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Attention aux détournements du discours de Vladimir Poutine

Mardi, à trois jours de l’anniversaire du début de la guerre en Ukraine, Vladimir Poutine a prononcé son discours annuel à la nation. Le président russe s’est longuement exprimé devant l’Assemblée fédérale, et a annoncé la couleur dès le début de son heure de monologue : « il y a un an, pour assurer notre sécurité, nous avons lancé une opération militaire spéciale en Ukraine. Nous allons atteindre pas à pas et méthodiquement nos objectifs chiffrés. » Les propos de Vladimir Poutine ont ensuite été détournés, à plusieurs reprises. 20 Minutes fait le point.

De nombreuses publications partagées sur les réseaux sociaux permettent d’avoir accès au discours du président Russe. Des vidéos qui émanent des chaînes de télévision telles que LCI ou France Info, qui ont leurs propres traducteurs. Pas de doute sur la fiabilité de ces vidéos. Ce qui pose problème, ce sont les descriptions jointes aux publications.

« Zelensky paiera pour sa trahison. »

Vladimir Poutine n’a ni annoncé que le président Ukrainien était un traître, ni qu’il paiera pour cela. Comme l’a rappelé notre journaliste Cécile De Sèze dans son article, le patron du Kremlin a appelé à poursuivre les « traîtres » en Russie. « Ceux qui ont choisi de trahir la Russie doivent être tenus responsables devant la loi », a-t-il déclaré. Il a bien évoqué la présence de « traîtres » au sein même de son pays, mais pas à l’étranger. Il n’a donc, à aucun moment, associé ses propos à Volodymyr Zelensky.

Il n’a d’ailleurs jamais nommé explicitement le président ukrainien dans son discours. Il faut lire entre les lignes pour comprendre qu’il est évoqué à plusieurs reprises. Comme lorsque Vladimir Poutine avance : « Nous ne sommes pas en guerre contre le peuple de l’Ukraine, il est otage des propriétaires occidentaux qui occupent ce pays. »

« Nous sommes avec la Chine. »

Vladimir Poutine n’a pas non plus affirmé que la Chine était son alliée. Si la Russie s’est retrouvée isolée sur la scène internationale après l’offensive lancée contre son voisin, elle a toujours conservé des liens étroits avec la Chine. Cependant, l’empire du Milieu a tenu a précisé que la Russie n’était pas son allié mais son partenaire.

Le ministre chinois des Affaires étrangères, Qin Gang, a déclaré ce mardi que la Chine était « très inquiète » du conflit en Ukraine. Et d’ajouter, lors d’une conférence à Pékin : « Nous continuerons à promouvoir le dialogue de paix (…) et à travailler avec la communauté internationale pour promouvoir le dialogue et la consultation. »

Mais, selon le secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken, la Chine s’apprêterait à livrer des armes à la Russie pour mener sa guerre en Ukraine. L’information a depuis été démentie. Si elles advenaient, ces livraisons marqueraient une rupture majeure dans l’approche chinoise du conflit.

« L’Otan ne nous fait pas peur. »

Vladimir Poutine a effectivement parlé de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (Otan) tout au long de son discours. Il a de nouveau accusé les Etats-Unis et l’Otan d’avoir orchestré le conflit pour rayer la Russie de la carte.

Selon le président russe, « avant même le début de l’opération militaire spéciale, Kiev négociait avec l’Occident des livraisons à l’Ukraine de systèmes de défense aérienne, d’avions de combat et d’autres équipements lourds ». Il a par également dénoncé « des actions concrètes : le déploiement de l’Otan ou des contingents militaires » à la frontière russe. Mais dans son discours, il n’a pas déclaré ne pas avoir peur de l’organisation intergouvernementale. En revanche, il a prononcé ces mots en avril 2014, lors d’une séance de questions-réponses télévisée à Moscou.

« La France a peur de nous affronter. »

Si le président Russe n’a pas directement nommé la France dans son discours, le pays était bien sûr visé à travers les différentes attaques faites aux Occidentaux et à l’Otan.

C’est l’ancien Premier ministre britannique, Boris Johnson, qui avait avancé, en novembre dernier, qu’Emmanuel Macron avait « peur de la Russie ». Actuellement, plusieurs personnalités politiques françaises le pensent aussi. En cause, l’attitude précautionneuse du président pour s’engager fermement aux côtés de l’Ukraine, contrairement à d’autres pays occidentaux. Le président français avait également déclaré qu’il ne fallait pas « humilier la Russie » : la formule ne passe pas auprès de certains.

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