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Déterrement de cercueil et expédition à la Beaujoire : trois supporters du FC Nantes jugés

Le 23 mai 2021, des supporters du FC Nantes avaient enterré symboliquement le
Le 23 mai 2021, des supporters du FC Nantes avaient enterré symboliquement le « FC Kita ». (©Rendez-nous le FCN)

Six mois après, ce supporter du FC Nantes n’a toujours pas digéré le déterrement du cercueil du « FC Kita ». Dans la salle d’audience, il se retourne et s’adresse à Olivier Feneteau, directeur de l’organisation et de la sécurité, assis sur le banc des parties civiles en qualité de victime et de représentant du club. 

« Ils s’amusaient à envoyer des photos sur Twitter, ils se vantaient », exprime-t-il avec véhémence, visant aussi les agents sulfureux Mogi Bayat et Bakary Sanogo. Un des avocats des prévenus, Me Aristote Toussaint, est sur la même ligne de défense : « Qui a allumé les mèches ? Qui a fait que ceci se produise ? Qui a nargué les supporters sur les réseaux sociaux ? »

En représailles à cet « acte de provocation », une cinquantaine de personnes cagoulées avaient fait irruption dans l’enceinte du stade de la Beaujoire le 30 mai dernier, où joueurs et salariés fêtaient le maintien en Ligue 1, avant de s’en prendre à un agent de sécurité et une serveuse, et de provoquer des dégâts matériels.

Trois jeunes hommes, âgés de 22 à 31 ans, ont été interpellés un peu plus tard dans la soirée, aux abords du stade. Ils étaient jugés ce mercredi 24 novembre 2021 au tribunal judiciaire.

« Montrer notre mécontentement »

Un seul prévenu, Jonathan O., a fait acte de contrition et reconnu sa responsabilité. « J’ai suivi le mouvement. On voulait récupérer le cercueil et montrer notre mécontentement, pas commettre des violences. Ils [le personnel] n’avaient pas à subir ça lors de notre attaque. Réagir comme ça par rapport à du sport, c’est vraiment triste et scandaleux », a-t-il expliqué à la barre.

Julien R. n’en démord pas. Il n’a pas participé à la dégradation du portail d’enceinte du stade. « La porte était ouverte, je suis rentré. J’ai vu le cercueil, je suis ressorti avec », a-t-il indiqué à la présidente, omettant de rappeler qu’il avait interdiction de pénétrer dans une enceinte sportive depuis une première condamnation au mois de mars 2021.

Le plus jeune de la bande, Miles R., a retrouvé un peu la mémoire. Le soir des faits, il avait près de 2 grammes d’alcool dans le sang. En garde à vue, l’étudiant était amnésique. Désormais il en est certain : il n’est pas monté au premier étage et n’a jeté ni distributeur de gel hydroalcoolique sur le directeur de la sécurité ni porte-plateau en direction d’une serveuse. « Je suis resté dans le local technique. Quand j’ai entendu du bruit, je suis reparti ». 

« Nous avons des gens qui, quelque part, ont dévoyé leur amour du football »

« On a compris qu’il y avait un conflit entre ce groupe de supporters et la direction du FC Nantes », a résumé le procureur Yvon Ollivier dans son réquisitoire. 

On a le droit d’être supporter et d’être en colère. Il y a les réseaux sociaux, les manifestations et même le cercueil, c’est une forme d’expression. Peut-être de mauvais goût, mais qui peut être tolérée.

Avant de changer de discours et de réclamer des peines de prison avec sursis ainsi qu’une interdiction de stade d’une durée de quatre ans : « On a des gens qui vont régler leur comptes (…). Trente gaillards qui arrivent dans une pièce pour se livrer à des dégradations et s’en prendre physiquement à des victimes (..). Nous avons des gens qui, quelque part, ont dévoyé leur amour du football. »

L’avocat de Miles R. a remis en cause l’identification par la serveuse de son client sur des images de vidéo-surveillance, déplorant les « suppositions » de la police et des victimes pour confondre les prévenus et arguant que le jeune homme portait une cagoule et des vêtements « identiques à ceux de dizaines de supporters » appartenant à la Brigade Loire

Estimant avoir subi un « préjudice d’image », le FC Nantes réclame 10 000 euros de dommages et intérêts : une demande que Me Marie-Emmanuelle Beloncle, l’avocate de Julien R., et son confrère souhaitent voir rejeter par le tribunal.

L’affaire a été mise en délibéré au 23 décembre. 

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