ALÈS Covoiturage public, lignes de bus et vélo à gogo : l’Agglo accélère sur les mobilités

Christophe Rivenq, président d’Alès Agglomération (à droite), et Jean-Charles Bénézet, vice-président délégué aux Mobilités, veulent mettre le paquet pour les transports. (Photo Corentin Migoule)

Ce vendredi 16 septembre, à l’occasion du début de la Semaine européenne des mobilités, Christophe Rivenq, président d’Alès Agglomération et du Syndicat mixte des transports du bassin alésien (SMTBA), a dirigé une conférence de presse au cours de laquelle plusieurs nouveautés ont été annoncées. À commencer par le développement des axes de covoiturage public.

Il a pris l’habitude de dire qu’elle est « la première des libertés ». Président d’Alès Agglo et du SMTBA, lequel structure les mobilités sur le territoire et dessert 85 communes sous la marque Alès’Y, Christophe Rivenq attache un soin particulier à la mobilité sous toutes ses coutures. Seul au pupitre, tel un maître de conférence, l’élu a dirigé ce vendredi 16 septembre, depuis le cinquième étage du bâtiment Atome, un rendez-vous annuel organisé dans le cadre de la Semaine des mobilités.

Rappelant dans un premier temps que les modes de déplacements collectifs se sont « considérablement développées ces dernières années » sur un territoire du SMTBA à la fois « urbain », « périurbain » et « rural », Christophe Rivenq a exprimé la volonté de ne laisser personne sur le bord de la route, à l’heure où certains se retrouvent parfois « assignés à résidence » en raison de l’augmentation du coût de la vie, dont celui directement lié aux déplacements.

C’est dans cette optique que le président d’Alès Agglo a annoncé l’intensification du covoiturage public, « un système innovant » expérimenté en 2019 sur l’axe Alès-Saint-Jean-du-Gard juste avant que ne surgisse la crise sanitaire. Ce développement se matérialise par le déploiement, depuis le 16 septembre, de cinq nouvelles lignes ayant chacune pour point de ralliement la capitale cévenole, laquelle concentrerait 80% des déplacements en voiture sur le bassin alésien (une au départ de Lézan, une seconde de Massanes, une troisième d’Euzet-les-Bains, une autre de Seynes et une cinquième de Génolhac).

Coup d’accélérateur pour le vélo

Avec ce covoiturage public régi par l’application mobile Alès’Y, le trajet est gratuit pour les passagers et les conducteurs sont indemnisés. Le service est structuré autour des principaux axes routiers du territoire sur lesquels 51 aires de covoiturage ont été aménagées. Dans le même temps, en plus de sa flotte de 200 vélos à assistance électrique disponibles à la location toute l’année, le SMTBA a imaginé un nouveau schéma directeur cyclable étendu à la péri-urbanité. « Le choix du vélo est en train d’exploser pour le transport domicile-travail. C’est pour ça que j’ai lancé une étude de préfiguration afin de relier les communes périurbaines à la ville-centre qu’est Alès pour rester sous les quinze minutes de trajet », a justifié Christophe Rivenq, visiblement inspiré par la récente venue de Carlos Moreno, père fondateur du concept de la ville du quart d’heure (relire ici).

La création de neuf axes sécurisés de voies de mobilités douces représentant plus de 50 kilomètres de voies cyclables est donc fortement espérée, malgré les lourdes contraintes financières (près de 12 millions d’euros d’investissement) qui pèsent sur le budget du SMTBA. « Ça ne sera possible que dans le cadre de partenariats avec les communes concernées, le Département et la Région », a prévenu le président de l’Agglo. Et d’ajouter, en toute transparence : « On a une problématique de taille, c’est comment traverser les rocades. Car pour les emprunter moi-même régulièrement, je sais qu’on a parfois le sentiment de jouer au loto quand on y pédale. »

Parce qu’elle était la plus rapide et la plus simple à sécuriser, la ligne reliant Saint-Julien-les-Rosiers à Alès via Saint-Martin-de-Valgalgues sera la première mise en service. « Mais j’ai expérimenté toutes les lignes cet été et tout est possible quand il fait beau », a complété Christophe Rivenq, grand amateur de la Petite Reine. Après l’usage collectif de la voiture et le vélo, un troisième axe a récemment été développé dans le cadre du bouquet de mobilités Alès’Y : l’amélioration des lignes de bus.

« Ça n’a pas de prix car ça rapporte en qualité de vie »

« Cette fois on va un peu plus loin que la péri-urbanité car les habitants de ces communes ont besoin de se rendre à Alès pour leurs achats de la vie quotidienne ou d’accéder aux services publics », a fait savoir l’orateur. Et de poursuivre : « On a donc modifié des lignes pour toucher des quartiers qui se sont développés dans certaines communes (Rousson, Saint-Christol-lez-Alès, Ndlr), et on a aussi amélioré la desserte scolaire du quartier des Cévennes à destination du collège Daudet. »

Si elles ont insidieusement vocation à « contraindre ou plutôt inciter les gens à poser la voiture », ces mesures ont un coût non négligeable pour le SMTBA dont la marge de manœuvre semble se réduire. « Les augmentations des coûts du carburant nous coûtent 650 000 euros de plus par an en plus. C’est beaucoup ! », a pesté Christophe Rivenq. Et de conclure, brandissant une récente analyse d’Atmo Occitanie selon laquelle la qualité de l’air ne cesse de s’améliorer sur l’agglomération d’Alès : « Mais ça n’a pas de prix car ça rapporte en qualité de vie. »

Corentin Migoule

Feu rouge pour l’hydrogène vert 

L’an dernier, marquant son engagement dans la transition énergétique, le Syndicat mixte des transports du bassin alésien (SMTBA) a expérimenté pendant plusieurs semaines l’usage d’un bus à hydrogène vert. En vue de générer l’hypothétique économie de plusieurs tonnes de CO², le SMTBA envisageait de s’équiper exclusivement de véhicules de ce type à un horizon rapproché (relire ici). Ce qui, à en croire Christophe Rivenq, ne sera pas le cas de sitôt : « On ne va pas se mentir, l’hydrogène vert j’y crois fortement mais ça prend quelques retards du fait des enjeux internationaux. En ce moment, les constructeurs sont un peu frileux sur les transports à hydrogène vert. On s’est renseigné et si on se décidait à passer commande pour acheter un bus à hydrogène, il serait livré au plus tôt en 2027. »

 

 



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