News 24-7

Ce que racontent les six nouvelles femmes qui accusent Nicolas Hulot d’agressions sexuelles

Caresses ou baisers par surprise, tentative de fellation forcée… Dans un épisode d' »Envoyé spécial » puis par courrier, six femmes ont témoigné contre Nicolas Hulot pour des faits – prescrits – qui auraient eu lieu entre 1989 et 2008.

Les versions s’opposent. D’un côté, des femmes accusent Nicolas Hulot de viol et d’agressions sexuelles. De l’autre, l’ancien ministre nie farouchement les faits. Pour la deuxième fois, cette figure de l’écologie est confronté à des témoignages et dénonce un « lynchage ».

Le premier volet date de 2018 avec la parution dans le magazine Ebdo – depuis disparu – d’une enquête titrée « L’affaire Nicolas Hulot ». Les journalistes y révélaient le dépôt d’une plainte pour viol en 2008 par Pascale Mitterrand, petite-fille de l’ancien président de la République, contre celui qui était alors ministre de l’Ecologie. Visant des faits datant de 1997, cette procédure avait été classée sans suite.

Dans un épisode d’Envoyé Spécial diffusé ce jeudi sur France 2, quatre autres femmes ont à leur tour accusé l’ancien présentateur d’Ushuaïa. Deux autres ont adressé des témoignages écrits, diffusés sur le site de France Télévisions en parallèle de l’émission. Avant même la diffusion de l’émission, Nicolas Hulot avait pris les devants et dénoncé sur BFMTV des « affirmations purement mensongères »: « Ces faits n’ont jamais existé ».

· 1989: « Il me force à lui faire une fellation »

À 16 ans, Sylvia est fan de Nicolas Hulot, dont elle partage les valeurs protectrices de l’environnement et de la planète. Un matin, elle adresse un courrier au présentateur d’Ushuaïa, qui anime également l’émission Antipodes sur France inter. À sa grande surprise, sa lettre ne reste pas sans réponse: Nicolas Hulot l’invite à assister à son programme radio le 27 mai 1989. Elle s’y rend et, à la fin de l’émission, adresse enfin la parole à celui qu’elle admire.

« Il m’emmène prendre un petit déjeuner dans un café », relate-t-elle. Tous deux discutent, puis vient le moment où Nicolas Hulot lui propose de la raccompagner en voiture jusqu’à une bouche de métro à Paris. « Au moment de me dire au revoir, il me demande de l’embrasser dans le cou, et je ne sais pas pourquoi, je le fais », explique Sylvia dans l’enquête réalisée par nos confrères.

« Il redémarre la voiture sans rien dire (…) puis s’arrête sur un parking aérien », poursuit-elle. « Là, il sort son sexe, prend ma main, me demande si j’ai l’habitude, je lui dis non. J’enlève ma main à plusieurs reprises. Il me force à lui faire une fellation, chose que je ne fais pas réellement parce que je crois que je suis tétanisée. »

Figée mais aussi abasourdie, Sylvia ne comprend pas ce qui se passe: « Je me demande si c’est ça une relation amoureuse… Comme je suis fan de lui, je ne peux pas me dire que ce qui se passe est mal. Je vais le penser très vite mais pas là, pas dans la voiture. »
Selon son récit, Nicolas Hulot la ramène ensuite devant une entrée de métro et lui lâche une phrase qui reste encore aujourd’hui gravée dans sa mémoire: « Remaquillez-vous un peu parce qu’on voit que vous avez fait des trucs. »

Dans une lettre adressée à France Télévisions, l’animatrice Maureen Dor explique avoir écrit, en 1989, au présentateur vedette alors qu’elle n’avait que 18 ans. Tout comme Sylvia, la jeune femme est surprise de recevoir une réponse de celui qu’elle admire et qui lui propose de la rencontrer dans un hôtel de Bruxelles, en Belgique. Elle dit avoir été rapidement invitée par Nicolas Hulot dans sa chambre, où il doit être interviewé par des journalistes.

« Aussitôt, le voilà qui me saute dessus et tente de m’embrasser », affirme Maureen Dor. « Je le repousse, étonnée et effrayée, en lui faisant cette remarque si naïve: ‘Mais vous avez une femme!’ et lui de me répondre que cela n’a rien à voir et que je serai une ‘parenthèse' ».

La jeune belge est sauvée par un appel de la réception de l’hôtel qui informe Nicolas Hulot qu’on l’attend pour un rendez-vous. « Et c’est à cause de ce qui va suivre que je pense que mon témoignage ne vaut rien: j’y suis retournée. Quand nous étions dans le hall de l’hôtel, il m’avait proposé d’aller dîner avec lui et des amis à lui, et j’avais accepté. Malgré ce qu’il venait de se passer, j’ai tout de même voulu aller dîner avec lui, fascinée par le bonhomme », raconte-t-elle.

