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Sud

BOURDIC Au domaine Chabrier, la production devrait baisser de 40% cette année

En avril dernier, un important épisode de gel a touché les vignobles français. Ceux du Gard n’ont pas été épargnés. Par endroit et selon les cépages, la récolte en est donc amoindrie. Au domaine Chabrier fils, à Bourdic, le bilan n’est pas catastrophique, mais Christophe Chabrier table tout de même sur une baisse de 40%, deux semaines après avoir terminé les vendanges. 

Un chiffre pas si mauvais quand on se rappelle du discours alarmiste de certains viticulteurs au lendemain du 8 avril. Sur le domaine Chabrier fils, 90% de la centaine d’hectares avaient été impactés plus ou moins fortement par le gel. Finalement, certains cépages s’en sont remis, d’autres n’ont pas réussi à redonner des bourgeons secondaires et fructifères. « Par exemple, le grenache a été très impacté mais a réussi à donner des fruits ensuite. Par contre le viognier, c’est la cata. (…) Il y a deux parcelles où on n’a même pas vendanger cette année. Sur un hectare, il devait y avoir trois seaux de raisins« , illustre Christophe Chabrier.

Mais le vigneron le reconnaît, le potentiel de récolte a tendance à diminuer ces dernières années. Quand ce n’est pas la sécheresse, c’est le gel ou parfois la grêle, comme cela avait été le cas à Lirac en 2020. « Il y a une multiplication des phénomènes qui sont de plus en plus fréquents et de plus en plus importants« , reconnaît Christophe Chabrier.

Le réchauffement climatique induit des cépages de plus en plus précoces

Lui a toujours vu des phénomènes de gelée. Tant que la vigne n’a pas commencé à se développer, ce n’est pas grave. Mais le problème actuel, c’est que le réchauffement climatique donne des cépages de plus en plus précoces : « Ce qui est le plus impactant, ce n’est pas le froid. Ce qui a été fatal le 8 avril, c’est qu’il avait fait chaud pendant un mois avant cela. L’activité de la sève dans les vignes avait démarré, les plantes n’étaient plus à l’état végétatif.« 

Au domaine Chabrier, les vendanges ont débuté le 15 août pour finir le 25 septembre. Les équipes se sont dépêchées sur la fin pour échapper aux fortes précipitations du week-end et éviter de gâcher les raisins restants. Quitte à parfois ramasser quelques jours avant la maturité complète car la pluie rentre dans les sèves et dilue les arômes. Les fruits seront peut-être plus gros mais bien moins goûteux. « Il faut trouver le juste équilibre et parfois prendre des risques. Ce n’est jamais pareil et c’est ce qui fait l’intérêt de notre métier« , assure le vigneron bourdicois.

Tous les raisins dorment désormais en cuve. Les blancs sont déjà bien avancés. Le travail consiste maintenant à maîtriser le plus justement possible les températures pour avoir les arômes désirés. Audrey, l’oenologue du domaine, et toute l’équipe goûteront ensuite les différentes cuves pour composer les assemblages. La stratégie étant de séparer au maximum les parcelles pour vinifier des extraits les plus homogènes.

Un domaine familial qui fêtera bientôt ses 100 ans d’existence

C’est aussi cela qui plaît à Christophe Chabrier : aller au bout du produit et maîtriser de la culture des vignes à l’assemblage en passant par la vinification. Il a insufflé cette philosophie en 1998 en créant une cave particulière avec son frère, Patrick. Un grand tournant dans l’histoire du domaine familial qui a débuté en 1925 avec l’installation du grand-père, Louis Chabrier, à Bourdic. Il a été l’un des fondateurs de la cave coopérative du village. Il laissa les rênes du domaine à ses deux fils, Robert et Louis. Ce dernier, même s’il approche les 90 ans, continue de mettre la main à la patte, passionné par son métier. Maintenant, Christophe et Patrick Chabrier, la troisième génération, s’occupent du domaine et préparent doucement la transition avec leurs fils, la quatrième génération, Louis et Baptiste.

Toute cette famille cultive avec beaucoup de savoir-faire les parcelles équitablement réparties entre AOP Duché d’Uzès, IGP Coteaux du Pont du Gard et AOP Cévennes. Dans tous les cas, au Domaine Chabrier, on veut des vins « personnalisés, de terroir, qui donnent du plaisir mais avec du caractère. » La gamme va de la bouteille « à boire rapidement autour d’une pizza quatre fromages » aux cuvées qui peuvent s’oublier et se bonifier au fil des années et s’ouvrir pour déguster « un super foie gras poêlé« . Il y a un vin pour les petites et grandes occasions de la vie.

Et cette large gamme plaît. De 15 000 bouteilles en 1998, le domaine est passé à 200 000 – 300 000 aujourd’hui. Beaucoup sont vendues directement au caveau, mais le confinement a mis à mal la vente directe. Le domaine a dû céder aux sonnettes de la grande distribution en s’associant avec Métro. Les vignerons comptent aussi pas mal sur l’exportation et a trouvé des contacts privilégiés en Suisse.

Une expérimentation avec des cépages résistants aux maladies

« On travaille vraiment différemment depuis qu’on a repris le domaine avec mon frère. Et même ce qui peut paraître superflu apporte une motivation supplémentaire car on sait pourquoi on le fait« , assure Christophe Chabrier. À part une cuvée ramassée à la main, tout est mécanisé. Le résultat et la maturité du raison n’en sont que meilleurs. Rien qu’en 2021, les vins du domaine ont décroché onze médailles aux concours des vins Nîmes, Orange et au concours général agricole de Paris.

Passé en Haute valeur environnementale depuis deux ans, le domaine a aussi supprimé 90% des herbicides. À la place, un grand travail est entrepris sur le sol pour que les vignes résistent mieux aux maladies mais aussi à la sécheresse. L’année prochaine, les Chabrier vont expérimenter en cultivant des cépages résistants au mildiou et autres maladies. Une première parcelle non-traitée qui sera rejointe par deux autres dans les deux prochaines années.

Marie Meunier





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