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Corinne a perdu ses deux filles dans des accidents de la route à deux ans d’intervalle: « Quand j’ai vu la camionnette de police arriver, j’ai compris »

Les accidents de la route, bien que moins nombreux ces deux dernières années, peuvent encore anéantir des vies. Corinne a vu la sienne basculer une première fois en 2017, une seconde fois en 2019. Depuis, elle a créé une association pour aider les enfants orphelins, « Poussières d’étoiles ».

Corinne, originaire de la région liégeoise, a souhaité nous raconter via le bouton orange Alertez-nous, l’histoire tragique de sa famille, brisée par deux terribles accidents de la route. Cette habitante du village d’Engis a perdu deux de ses enfants en deux ans d’intervalle à cause d’accidents de voiture. Elles s’appelaient Lindsey, 23 ans et Laëtitia, 30 ans. Elles avaient respectivement 2 et 4 enfants.

« Le 4 janvier 2017, ma fille Lindsey devait venir me rendre visite. Je lui ai dit de faire attention sur la route par FaceTime, elle m’a demandé pourquoi je m’inquiétais », raconte-t-elle, encore prise par l’émotion. « J’ai ressenti quelque chose, je n’arrive pas à l’expliquer. Quelques heures après, elle n’était toujours pas là, j’ai appelé son frère, il ne l’avait pas vu. J’étais au téléphone quand j’ai vu la camionnette de police arriver, j’ai compris et je suis tombée dans les pommes. Sa petite fille de 1 an et demi était dans le véhicule, elle a survécu. C’est une miraculée, il n’y a pas d’autres mots« .

Deux ans plus tard, Laëtitia, l’aînée, perdra également la vie, après avoir perdu le contrôle de son véhicule. « Il y avait de l’espoir car le médecin voulait l’opérer, elle n’avait que 30 ans. Si elle en avait 50, il n’aurait même pas tenté de la sauver au vu de son état… Mais deux jours plus tard, rien n’allait dans le bon sens et il a fallu décider de la débrancher », explique Corinne, marquée à vie par ces événements. Abattue coup sur coup par les décès de ses filles, Corinne a dû arrêter de travailler. Elle vit avec son mari, avec qui ils se soutiennent mutuellement.

Lindsay-ok

Tenir grâce à la fondation d’une ASBL

Face à un tel destin tragique, on pourrait tout laisser tomber. Bien sûr, Corinne ne passe pas une journée sans penser à ses filles, mais elle tient le coup grâce à ses petits-enfants, ceux qui sont devenus orphelins de leurs mères, du jour au lendemain. Elle a décidé tout récemment de fonder une ASBL, nommée « Poussières d’étoiles » qui viendrait en aide et qui soutiendrait les enfants orphelins d’un seul parent ou des deux.

« En tant que parents, nous ne sommes pas toujours soutenus. En créant cette association, nous souhaitons montrer aux enfants que, eux, auront un soutien, quoi qu’il arrive« . Pour l’instant à ses balbutiements, l’objectif sera d’institutionnaliser cette ASBL en recevant notamment des aides extérieures.

Des chiffres d’accident de la route pourtant en baisse

Selon les derniers chiffres publiés par l’Institut Vias et l’AWSR, le nombre de décès dû à des accidents de la route a encore diminué. Encore, car déjà en 2020 les chiffres avaient baissé considérablement. La raison est simple : le contexte Covid et les confinements ont fait diminuer la fréquentation des routes et donc les accidents sur celles-ci.

En effet, en 2019, en ce qui concerne les décès dans les 30 jours après un accident de la route, on dénombrait 616 morts sur nos routes. Dès 2020, le chiffre tombe à 499 est une baisse significative dans les trois régions sont à noter. Rebelote l’année dernière : 484 décès sont signalés sur les routes, dont 187 en Wallonie et 6 à Bruxelles, soit le total historiquement le plus bas depuis que ce comptage est opéré.

« Même si les chiffres sont en baisse, chaque victime reste une victime de trop »

« C’est la première fois que la Wallonie passe sous la barre des 200 personnes tuées sur la route. On se réjouit de ce bilan positif, mais il faut évidemment nuancer : derrière ces personnes, il y a des vies et des familles qui ont été brisées et donc, chaque victime est toujours une victime de trop », précise Belinda Demattia, porte-parole de l’Agence wallonne pour la sécurité routière. « Il faut donc continuer les efforts, surtout en 2022, où les mesures commencent à être levées et où il y aura forcément plus de raisons de sortir et de prendre la route ».

Petite anomalie cependant : en Flandre, le nombre de décès a augmenté en comparaison à 2020. Une subtilité qui peut être comprise dans la reprise de l’économie flamande et dans le grand boom qu’a connu l’e-commerce dans la région. De ce fait, la Flandre a connu un plus grand nombre de camionnettes et de poids lourds sur ces routes, et donc le nombre d’accidents les impliquant, souvent plus graves que ceux que connaissent les véhicules plus classiques.

Une aide apportée aux victimes par l’AWSR

L’Agence tient à rappeler qu’elle propose un service d’aide aux victimes de la route. Dans ce programme, qui concerne les victimes de dommages corporels, les victimes et/ou leur famille peuvent contacter l’AWSR pour avoir une aide psychologique, mais aussi des juristes spécialisés en droit des assurances pour conseiller les victimes dans leurs démarches administratives ou les faire à leur place si besoin se fait sentir.

« Nous avons, l’année dernière, ouvert 224 dossiers dans ce service. Derrière un dossier, ce sont plusieurs personnes qui sont aidées, nous tenons à suivre la famille de la victime dans son entièreté », conclut la porte-parole.

La moyenne d’âge la plus touchée par la mortalité sur les routes est celle des 20-29 ans. Les trois types d’usagers les plus fréquemment atteints sont les conducteurs de voitures, suivis par les cyclistes et les piétons.



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