En bref

De Lorient à la Syrie, le parcours de la djihadiste française Emilie König

Emilie König est une des figures de la mouvance djihadiste française. Convertie à l’islam, elle avait rejoint les rangs du groupe Etat islamique en Syrie. Elle a passé 5 ans dans un camp de prisonniers géré par les forces kurdes. Elle vient d’être rapatriée en France et aussitôt incarcérée. Retour sur son parcours.

Emilie König est née en décembre 1984 à Lorient (Morbihan). Fille de gendarme et dernière d’une famille de quatre enfants élevés seuls par leur mère, elle uit une scolarité normale avant de se convertir à l’islam au contact de son premier mari, algérien d’origine, incarcéré pour trafic de drogue.

Elle apprend l’arabe, se fait appeler Samra et se voile entièrement. Puis elle entame sa radicalisation au contact du groupe islamiste nantais Forsane Alizza, désormais dissous.
Dès 2010, elle est repérée en niqab près de la mosquée de Lorient où elle tente de distribuer des tracts appelant au djihad.

Au printemps 2012, convoquée au tribunal, elle refuse de retirer son niqab et provoque une altercation avec un vigile qu’elle filme et poste sur YouTube.

Dans la foulée, elle laisse ses deux enfants en France et part en Syrie en 2012 rejoindre son nouveau compagnon qui sera tué ultérieurement. Elle a donné naissance à trois autres enfants, rapatriés en janvier 2021.

Régulièrement apparue dans des vidéos de propagande, elle avait été placée par l’ONU sur sa liste noire des combattants les plus dangereux. Dans l’une d’elles mise en ligne en 2013, elle pose avec un fusil, comme si elle s’entraînait au tir.

Les services de renseignements avaient intercepté ses appels récurrents à attaquer les institutions françaises ou à s’en prendre aux femmes de soldats français.

Emilie König faisait l’objet d’un mandat d’arrêt. Elle a été mise en examen pour association de malfaiteurs terroriste criminelle.

Elle a été capturée fin 2017 à Chadadi (est de la Syrie), lors de l’offensive des forces kurdes pour reconquérir les secteurs aux mains des djihadistes. 

Depuis, elle était retenue dans un camp du nord-est du pays géré par les forces kurdes.

Volonté de retourner en France

Dans un entretien accordé à l’AFP en avril 2021 du le camp de Roj, elle disait vouloir « retourner en France« .

« Je veux retourner en France, je veux revoir mes enfants, j’aimerais que la France soit conciliante par rapport à ça. J’ai envie de réparer mes erreurs« , martelait Emilie König.

« Bien sûr que je regrette, parce que ça a (détruit) toute ma vie« , disait-elle à propos de son ralliement à l’EI, tout en assurant ne pas vouloir être incarcérée.

Son arrivée à Paris

Elle fait partie des 16 mères rapatriées ce mardi en France. « Je suis très fatiguée« , a soufflé dans le box cette brune au teint gris, vêtue d’une polaire grise et d’un pantalon noir, après l’annonce de son placement en détention par une juge des libertés et de la détention du tribunal de Paris.

La magistrate, à qui Emilie König avait dit vouloir retrouver une « vie de femme« , lui a indiqué que les investigations allaient se poursuivre « pour retracer son parcours« .

« Elle a l’intention de coopérer pleinement avec la justice française« , a assuré à l’AFP son avocat Emmanuel Daoud.

« Elle est rentrée pour s’expliquer et pour tenter le plus rapidement possible, selon une échéance qu’elle ne maîtrise pas, de revoir ses enfants« , a ajouté Me Daoud en soulignant qu’elle avait « pleinement conscience d’avoir causé beaucoup de souffrances à sa famille« …



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