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audience aux prud’hommes en juin

L’association « Osez le féminisme » soutient que les critères de recrutement des candidates sont « discriminatoires », et que les candidates devraient être liées par un contrat de travail aux producteurs du spectacle.

Le conseil de prud’hommes de Bobigny se penchera le 21 juin 2022 sur les conditions de participation des candidates au concours Miss France, a fait savoir mercredi l’avocate de l’association « Osez le féminisme », qui a saisi la justice pour violation du droit du travail.

Le dossier a été brièvement évoqué mercredi lors d’une audience de « conciliation » qui s’est révélée infructueuse, ce qui a conduit au renvoi de l’affaire pour un examen au fond, a expliqué Me Violaine De Filippis-Abate.

« Osez le féminisme » soutient que les critères de recrutement des candidates sont « discriminatoires » – notamment car on leur impose de mesurer au moins 1,70 m, d’être célibataires et « représentatives de la beauté » – et que les jeunes femmes devraient être liées par un contrat de travail aux producteurs du spectacle.

Des contrats de travail

Mi-novembre, après le lancement de cette offensive judiciaire, la productrice télé et présidente de la Société Miss France, Alexia Laroche-Joubert, avait annoncé que « les 29 Miss qui seront à l’antenne le 11 décembre sur TF1 se verront proposer des contrats de travail ».

Selon Me De Filippis-Abate, cependant, le contrat proposé ne porte que sur la seule journée de l’élection, et pas sur les semaines de répétition qui précèdent, ce qui relève selon elle d’une « argumentation incompréhensible ». Contactée, la Société Miss France s’est refusée à tout commentaire après l’audience de mercredi.

Dans l’attente d’une éventuelle décision de justice l’an prochain, « Osez le féminisme » va « continuer à se mobiliser » contre un concours dont le règlement « ne vise qu’à propager et renforcer des stéréotypes sexistes », a indiqué sa porte-parole, Céline Piques.

« La société française a avancé, et ce concours qui promeut l’archétype de la jeune fille bonne à marier est de plus en plus considéré comme ringard », a-t-elle ajouté.

« Tuer le concours »

En octobre, la ministre déléguée à l’Égalité femmes-hommes, Élisabeth Moreno, avait elle-même jugé « has been » les règles régissant le concours de beauté, et souhaité qu' »elles changent ».

De son côté, Alexia Laroche-Joubert s’était défendue en soulignant que Miss France constituait « un ascenseur social aussi respectable qu’un autre », dont le règlement s’était « toujours inscrit dans l’évolution des femmes dans la société ».

« Il y a encore des critères à faire évoluer pour s’adapter à l’époque », avait-elle concédé, comme le terme de « célibataire », « sûrement obsolète ». Cependant « les polémiques récurrentes sur le sexisme dans Miss France sont le fait d’un petit groupe de néo-féministes qui portent un regard condescendant sur un programme convivial et populaire », et n’ont d’autre but que de « tuer le concours », avait-elle déploré.

L’élection de Miss France 2022, retransmise en direct sur TF1, doit se tenir le 11 décembre au Zénith de Caen avec le journaliste Jean-Pierre Pernaut comme président du jury.



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