Une jeune femme, qui travaille à TF1, dit avoir croisé au début des années 1990 le chemin de Nicolas Hulot lors d’une réunion qui rassemble plusieurs collaborateurs. Elle est alors âgée de 23 ans. Plus tard dans cette même journée, il la rappelle pour l’inviter à déjeuner, raconte-t-elle.

« Il me dit qu’il a passé un moment agréable et saisit ma main pour la plaquer sur son pantalon, au niveau de son sexe en début d’érection », écrit cette femme dans une lettre adressée à France Télévisions.

La jeune femme l’éconduit, un peu moqueuse, et raconte « l’incident » à son supérieur. « Il est surpris par le geste (…) Quelques jours plus tard, mon patron me convoque dans son bureau. Il me montre un fax transmis par Patrick Le Lay (à l’époque PDG de TF1, mort en 2020, NDLR). Ce n’est autre qu’une lettre de Nicolas Hulot à Patrick Le Lay dénigrant le travail que je fais sur son émission et demandant de prendre des mesures afin d’y remédier. »

Soutenue par son patron, la jeune femme dit ne pas avoir subi davantage es conséquences de son refus et n’a plus jamais entendu parler de cette affaire.

« Si j’écris aujourd’hui, ce n’est pas par apaisement ou par vengeance. Je souhaite en revanche apporter mon soutien aux femmes qui ont été peut-être plus atteintes que moi et qui ont, elles, le courage de témoigner ouvertement. Elles ont toute mon admiration », souligne-t-elle.

· 1998: « Il me touche les seins, l’entrejambe »

Neuf ans plus tard, c’est à Moscou, en Russie, que Nicolas Hulot est mis en cause. Cette année-là, Cécila a 23 ans et est contractuelle pour l’ambassade de France à Moscou. Un jour, elle est dépêchée à l’aéroport de la ville pour régler un problème impliquant le présentateur d’Ushuaïa: son matériel de tournage est bloqué à la douane.

Cécile solutionne l’affaire. Elle dit avoir ensuite été invitée par l’écologiste, avec toute son équipe, à dîner. « Ensuite, il propose un verre en ville. Il m’offre un martini blanc, me dit que je suis belle… »

Gênée, la jeune femme décide de rentrer chez elle. « Malheureusement, il en fait de même. On prend donc un taxi ensemble et dans la voiture, il me dit qu’il peut m’aider à avoir un boulot à TF1. Je lui dis non merci. Alors, il pose sa main sur ma cuisse. Je l’enlève, il insiste et se jette sur moi. Il essaye de m’embrasser, il me touche les seins, l’entrejambe. Je me débats, je l’ai même frappé au visage », raconte Cécile qui affirme avoir exprimé un « non très clair ».

Assurant avoir subi des gestes déplacés, elle confie toutefois n’avoir jamais envisagé de porter plainte. « Contre un ami de Jacques Chirac, comment faire? », souffle-t-elle.

· 2001: « Il m’a embrassée à pleine bouche »

Une troisième femme, qui a fait le choix de rester anonyme, rapporte un comportement qui aurait eu lieu en 2001, alors qu’elle travaillait avec Nicolas Hulot sur l’émission Ushuaïa. Lors d’une réunion de travail, son supérieur de l’époque lui aurait imposé un baiser forcé.

« On était que tous les deux. À la fin, je me lève pour le saluer et il m’embrasse à pleine bouche. Par surprise. Ce n’était pas un baiser léger, il a pris ma tête et m’a embrassée à pleine bouche. Il m’a sauté dessus comme si j’étais à sa disposition. J’ai reculé brusquement et je me suis enfuie », affirme-t-elle.

Choquée par cet événement, cette jeune maman à l’époque ne peut pas pour autant se permettre de quitter son poste. Elle dit avoir ensuite reçu un message dans la foulée, qui finit de lui glacer le sang: « Je n’écris pas pour m’excuser mais pour regretter de ne pas en avoir eu plus. »

· 2008: « Il a essayé de m’embrasser »

La militante écologiste Claire Nouvian participe à un tournage d’Ushuaïa au Costa Rica en 2008 avec Nicolas Hulot. Avant de partir, « l’entourage politique » du présentateur la prévient « d’éviter les situations seules avec lui ». Si elle assure qu’aucun geste déplacé n’a été fait pendant le tournage, elle évoque un « comportement déroutant » quelques années plus tard.

« On a déjeuné chez lui et il a essayé de m’embrasser, c’était complètement hors sujet. Il y a clairement un dysfonctionnement dans ses rapports aux femmes, il y a beaucoup de consommation, beaucoup de jeunes filles qui passent à la casserole. Tant que c’est entre adultes consentants ok, mais si ce n’était pas plus grave on ne serait pas en train d’en parler aujourd’hui », commente-t-elle.

Pour toutes ces femmes, les faits qu’elles dénoncent sont prescrits et ne peuvent faire l’objet d’aucune procédure judiciaire.

Ambre Lepoivre Journaliste BFMTV



Source link

admin
the authoradmin

Laisser un commentaire