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Comment l’apéro s’est adapté aux changements de comportements des Français

S’il est toujours autant apprécié des Français, la fréquence des apéritifs et les produits qui y sont consommés ont évolué. A cause de la crise sanitaire, mais pas seulement.

L’apéro résiste à tout. Même lors des pires heures du confinement en France, les Français ont préservé ce moment, quitte à le faire virtuellement avec des amis. Et selon un sondage mené pour le Syndicat des apéritifs à croquer (tous les produits à croquer sauf les chips), 90% des Français en organisent à leur domicile, 32%, une fois par semaine ou plus. Seuls 10% des sondés affirment ne jamais en organiser.

Le contexte de crise a par ailleurs diversifié les « moments apéro » avec l’émergence de nouvelles habitudes comme les apéros de fin de semaine pour les télétravailleurs, pratiqués par 45% des sondés ou même des « apéros visio » qui concernent encore 7% des Français.

Nouvelles formes, nouveaux goûts

« De nouvelles pratiques sont arrivées avec l’envie forte de se faire plaisir dans un contexte difficile », confirme Nelly Bonnet, secrétaire générale du syndicat des apéritifs à croquer. « On crée de nouveaux moments au fil du temps et ça s’accentue depuis un certain temps. Toute occasion est bonne à organiser un apéro ».

Les produits consommés évoluent également. Si les produits à croquer restent les stars des apéros: crackers, bretzels, tuiles, tortillas, biscuits, soufflés, cacahuètes, amandes, noix de cajou, chips,…, de petits nouveaux arrivent, plus bio et naturels. Les produits salés apéritifs à base de lentilles ou de légumes sont ainsi désormais consommés par 22% des Français.

« Il y a une vraie volonté de diversifier les plaisirs, 85% des Français veulent au moins 3 produits sur la table. Les industriels se sont adaptés à de nouvelles attentes: moins d’ingrédients et de composants dans les produits, nouvelles formes, nouveaux goûts plus épicés, plus de bio qui représentait l’an dernier 4% en valeur du marché des apéritifs à croquer, plus de produits à base de légumes », ajoute la responsable.

Un marché qui pèse 1,8 milliard d’euros en grande distribution

Par ailleurs, le segment des extrudés (chipsters et autres chips gonflées) et tuiles salées a particulièrement vu ses ventes progresser (+7% en volume par rapport à 2020), se hissant à presque 40% de part de marché derrière les graines salées.

Côté volumes globaux, la croissance est restée vigoureuse l’an passé avec un chiffre d’affaires en grande distribution de 1,84 milliard d’euros soit 2,8% de plus qu’en 2020.

Mais 2022 pourrait être différente avec la hausse généralisée des prix qui pèse sur le pouvoir d’achat. Les produits apéritifs sont-ils prioritaires dans les chariots et les consommateurs? Se dirige-t-on vers des arbitrages?

« C’est encore un peu tôt pour le dire mais pour le moment, la hausse des prix de nos produits est contenue en grande distribution avec +2,5% en moyenne » avance Nelly Bonnet. Mais les nouvelles négociations entre les industriels et la grande distribution pourraient déboucher sur de nouvelles hausses. « On est loin du compte des hausses de coûts de production subies par les industriels », rappelle la secrétaire générale.

Une inflation qui ne pèse pas encore sur les achats

Les industriels sont en effet confrontés à la flambée d’à peu près tous leurs coûts: matières premières, énergie, emballages, transport. Une flambée qui devra bien être répercutée sur le prix payé par le consommateur.

Pour autant, le secteur reste serein. « Les produits apéritifs pèsent assez peu dans le budget des courses, ce sont des produits accessibles, peu onéreux, et c’est un moment plaisir que les Français veulent conserver. Le prix n’est pas un frein pour 86% des Français que nous avons interrogé », explique la responsable.

Si l’acte d’achat est maintenu (les sacrifices se faisant sur des produits plaisir plus chers), des arbitrages sur la valorisation des produits pourront néanmoins avoir lieu. « Certains consommateurs pourront se retourner vers des premiers prix ou des marques distributeur mais il est encore trop tôt pour parler de tendance », estime Nelly Bonnet.

La hausse des prix devrait néanmoins se poursuivre dans les prochains mois dans la grande distribution. Un nouveau coup dur pour les consommateurs qui devront alors faire des choix.

Olivier Chicheportiche Journaliste BFM Business



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