Agen. Après la mort du petit Baptiste à la crèche, les parents se sentent « totalement ignorés »

Maître Goudenege et son confrère, Maître Renaudie, auprès des parents du petit Baptiste.
Maître Goudenege et son confrère, Maître Renaudie, auprès des parents du petit Baptiste. (©Le Républicain 47)

« On a l’impression de ne pas exister, on a besoin de réponses », exprime la mère de Baptiste, décédé le 25 juillet 2022 dans une crèche agenaise. 

Selon l’autopsie, Baptiste serait mort du syndrome de la mort subite du nourrisson. Ses parents, eux, sont persuadés qu’un manquement protocolaire aurait provoqué son décès, ou empêché que le nourrisson ne soit sauvé à temps. 

Si une enquête est bien en cours, les parents se sentent, depuis la mort de leur fils de cinq mois, « totalement ignorés » par le système judiciaire et par la crèche

Pour leur permettre « d’avoir accès aux informations de l’enquête, d’avoir des réponses et d’être acteurs dans cette affaire », leur avocate Maître Goudenège réclame l’ouverture d’une information judiciaire.

Manque de communication

On ne nous donne aucune information, on a besoin de réponses ! Vous imaginez les millions de questions qui nous passent par la tête depuis deux mois ? On a l’impression de gêner, de ne pas exister.

Parents du petit Baptiste

« Il y a trop de distance entre l’enquête et eux », exprime Maître Jean-François Renaudie, qui accompagne aussi les parents du bébé : « dans le processus de reconstruction il est nécessaire de comprendre, et là ils ne peuvent pas faire leur deuil« . 

La famille de Baptiste n’aurait reçu quasiment aucune communication non plus de la part de la crèche.

On a traversé la crèche avec le corps de notre enfant dans les bras, et jamais la structure ne nous a contactés depuis, sauf pour nous dire que la crèche allait être administrativement fermée.

Père de Baptiste

Information judiciaire

Les parents de Baptiste ont porté plainte contre X, quelques jours après son décès, pour homicide involontaire avec défaut de surveillance. 

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L’avocate des parents de Baptiste, Maître Goudenège, craint que l’affaire ne soit classée sans suite. « Il faut continuer de creuser : ce n’est pas parce qu’il y a mort subite qu’il n’y a pas homicide involontaire. »

Le Parquet d’Agen, en charge de l’affaire, se veut rassurant. 

Le dossier est loin d’être classé et on fait en sorte que des investigations se déroulent sur tous les pans de cette affaire. Nous ne considérons pas uniquement la simple cause médicale. Il faut déterminer si un jeu de responsabilité est engagé et, dans ce cas, quel mécanisme a entraîné la mort de l’enfant ; ou détecter si tout n’a pas été mis en œuvre pour le sauver.

Parquet d’Agen

Mais l’enquête actuelle ne permet pas de communiquer à la famille de Baptiste les informations recueillies ; pour le faire, « il faudrait, je le répète, l’ouverture d’une information judiciaire ; les parents sont exclus et ça les enferme dans le silence », exprime l’avocate. 

On est prêts à tout entendre. On a juste envie de comprendre, peu importe l’explication.

Mère de Baptiste

Car le protocole de surveillance de la crèche continue de leur poser question. Maître Goudenège précise : « Ils ont besoin de savoir : y a-t-il eu des fautes, et lesquelles ? Un défaut de surveillance ou de respect des consignes ? Un défaut de formation dans les gestes de premier secours ? ».

Protocole

Le 25 juillet à 6 heures du matin, lorsque la mère de Baptiste a déposé son fils à la crèche, elle affirme avoir prévenu le personnel.

« J’ai bien expliqué qu’il commençait à se retourner mais qu’il restait souvent bloqué sur le ventre. J’ai dit que c’était dangereux si l’on n’est pas à côté et le membre du personnel à qui j’en ai parlé m’a dit qu’ils avaient l’habitude. Le commissariat nous a dit qu’il avait été retrouvé sur le ventre. » 

Toujours selon la mère de Baptiste, « le médecin du SAMU qui a tenté de réanimer mon bébé a affirmé avec certitude que lorsqu’il l’a fait, il était mort depuis une à deux heures« . 

Or, le protocole communiqué par la crèche après le décès de Baptiste affirme que la surveillance – qui consiste à s’assurer que l’enfant « va bien en vérifiant sa respiration, son positionnement sur le dos et sa coloration » – doit « être effectuée toutes les 15 minutes maximum à compter du premier enfant couché ». 

La mère de Baptiste exprimait au Républicain, quelques jours après le décès de son fils : « On ne peut pas entendre que notre fils est mort entre 1h et 2h avant la réanimation et ensuite s’entendre dire que les protocoles ont été respectés.  S’ils avaient été en place il aurait été réanimé plus tôt. »

Questionnements

L’avocate des parents du bébé, elle, explique : « Le protocole a été communiqué bien après la mort de Baptiste, à la suite d’un entretien avec le Conseil Départemental qui a reçu les parents. »

Son confrère ,Maître Renaudie, ajoute : « Était-ce un protocole qui existait avant ou a-t-il été créé en réaction à cet entretien ? Sa diffusion après l’entretien suscite des questions ». 

Des réponses : c’est ce dont les parents de Baptiste ont désespérément besoin. Et leur avocate l’affirme : « Cela passe par l’ouverture d’une information judiciaire, que l’on continue de réclamer ».

Maître Renaudie termine :  « Leur fils n’est pas un simple fait divers ».

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