Faits divers

après les explications en larmes de la conductrice, les témoignages des rescapés attendus face au tribunal

Tête baissée, une boîte de mouchoirs à côté d’elle, elle essuie quelques larmes, avant d’expliquer : « Tout était levé, tout était éteint, il n’y avait pas de signal sonore » au passage à niveau. Cinq ans après un drame qui a ému la France entière, le procès de l’accident de Millas s’est ouvert lundi 19 septembre, devant le tribunal correctionnel de Marseille. 

>> Accident de Millas : cinq ans après la mort de six collégiens, deux questions toujours sans réponse

A la barre, une seule personne : Nadine Oliveira, 53 ans, jugée pour homicides involontaires. Le 14 décembre 2017 six collégiens sont morts et 17 ont été blessés dans la collision entre un car scolaire et une rame TER, dans les Pyrénées-Orientales. Entendue une première fois, la prévenue maintient sa version, malgré l’incompréhension des familles de victimes. 

J’étais une conductrice « prudente et consciencieuse« , détaille ainsi Nadine Oliveira, debout à la barre du tribunal, la voix chevrotante. Avant de fondre en larmes face aux questions de la présidente : « Je revois la scène… La barrière est levée, tout est éteint, pas de signal sonore. J’engage le bus, et puis plus rien. Je me réveille par terre au milieu des cris », explique-t-elle. 

Depuis l’accident, Nadine Oliveira est formelle et ne dévie pas de sa version initiale, malgré des avis contraires : des témoins à la barre assurent ainsi que le car a bien forcé les barrières du passage à niveau. Nadine Oliveira, elle, assure avoir regardé à droite et à gauche, comme d’habitude, sur cette voie ferrée qu’elle traverse six fois par jour depuis plusieurs semaines.

Sur les bancs du tribunal, on s’agace : « Elle s’obstine« , déplorent certains proches des victimes. Des avocats des partie civiles parlent plutôt d’un « blocage« , engendré peut être par la sidération. « Pour certaines parties civiles, cela peut être vécu difficilement puisqu’elle reste campée sur une forme de postion très bloquée depuis le début de cette instruction. On ne peut pas se l’expliquer. C’est un drame absolu, tout un chacun reste humain face à l’adversité et surtout face à un drame aussi bouleversant, on parle de la mort de la mort de plusieurs enfants. Il y a une forme de consternation, de sidération, synonyme de blocage de la parole », indique ainsi l’avocat d’un père de victime.

Si Nadine Oliveira doit désormais être entendue à nouveau jeudi par le tribunal, au deuxième jour de ce procès, les parties civiles espèrent faire fléchir cette position avec des témoignages qui s’annoncent poignants. L’audience de ce mardi 20 septembre sera ainsi consacrée toute la matinée aux collégiens qui ont été blessés dans cet accident. Des ados devenus aujourd’hui de jeunes adultes qui souhaitent s’exprimer. Les parties civiles espèrent, grâce à la force des témoignage, provoque un déclic dans l’esprit de Nadine Oliveira. « La parole de l’enfant peut être libératoire, précise l’avocat d’un père de victime. Depuis le début, on les a lu, on a répété leur parole mais on ne les a pas entendus. Ce sera un moment fort de ce procès« , a t-il poursuivi.

Un moment qui s’annonce aussi douloureux pour ces jeunes comme pour les familles : pour les aider et les accompagner, des psychologues seront présents dans la salle. Entre les bancs du tribunal, les acteurs de ce procès peuvent compter sur Oushi, un jeune labrador. Et il n’est pas tout seul : plusieurs chiens se baladent pendant l’audience pour une petite caresse et beaucoup de réconfort, comme l’explique notamment l’association marseillaise d’aide aux victimes d’actes de délinquances, qui a mis en place ce dispositif, également proposé à Perpignan , où est retransmis le procès dans une salle du Palais des congrès, à quelques kilomètres de Millas, le lieu du drame.





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