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Des crimes contre l’humanité ont été commis en Libye, selon les experts de l’ONU

Des experts de l’Organisation des Nations unies (ONU) ont affirmé dans un rapport publié ce lundi que des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité ont été commis en Libye depuis 2016.

Lors de cette enquête, commandée par le Conseil des droits de l’homme, les experts de l’ONU ont interviewé près de 150 civils sur place, mais également en Tunisie et en Italie. Selon les témoignages recueillis, ils affirment qu’«il y a des raisons de penser que des crimes de guerre ont été commis en Libye, tandis que les violences perpétrées dans les prisons et contre les migrants dans le pays peuvent s’avérer être des crimes contre l’humanité.» 

«Notre enquête montre que les agressions contre les migrants sont commises à une large échelle par des acteurs étatiques et non-étatiques, avec un haut degré d’organisation et avec les encouragements de l’Etat – autant d’aspects qui laissent à penser qu’il s’agit de crimes contre l’humanité», a expliqué Chaloka Beyani, l’un des auteurs du rapport. Des violences surtout commises dans les centres de détention de migrants. En juillet dernier, c’est Amesty International qui publiait un rapport mettant notamment en lumière la torture et les viols subis par les migrants dans ces camps où ils sont enfermés après avoir été interceptés dans leur traversée de la Méditerranée vers l’Europe. L’ONG a notamment dénoncé à de nombreuses reprises le silence de l’Union européenne.

La population civile particulièrement touchée

Dans les prisons, les détenus sont souvent torturés et privés de leurs droits. La plupart du temps, leurs familles ne peuvent pas leur rendre visite. L’ONU souligne également le «lourd tribut» payé par la population civile depuis plus de cinq ans, notamment à cause des attaques dans les écoles et les hôpitaux, des raids aériens et des mines antipersonnel laissées dans les quartiers résidentiels. Selon les experts, la justice libyenne enquête également sur ces crimes, mais «le processus pour punir les gens coupables de violations ou de maltraitances est confronté à des défis importants».

«Consciente de la nécessité de rendre justice aux victimes, la mission a permis d’identifier les individus et les groupes (libyens et étrangers) qui pourraient porter la responsabilité des violations et des abus faisant l’objet de l’enquête», ont ajouté les experts. «Cette liste confidentielle le restera, jusqu’à ce que se fasse jour le besoin de la publier ou de la partager», ont-ils toutefois mis en garde. Leur rapport doit encore être présenté le 7 octobre prochain devant le Conseil des Droits de l’homme à Genève. 



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