avec Jair Bolsonaro, les incendies n’ont jamais été aussi nombreux en Amazonie

On ne manque pas de statistiques pour ausculter ce grand malade en train de mourir qu’est l’Amazonie. Mais les derniers derniers chiffres publiés lundi 19 septembre sont édifiants. Sur sa partie brésilienne, la forêt a subi depuis janvier plus d’incendies (75 500) que pendant toute l’année 2021 (75 000).

Ce sont les satellites de l’Institut national de recherche spatiale qui permettent de faire ces relevés très précis. Leur images montrent d’ailleurs que septembre est un mois particulièrement dévastateur : pendant la première semaine, il y a eu plus de foyers que sur le mois tout entier l’an dernier.

Les causes ? Réchauffement climatique et déforestation, cocktail explosif aggravé par les quatre ans de mandat du président brésilien Jair Bolsonaro. Depuis janvier 2019, la déforestation en Amazonie brésilienne a augmenté de 75% par rapport à la décennie précédente.

Si la déforestation s’intensifie encore plus cette année c’est aussi parce que le chef de l’État a littéralement donné son blanc seing aux grands agriculteurs, aux éleveurs de bétail et aux exploitants miniers, des voix dont il a impérativement besoin pour rattraper son retard dans la course à la présidentielle qui a lieu en octobre.

Conséquence de ces feux de forêts, l’Amazonie atteint ce que les scientifiques appellent « un point de bascule ». Un point de non-retour. C’est le moment où la forêt n’est plus capable d’entretenir ses propres pluies, et où elle se transforme en un autre écosystème, plus sec, comme celui de la savane.

Les arbres deviennent alors plus petits, moins luxuriants, leur capacité d’absorption du carbone se réduit considérablement. La biodiversité se réduit, la faune change : les grenouilles bleues, emblématiques de l’Amazonie, les pécaris ou les dauphins de rivière deviennent moins en moins nombreux. 

Ça fait plusieurs années que les spécialistes multiplient les alertes. Or au début du mois, le 6 septembre, par un regroupement d’organisations environnementales amazoniennes (RAISG) et la Coordination des organisations indigènes du bassin amazonien (Coica) a publié un rapport sur tout le sud-est de la forêt, là où la saison sèche est de plus en plus longue, là où certaines zones ont commencé à se transformer en savane : le « point de bascule » est atteint.

C’est réversible, mais la seule façon de freiner cet assèchement, c’est de remettre en état rapidement (d’ici 2025) environ 6% de la surface de la forêt – Ça ne paraît pas beaucoup mais ça représente 54 millions d’hectares. Or la moitié de l’Amazonie (52%) ne bénéficie pour le moment d’aucune protection (seuls deux d’entre des neuf pays qui la composent, le Suriname et la Guyane française, ont su garder plus de la moitié de leurs forêts intactes).

Sauf que ça voudrait dire freiner l’agriculture, les mines, les extractions de pétrole, ranger les projets de routes et de centrales hydroélectriques. Politiquement, économiquement c’est impossible : les États amazoniens font partie des pays les plus endettés au monde, ces activités lucratives leur permettent de rembourser une partie de leurs dettes.

La toute petite lueur d’espoir, c’est l’élection présidentielle des 2 et 30 octobre : face à Bolsonaro, l’ancien leader de la gauche promet de mieux préserver l’environnement. « Gouvernement Bolsonaro = Amazonie en péril« , dit par exemple ce tract du Parti « Socialisme et Liberté », en vue de la présidentielle. L’Amazonie a tout à gagner si Lula l’emporte.





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