Au Salvador, une femme condamnée à 50 ans de prison après une fausse couche

Au Salvador, une femme a été condamnée à 50 ans de prison pour « homicide aggravé »  pour avoir accouché d’une fillette, qui n’a survécu que quelques heures, dans des toilettes en raison d’une urgence obstétrique. Le Salvador est un des pays où la législation contre l’avortement est la plus sévère.

Le parquet a affirmé que Lesly Ramirez, la jeune mère, avait tué son bébé après l’avoir mis au monde, alors que ses défenseurs ont déclaré qu’elle avait fait une fausse couche.

Le verdict, prononcé le 29 juin, n’est basé que sur « de purs et simples préjugés de genre », a dénoncé l’organisation féministe dans un communiqué annonçant qu’il sera fait appel du jugement pour obtenir la libération de la jeune femme.

La jeune mère fait partie d’une famille nombreuse d’agriculteurs pauvres vivant dans une maison sans eau ni électricité. Elle aurait accouché sans s’en rendre compte dans les latrines de sa maison.

« J’ai senti que quelque chose sortait (de mon corps), il faisait noir et je n’ai pas vu ce que j’expulsais », a expliqué Lesli à l’époque. Elle a été alors admise en urgence à l’hôpital, où elle a reçu trois transfusions sanguines avant d’être arrêtée.

Le parquet évoque des coups de couteau

Le bureau du procureur a toutefois fait valoir dans un communiqué que cette peine sévère a été imposée parce que la jeune femme aurait poignardé le bébé dans le cou à six reprises. 

« Le rapport médico-légal a déterminé que la cause finale du décès était l’entaille de la gorge par une blessure causée par un couteau », a déclaré le bureau du procureur.

L’IVG, totalement interdite au Salvador

Avec le Nicaragua, le Honduras et la République dominicaine, le Salvador est l’un des quatre pays d’Amérique latine qui interdisent l’avortement sans exception. 

Depuis 1998, le code pénal salvadorien interdit l’avortement, même en cas de viol ou de danger pour la mère, et prévoit des peines pouvant aller jusqu’à huit ans de prison.

Cependant, les procureurs et les juges requalifient les cas d’avortements, même involontaires, en « homicide avec circonstances aggravantes », passible d’une peine allant jusqu’à 50 ans de prison.

Depuis 2009, 65 femmes, pour la plupart de condition modeste, ont été libérées après avoir été condamnées pour des fausses couches ou des urgences obstétriques grâce au soutien des organisations féministes, mais une dizaine restent emprisonnées.

La Cour Interaméricaine des Droits de l’Homme a condamné l’année dernière l’Etat salvadorien pour le décès en 2010 de Manuela en prison, où elle purgeait une condamnation à 30 années d’emprisonnement pour un accouchement non médicalisé qualifié par la justice d’homicide avec circonstances aggravantes.



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