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Crise énergétique : les villes européennes réduisent l’éclairage nocturne des bâtiments

Conséquence de la guerre en Ukraine, les coûts de l’énergie ont augmenté ces derniers mois. Afin de contrer cette inflation et de restreindre leurs besoins en énergie, plusieurs villes européennes mettent en place des mesures qui concernent, notamment l’éclairage urbain de certains bâtiments et monuments emblématiques.

À partir de ce vendredi à Paris, l’Hôtel de ville cessera d’être éclairé à 22h, au lieu d’1h du matin précédemment. De même que la tour Saint-Jacques, les quatorze musées municipaux et les mairies d’arrondissement.

La tour Eiffel, sera, elle, désormais éteinte au départ du dernier visiteur, à 23h45, et non plus à 1h, comme l’avait annoncé le 13 septembre la maire de la capitale française, Anne Hidalgo.

Cet hiver, les Champs-Elysées seront eux aussi moins éclairés : les illuminations de Noël se couperont dès 23h45, contre 2h les années précédentes, et retirées dès le 2 janvier, une semaine plus tôt que prévu.

Les commerçants et enseignes sont également invités à éteindre leurs vitrines et écrans entre 22h et 7h, une mesure qui « devra être généralisée avant le 15 octobre« , selon le Comité des Champs-Elysées, qui regroupe des enseignes de la célèbre avenue.

La Ville de Paris va par ailleurs baisser d’un degré la température à l’intérieur de ses bâtiments, y compris pour l’eau dans sa quarantaine de piscines.

De 19 °C, le thermomètre va ainsi passer à 18 °C dans les bâtiments en journée, et à 12°C quand ceux-ci seront inoccupés le soir et le week-end.

En Allemagne, Berlin a choisi de limiter la consommation de plus de 200 monuments et bâtiments depuis juillet, dont la Colonne de la Victoire, le Château de Charlottenbourg ou l’Hôtel de ville. La ville d’Hanovre a, quant à elle, décidé de supprimer l’eau chaude dans les bâtiments publics.

En Espagne, une loi oblige, depuis le mois d’août 2022, les vitrines des magasins et les entreprises à éteindre leurs lumières après 22h, dans le cadre du plan d’économie d’énergie, en vigueur jusqu’au 1er novembre 2023.

Des mesures similaires sont prises en Europe Centrale, dont certains pays, très dépendants du gaz russe, sont particulièrement affectés par la montée des prix :

En République tchèque, le gouvernement a annoncé plusieurs mesures pour réduire la consommation d’énergie au sein de ses bâtiments. Les projecteurs du château de Prague et sa cathédrale seront désormais coupés à 22h au lieu de minuit. Le chauffage passera de 22 à 19 degrés dans les bureaux et à 15 degrés dans les couloirs. De plus, les anciennes ampoules restantes seront remplacées par des LED moins énergivores. Pour finir, des détecteurs de mouvement, qui limitent l’éclairage inutile, vont être placés dans les couloirs.

« L’objectif est d’économiser entre 17 % et 20 % de l’énergie nécessaire » a déclaré le président du gouvernement tchèque, Petr Fiala, aux journalistes.

La Hongrie a fixé aux institutions publiques et aux entreprises un objectif de 25% de réduction de la consommation de gaz par rapport à l’année précédente.

En ce qui concerne la Roumanie, le palais du Parlement, dont la surface d’environ 360 000 m2 en fait l’un des plus grands bâtiments du monde, verra ses lumières extérieures réduites de moitié ainsi que son éclairage décoratif limité à deux heures par nuit, a annoncé le parlement au début du mois de septembre.

En Slovaquie, certaines écoles et universités ont indiqué que sans davantage d’aide du gouvernement, elles pourraient être forcer de dispenser une partie de leurs cours en ligne dès novembre, afin de limiter le nombre de bâtiments ouverts, ce qui permettra de réduire la facture énergétique.

En Pologne, à Varsovie, 38 000 ampoules de lampadaire vont être remplacées par des LED, plus économes en énergie. Le gouvernement polonais sensibilise également ses fonctionnaires à certains gestes préventifs: éteindre leurs ordinateurs, débrancher les chargeurs, et n’imprimer que les documents nécessaires.

Au ministère des Finances, la fontaine a été éteinte, et durant le week-end l’éclairage du bâtiment se limite désormais à deux heures seulement.

L’objectif fixé est une réduction de la consommation d’électricité de 10% au sein des différentes branches du gouvernement.

Enfin, en Europe du Sud, la Grèce a également choisi d’instaurer une plus grande sobriété énergétique. À Athènes , l’éclairage de l’hôtel de ville est désormais restreint et n’est plus éclairé en soirée, idem pour les lumières du bâtiment du Parlement qui conservent simplement les lumières de l’éclairage de sécurité.

« La ville d’Athènes a éteint les lumières du bureau du maire dans un geste symbolique pour montrer les efforts déployés par la ville pour répondre à cette crise énergétique« , a déclaré le secrétaire général de la ville d’Athènes, Alexandros Tsiatsiamis. « Notre objectif est de réduire la consommation de 10 % d’ici la fin de l’année, et un exemple est l’éclairage des bâtiments publics. Nous voulons mettre cela en œuvre sans restreindre le fonctionnement de la ville« , a-t-il ajouté.

Les sites archéologiques d’Athènes s’inscrivent également dans cette tendance grâce à l’utilisation de LED pour leur éclairage.

Plus à l’ouest du pays, les lumières décoratives du pont Rio-Antirio ont également été coupées, soit 800 ampoules sur les 1 500 de celui-ci, dont le reste doit rester allumé. Ce pont long de près de 3 kilomètres, relie le Péloponnèse à la Grèce continentale entre les villes de Rion et Antirion. Il a été inauguré à la veille des Jeux olympiques d’Athènes en 2004.



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