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Autour de Lannion. Il compte récolter 4 tonnes de champignons

Vivien Gabillaud et ses pleurotes jaunes très remarquées dans ses points de vente.
Vivien Gabillaud et ses pleurotes jaunes très remarquées dans ses points de vente. (©Le Trégor Hélène Mugnier)

« Le monde du champignon, finalement on le connaît mal, c’est encore quelque chose de très mystérieux. Et puis c’est aussi le monde du secret, celui du grand-père qui ne veut pas montrer les coins où il récolte », s’amuse Vivien Gabillaud qui vient pourtant de s’établir comme myciculteur à Kercadiou, à Plougrescant.

Après 15 années de travail dans la gestion des espaces naturels, Vivien Gabillaud s’est lassé de la théorie et a décidé de se lancer dans la culture : « Après la pédagogie, on a forcément envie de travailler le sol. »

Chez Soeur Yvette

Alors, juste avant d’atteindre la quarantaine et soutenu par différentes aides, Vivien a racheté la maison que les Plougrescantais connaissaient jusque-là comme celle de « Soeur Yvette » et, après une formation d’un mois dans la Nièvre, s’est lancé comme exploitant agricole spécialisé dans le champignon bio.

J’avais déjà un bagage, je connaissais bien le monde du vivant. J’ai un BTS agricole, je suis naturaliste. Et puis j’étais déjà moi-même cueilleur de champignons.

Vivien Gabillaud

Deux ans de prépararation

En juin 2019, Vivien s’installe donc à Kercadiou, tout près de la ferme des Hautes terres de Bastien et Samuel, afin de pouvoir utiliser leur paille ou leur son pour créer ses substrats.

« Une laborieuse installation » puisqu’il faudra deux ans au nouvel exploitant pour pouvoir enfin proposer sa production sur les marchés de la région (Paimpol, Tréguier, Penvénan), dans certains magasins bios ou chez les producteurs locaux (Les Hautes terres, Dolmen et Potager, Chez Sabine…).

« J’espère pouvoir récolter 4 tonnes de champignons par an »

Mais depuis août qu’il vend ses champignons, le succès est au rendez-vous et les pleurotes jaune vif de Vivien attirent l’attention.

Lorsque j’en serai à ma vitesse de croisière, j’espère pouvoir récolter 4 tonnes de champignons par an, des champignons de souche pour lesquels je reconstitue un substrat proche du support naturel. Et, si pour me dégager un salaire à l’année, je suis obligé de travailler en flux tendu à l’intérieur, j’expérimente aussi la culture de saisonnalité à l’extérieur, en milieu naturel.

Un cycle de 12 semaines

C’est donc à la fois sur des souches d’arbres disposées en milieu humide et dans des sortes de silos recouverts de paille qu’il appelle « champignonnières », que Vivien cultive sur un cycle de 12 semaines ses précieux champignons : shiitaké, cornes d’abondance, pleurotes jaunes… « Cultive » ou peut-être « élève » car  « ils ne sont ni végétaux ni animaux, ils sont une espèce à part mais qui, au niveau des stratégies qu’ils mettent en place, ressemblent plus à des animaux. »

Dans les cuisines

Quant aux projets, ils ne manquent pas, qu’il s’agisse de fournir les restaurateurs locaux mais aussi les écoles ou les Ehpad, de cultiver d’autres espèces comme le strosphère, le pied bleu et la morille, d’accueillir des enfants comme ferme pédagogique ou encore de pouvoir  « proposer une belle omelette aux pleurotes avec le pain des Hautes terres, un repas sain et bio parce que ce qu’on met dans son assiette, c’est important. »

« Mon installation a mis du temps, conclut le Berrichon devenu Breton par les aléas de la vie. Mais je ne regrette décidément rien, j’ai été très bien accueilli ici et je me sens vraiment à ma place à cet endroit. »

La ferme de Kebell Touseg, Kercadiou, Plougrescant, tél. 06 33 52 56 85.

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