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Amputé d’un bras, Stéphane a retrouve du sens à sa vie grâce au karaté

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Stéphane (ici à gauche) fait face à son professeur, Fabrice Meignen. ©Fudoshin Plescop.

Le 14 juillet 1989, jour du bicentenaire de la Révolution, la vie de Stéphane Streiff alors engagé au sein du 3e RIMa de Vannes, dans le Morbihan, bascule. Un accident, à l’occasion de la préparation du défilé à Paris, lui fait perdre le bras droit.

L’homme est aussi brisé mentalement. Mais il le sera d’autant plus que le monde professionnel ne lui laissera désormais aucune chance pour se réinsérer… 

Il tentera une reconversion professionnelle dans la comptabilité. Mais sans réelle envie.

On ne me voyait plus que par mon handicap. On m’a fermé des portes. J’ai fini par perdre confiance en moi.

Stéphane Streiff, amputé du bras droit.

Amputé d’un bras

Seul le sport lui permet de garder la tête hors de l’eau. De la natation, il devient animateur sportif et va jusqu’à entrainer le handball à Plescop. En 2010, il va même jusqu’à réaliser l’Ultra Canal (350 kilomètres de sentiers longeant le canal de Nantes à Brest) avec son ami Didier Lorant. 

Et puis, une rencontre va tout changer. « Lors du forum des associations, chez moi à Plescop, j’ai rencontré Fabrice qui est professeur de karaté-do. Son discours m’a vraiment plu, alors je me suis essayé à cette discipline. »

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Retrouver de la confiance en soi

L’approche de cet art martial va transformer Stéphane. « Nous travaillons beaucoup sur les énergies. Cela reste une pratique sportive qui fait forcément travailler le corps, mais aussi le mental. On apprend à gérer ses émotions, à combattre ses peurs, à retrouver de la confiance en soi », résume Fabrice Meignen.

LE professeur de karaté intervient dans trois dojos morbihannais : à Plescop, où l’association est présidée par Stéphane Streiff, mais aussi Auray et Vannes.

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Se servir des énergies

En fait, dans les arts martiaux, le champ spirituel est essentiel. « On parle de notion de rêve. Rien n’est impossible. Même un karateka, vieux et frêle, peut renverser un homme puissant et costaud. C’est comme une voiture qui possède une belle carroserie mais qui est dotée d’un moteur poussif et un véhicule qui, au contraire, est très abîmée mais a sous le capot, un moteur ultra-puissant. »

On se présente face à Stéphane comme s’il avait deux bras. Son handicap n’existe pas. C’est un humain comme les autres. Lui doit aussi se servir de son énergie pour gommer cette absence de membre.

Fabrice, professeur de karaté-do.

Et Fabrice d’expliquer que « cette énergie est, en plus, illimitée ».

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Au karaté-do, on prend le temps de faire les choses. Avant et après chaque séance, on se met dans les bonnes dispositions mentales et physiques. ©Fudoshin Plescop.

« Je revis tout simplement »

Voilà maintenant 7 ans que Stéphane Streiff pratique le karaté-do plusieurs fois par semaine. « Je revis, tout simplement. Cette activité m’a permis d’aller chercher des choses qui étaient enfouies au fond de moi. On me respecte comme n’importe quel adversaire. » Et puis, lâche-t-il, « j’ai aussi appris à accepter ce handicap ».

Le karaté-do est devenu pour ce père de trois enfants, un art de vivre. À un tel point qu’il a décidé de s’investir encore plus dans le fonctionnement de l’association. « J’aime transmettre et partager ce que j’ai appris. »

Il vient donc d’obtenir avec brio son diplôme d’instructeur fédéral qui va lui permettre d’encadrer certains groupe.

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Pas d’objectif à atteindre, mais un rêve

Quant à Fabrice, il voit à travers Stéphane, « celui qui représente parfaitement l’art que je veux transmettre ».

C’est un symbole pour moi. Une vraie réussite. Il met beaucoup de cœur dans sa pratique. C’est une évidence qu’il devienne instructeur.

Fabrice Meignen, professeur de karaté-do.

Car Sensei (professeur) Meignen ne cesse de le répéter : « Le karaté peut apporter beaucoup, à condition que l’élève soit aussi réceptif ; qu’il soit apte à faire les efforts pour atteindre, non pas des objectifs, mais un rêve. Ici, nous ne nous fixons aucune limite. »

À lui de transmettre maintenant

En travaillant aussi sur des valeurs telles que la rigueur, le respect, la sérénité et la paix, contrairement à ce que les médias ont souvent montré, le karaté-do est très loin d’être une pratique agressive, bien au contraire.

« Dans nos séances, on prend le temps de faire les choses. » À l’image du Seïza, cette position assise que les élèves doivent effectuer avant et après le cours. « C’est un moment où nous recherchons le calme, la paix intérieure. Une façon de mettre notre esprit dans les bonnes dispositions. »

Stéphane Streif est catégorique. Plus question pour lui de se tourner vers « une société qui ne veut pas de moi ». Il ne veut plus chercher de travail. Et n’a plus qu’un objectif – un rêve – en tête : transmettre à d’autres personnes comme lui, tout ce que le karaté a pu lui apporter.

Fudoshin Plescop : page Facebook – Fabrice Meignen : 06 83 49 63 46 – bushidoattitude@gmail.com

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