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des centaines de personnes se réfugient au Togo pour fuir les attaques djihadistes

Au moins 600 personnes ont quitté leur domicile, « laissant tout derrière eux » pour échapper aux attaques terroristes dans le sud-est du Burkina Faso.

Plus de 600 Burkinabè se sont réfugiés ces derniers jours dans le nord du Togo, fuyant les attaques jihadistes perpétrées dans le sud-est du Burkina Faso, a indiqué mercredi l’Agence nationale de la protection civile (ANPC) du Togo.

Au total 602 réfugiés burkinabè, venus de Madjoari, dans le sud-est du Burkina, ont été recensés dans la préfecture de Tône, dans l’extrême-nord du Togo, a expliqué le commissaire de police Aboudou Kérim Nimon, chef d’antenne de l’ANPC à Dapaong (chef-lieu de Tône).

« Ils ont fui leurs localités, laissant tout derrière eux. Il y a des enfants et des femmes enceintes », a-t-il affirmé. « Ces réfugiés sont tous accueillis dans des familles d’accueil », a précisé cette source, ajoutant que des aides alimentaires et financières leurs avaient été distribuées.

Plus de 2000 morts

Parmi ces réfugiés, figure notamment l’ex-maire de Madjoari. Cette commune, située à plus d’une centaine de kilomètres de la frontière avec le Togo, et qui compte entre 15 et 20.000 habitants, est placée sous blocus par les jihadistes qui frappent l’est du Burkina.

L’armée parvient parfois à y faire parvenir des convois de ravitaillement. Mais quand ce n’est pas le cas, des habitants démunis et désespérés tentent de fuir. Le 25 mai dernier, une cinquantaine d’habitants de cette localité qui tentaient de la quitter ont été tués par les jihadistes, selon les autorités. Cette attaque suivait plusieurs autres enregistrées récemment à Madjoari contre des militaires et des civils.

Le Burkina Faso, en particulier le nord et l’est, est depuis sept ans frappé par des mouvements affiliés à Al-Qaïda et à l’Etat islamique qui ont fait plus de 2000 morts, civils et militaires, et près de deux millions de déplacés.

Outre le Burkina Faso, le Mali et le Niger sont aux prises avec des insurrections jihadistes et les Etats voisins comme le Bénin, le Ghana, le Togo et la Côte d’Ivoire s’inquiètent de débordements sur leur territoire.

Une récente série de raids frontaliers dans ces pays situés au sud du Sahel a confirmé les craintes que des groupes jihadistes de la région cherchent à progresser vers la côte. Le gouvernement togolais a décrété lundi « l’état d’urgence sécuritaire » dans la région des Savanes, zone située dans l’extrême nord du pays ayant enregistré récemment ces deux premières attaques jihadistes.



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