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Des cultures plus résistantes au manque d’eau: voici comment l’agriculture belge va s’adapter au changement climatique

Des saisons, plus chaudes, en tout cas plus sèches, voilà le défi auquel les agriculteurs vont devoir faire face. Une adaptation qui passera par des cultures plus résistantes au manque d’eau. Réchauffement climatique, mais aussi la possibilité de gel. Une équation pas facile à résoudre.

À Gembloux, par exemple, nous nous sommes rendu sur une plateforme d’expérimentation consacrée à la culture du blé dur. C’est ici que Guillaume et ses collègues réalisent des croisements de variétés. Objectif : obtenir un blé dur et plus résistant au changement climatique.

« L’épi est à la fois mal et femelle. On va retirer la partie mâle et faire une espèce de castration », explique Guillaume Jacquemin, ce sélectionneur de céréales au centre wallon de recherches agronomiques. Des épis mâles d’une autre variété sont ensuite ajoutés, le tout sous une protection. La fécondation peut alors débuter.

« Dans les prochains jours, on passera pour secouer le sachet pour aider le pollen à tomber dans l’épi femelle et assurer ainsi une meilleure fécondation d’un maximum de grain », poursuit Guillaume Jacquemin. 

Les graines issues de ce croisement seront semées à l’automne. La technique permet de conserver, au fil des générations, le meilleur de chaque parent. « Pour le blé dur, on va aller chercher les résistances au froid des variétés hongroises, autrichiennes et polonaises. On va combiner ça avec la qualité des variétés italiennes et les résistances aux maladies des variétés françaises », indique Guillaume Jacquemin.

Le blé dur, idéal pour fabriquer des pâtes et de la semoule n’est pas encore cultivé en Wallonie. Mais les tests effectués depuis deux ans sont prometteurs. « On a ici notamment une variété allemande croisée avec une variété française. On voit qu’elle est bien verte et rigoureuse », précise Guillaume Jacquemin. Cette variété pourrait offrir de nouveaux débouchés aux agriculteurs wallons. Mais l’adapter aux changements climatiques prend au minimum 10 ans. 

« La difficulté du dérèglement climatique est justement qu’on a un climat imprévisible. On a une année très sèche, puis très humide. Et donc réussir à créer une variété capable de résister à des conditions si différentes est très difficile. C’est comme si on me demandait de créer à la fois des cactus et des nénuphars », conclut Guillaume Jacquemin.

Dans une parcelle voisine, ce sont des essais de tournesols qui sont réalisés sur 17 variétés françaises et pour l’instant, toutes résistent au manque d’eau. « Malgré la sécheresse actuelle, on a une plante bien verte, qui ne souffre pas de la sécheresse. C’est une culture qui peut être intéressante à ce niveau-là, mais aussi au niveau de ses besoins en engrais qui sont très faibles », indique Coline Crevits, l’attachée scientifique au centre wallon de recherches agronomiques.

Des qualités déjà très appréciées des agriculteurs. En Wallonie, 200 hectares de tournesols ont été plantés cette année, contre à peine 10 la saison précédente.



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