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Des soignants opposés à l’obligation vaccinale affichent leur détermination

Ils craignent pour leur santé, ne décolèrent pas contre le sort qui leur est fait et se disent prêts à perdre leur travail: des soignants expriment leur opposition déterminée à l'obligation vaccinale contre le Covid-19, qui entre en vigueur mercredi.

"Ce vaccin m'inquiète trop"

Amel Benothman, 41 ans, infirmière à l'établissement public de santé mentale Saint-André, dans la métropole lilloise, est venue manifester samedi dernier en blouse blanche: "Je vais me retrouver sans salaire, avec trois enfants. Ce vaccin m'inquiète trop, j'aimerais qu'on respecte mon choix. J'ai déjà eu le Covid, sans gravité, et j'estime que le rapport bénéfice-risque est trop important. Je suis une excellente infirmière, je pense que c'est la chose que je fais le mieux dans ma vie et aujourd'hui, on me prive de mon métier". "On nous mitraille de travail au quotidien, on est sur-sollicités psychologiquement, physiquement, et aujourd'hui harcelés par rapport à la vaccination… c'est trop, on nous pousse à la démission."

"Je refuse de jouer à la roulette russe avec ma santé"

Nathalie Della Giustina a également manifesté samedi en brandissant une pancarte jaune: "Je ne pourrai bientôt plus travailler… Mais je resterai toujours debout et libre". Cette psychologue de 47 ans travaillant dans une association en région Auvergne-Rhône-Alpes refuse de se faire vacciner car elle a eu de mauvaises expériences avec les vaccins. "Mon directeur m'a prévenue que mercredi je ne pourrai plus travailler. On va d'abord solder les jours de congés et après ce sera suspension du contrat de travail. Mais il m'a dit que dans deux mois ce serait le licenciement ou la rupture conventionnelle. On nous jette comme des chiens, c'est anti-démocratique. Je refuse de jouer à la roulette russe avec ma santé et aujourd'hui, je choisis ma santé même si j'aime mon boulot".

"On est un grain de sable"

Tatiana Leclerc est auxiliaire de vie à Lille: "C'est très injuste, car au début de la crise, on n'était même pas considérés comme des salariés prioritaires, on n'avait pas de masque, pas de protection, et aujourd'hui on est mis dans le lot des soignants ! Pour moi c'est suspension de contrat, je ne me ferai pas vacciner. Mon mari est chauffeur routier, il n'a ni obligation vaccinale, ni besoin de pass pour entrer dans les restaurants de route. Pourquoi ? Parce qu'ils ont peur que les routiers bloquent tout. Mais nous, on est un grain de sable. Quand on fait grève, ils s'en foutent."

"Pour l'instant, je résiste"

Lauriane Cott, 42 ans, est kiné-ostéopathe libérale à Mérignac (Gironde): "Pour l'instant je résiste mais j'ai déjà reçu un courriel et une lettre de menaces de l'ARS", l'agence régionale de santé. "J'ai des charges, les retraites, le loyer, les assurances à payer chaque mois donc malheureusement, je serai confrontée à un problème financier. Mais le 15 septembre, c'est pas là que je cèderai, ce serait trop facile, donc on va tenir tant qu'on pourra", assure-t-elle, refusant d'être vaccinée avec "un vaccin qui a une autorisation temporaire et pour lequel on n'a que six mois de recul".

"Adulés hier, aujourd'hui on nous crache à la gueule"

Marianne, infirmière libérale de 48 ans à Bordeaux, peste: "Adulés hier, aujourd'hui on nous crache à la gueule". "La vaccination est proposée comme le seul remède, mais si on était en guerre, on aurait vraiment utilisé toutes les armes", comme le fait de "rebooster le système immunitaire" et de "mieux prendre en charge les personnes avec des comorbidités", argumente-t-elle. A l'approche de la date fatidique du 15 septembre, "on est dans un stress permanent" mais "on va essayer de résister le plus longtemps possible".

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