté d’elle une casserole pleine de sang avec des cheveux. »

L’arrière de son crâne était mou, son visage complètement déformé…

Marie, la soeur d’Alice

Consciente des gravités des blessures de sa soeur, Marie poursuit : « j’ai mis sa tête sur mes genoux en maintenant des morceaux. L’arrière de son crâne était mou, son visage complètement déformé… » A son compagnon venu la rejoindre dans l’appartement en attendant l’arrivée du père prévenu par téléphone, l’Abbevilloise lui dira : « chéri, j’ai son cerveau dans les mains… »

Lucie, autre soeur de la victime lâchera par la suite : « j’ai cru que j’avais perdu ma soeur. C’était une horreur. Elle était dans le coma. Je suis allée la voir à l’hôpital d’Amiens, les médecins nous disaient qu’elle pouvait ne pas se réveiller. Quand j’ai amené sa fille pour son anniversaire car elle voulait voir sa mère, elle n’a pas reconnu sa maman… »

Michaël Roelstraete est quelqu’un de possessif, excessif et jaloux. Alice, c’était sa propriété, sa chose

Lucie, soeur de d’Alice

Lucie ajoute : « en 10 ans, j’ai vu ma soeur perdre sa joie de vivre. Il la manipulait psychologiquement. J’ai été témoin de ses infidélités. Michaël Roelstraete est quelqu’un de possessif, excessif et jaloux. Alice, c’était sa propriété, sa chose. »

Interrogé par les magistrats sur son déchaînement de violence sur sa compagne qu’il affirmait aimer, l’accusé a indiqué : « Je ne m’explique pas ce déchaînement de violence. J’avais la haine en moi, ça a dérapé, je me suis transformé. » Avant de glisser : « je ne veux pas qu’on me quitte. Je ne voulais surtout pas qu’elle refasse sa vie avec quelqu’un d’autre. »

Pour Me Jérôme Crépin, qui défend la victime, la mise en scène du suicide avec tous les éléments achetés dans un magasin de bricolage comme des colliers de serrage, du scotch… ressemble plus « à un meurtre » comme l’a reconnu l’accusé en répondant à une question de l’avocat abbevillois.

Le ministère public s’interroge également sur la version et les propos tenus par Michaël Roelstraete : « comment pouvez-vous dire que vous ne vouliez pas la tuer quand on prend une casserole et qu’on tape, qu’on tape, qu’on tape… Cela ressemble plus à un changement de cible. Si ce n’est pas vous, c’est elle qui doit mourir. »

Une question à laquelle Michaël Roelstraete n’a pu répondre en indiquant une nouvelle fois « Je ne sais pas, je ne me souviens pas. »

Si Alice a survécu à cette effroyable soirée après une période de coma, une lourde opération et une longue rééducation, elle garde de graves séquelles presque invisibles mais terriblement handicapantes.

Le procès se poursuivra demain, jeudi 26 janvier, avec le témoignage dans la matinée d’Alice qui fait courageusement face à son bourreau.

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