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Cadillac : ils organisent des « cafés mortels » dans les bars et restaurants du coin

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Les « cafés mortels » arrivent en Sud-Gironde dans le secteur de Cadillac, dans des lieux conviviaux comme les bars et restaurants. (©Le Républicain)

À Cadillac (Gironde), la nouvelle association « Cogito Mori » fait ses premiers pas. Depuis quelques semaines, elle n’en finit pas d’intriguer les passants avec ses « cafés mortels » qu’elle organise dans les bars et restaurants du Sud-Gironde.

« café mortel » : parler de la mort sans tabou

Ne prenez pas au pied de la lettre le nom de « café mortel », car, si vous partagez un café avec les membres de la nouvelle asso Cogito Mori, il ne vous arrivera rien de grave. Le concept est tout autre : les participants se réunissent dans un bar ou un restaurant du Cadillacais pour discuter de la mort sans tabou.

Des professionnels qui côtoient la mort 

Pendant une heure et demie, les échanges se font naturellement entre des psychiatres, infirmiers, auxiliaires de vie, notaires, gérants de pompes funèbres… Ceux qui côtoient « la mort » au quotidien. Autant de professionnels que de façons de l’aborder, de l’interpréter.

 Marylène Pellet, auxiliaire de vie et membre actif de l’association, souligne :

« C’est une réflexion entre personnes qui ont été ou sont confrontées à la mort, régulièrement ou très peu, mais qui sont marquées pour diverses raisons »

Marylène PelletMembre de l’association

Ce n’est pas une thérapie

Ces cafés ne sont pas non plus une thérapie, bien qu’on puisse y trouver des clés pour se sortir de situations compliquées. « On forme des petits groupes de dix personnes pour que cela reste intimiste, on a une pièce isolée et on a même du mal à mettre fin aux conversations… Souvent les gens créent des liens », raconte Marylène.

Éviter les pièges

Un bon moyen aussi de répondre à des questions administratives sur l’enterrement, les droits, les besoins : « Il est facile d’abuser de la faiblesse des gens quand ils sont dans le malheur. Il faut donner les billes nécessaires aux gens dans le désarroi. Il y a des conseils qui sont bons à prendre », cède à leur tour l’équipe des pompes funèbres de l’Artolie du Ciron. D’ailleurs, l’équipe a reçu plusieurs témoignages sur des pratiques courantes et peu scrupuleuses que peuvent appliquer d’autres entreprises pendant la préparation de funérailles. Aujourd’hui, elle souhaite communiquer, par le biais de l’asso, sur les pièges à éviter lorsqu’on prépare un enterrement.

Concept d’un sociologue suisse

Si le sujet peut paraître morose, le lieu en donne un tout autre aspect. Les rendez-vous sont donnés dans des restaurants et bars du Cadillacais et Podensacais. Des lieux chaleureux où les restaurateurs préparent des goûters, proposent quelques gourmandises…

En gros, il n’y a pas besoin d’être triste pour venir au « café mortel ». On peut se sentir très bien, et avoir juste envie d’aborder un sujet concernant la mort.
Ces rencontres sont calquées sur celles de Bernard Crettaz, un sociologue et ethnologue suisse, qui a créé les « cafés mortels » en 2004 pour sortir la mort du silence.

Infos : cogitomori33@gmail.com ou au 07.69.03.88.74.

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