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Disparition inquiétante en Gironde d’Annie Bertaud : “Maman, rentre, tu nous manques”, supplie sa fille

Par Nicolas Gosselin Publié le

Annie Bertaud, ici avec sa petite-fille, a disparu depuis le 16 décembre. (©Photo fournie à Actu Bordeaux)

Depuis le 16 décembre, Annie Bertaud n’a plus donné signe de vie. La disparition de cette grand-mère domiciliée à Civrac-de-Blaye, dans le nord de la Gironde, a complètement bouleversé son entourage.

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L’hypothèse d’un suicide terrifie ses proches. « Plus les jours passent, plus on se pose de questions », se ronge les sangs sa fille Élodie Dupuy, qui remonte le fil des événements.

Mercredi matin, ma mère est partie de son domicile. Elle nous avait dit qu'elle allait faire les boutiques à Bordeaux pour faire les derniers achats de Noël. Elle avait dit qu'elle reviendrait tard donc je ne me suis pas inquiétée quand je suis passée devant chez elle en fin d'après-midi et qu'il n'y avait pas sa voiture.

Élodie Dupuy

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Une soirée d’angoisse

À 19h30, la sérénité n’est plus là. Revenu de la chasse depuis plusieurs heures déjà, le mari d’Annie Bertaud guette par la fenêtre les phares de la Volswagen Passat mais aucune voiture ne franchit le portail.

Élodie Dupuy, la fille, tente plusieurs fois de joindre sa mère mais elle tombe, encore et encore, directement sur la messagerie de son téléphone portable. Elle finit par appeler son père et les deux partagent leur inquiétude.

Dans la soirée, ils se décident d’appeler la gendarmerie. Dans un premier temps, on les redirige vers les hôpitaux de Gironde au cas où la femme de 57 ans aurait eu un accident. Niet.

Les enquêteurs fouillent la maison

Après un nouveau coup de fil environ deux heures plus tard, la famille convainc les gendarmes d’entamer les recherches malgré une disparition qui remonte à moins de 24h.

Là, c’est la douche froide. Le traçage du téléphone permet de déterminer que l’appareil est éteint depuis 10 heures du matin environ, l’heure approximative où elle est partie, et la dernière fois qu’il a borné, c’était à l’antenne-relais proche du domicile du couple Bertaud.

Le lendemain, la journée se transforme en scénario digne de la série Les Experts, pour reprendre les termes d’Élodie Dupuy.

En effet, la gendarmerie vient fouiller la maison à la recherche d’indices pouvant mettre les enquêteurs sur une piste. Et plusieurs indices sont découverts.

Le portable jeté dans une poubelle

D’abord, le matin, le portable d’Annie Bertaud est découvert avant le passage des éboueurs dans la poubelle de déchets ménagers. Aussi, plein de papiers administratifs à son nom.

« Il y avait tout un tas de courriers d’impayés, dévoile sa fille. On a découvert qu’elle avait d’énormes dettes. C’était la descente aux enfers pour nous ! Elle nous avait jamais parlé de ça… »

Rapidement, la famille et les enquêteurs découvrent que la femme de 57 ans avait contracté en secret au moins une dizaine de crédits renouvelables ou crédits à la consommation, auprès d’organismes comme Cofidis ou Cetelem.

« On se croirait dans un film policier »

Pour les proches, la surprise est totale. Brutale même. « Je suis tellement proche de ma maman, raconte la fille. Nous sommes très liées. On ne voit trois à quatre fois par semaine. Je ne comprends pas comment elle a pu nous cacher ça, car même mon père n’était pas au courant. Tout cela semble irréel. On se croirait dans un film policier. »

Sur place, les enquêteurs ont fait la procédure habituelle. Ils ont passé la maison au peigne-fin, notamment pour vérifier si elle n’avait pas été la scène d’un crime, mais ils n’ont pas trouvé de trace de sang suspecte.

La famille d'Annie Bertaud s'inquiète.
La famille d’Annie Bertaud s’inquiète. (©Photo fournie à Actu Bordeaux)

Ensuite, ils ont interrogé longuement le mari avant de pouvoir refermer la piste de l’homicide conjugal. En revanche, ils ont trouvé des bijoux d’Annie dans un tiroir dont son alliance, qu’elle ne quittait jamais. Comme si la grand-mère avait tout laissé avant de partir.

La gendarmerie a survolé le secteur

Oui, mais de partir où ? Car, depuis mercredi 16 décembre, elle reste introuvable. Le conjoint d’Élodie Dupuy et gendre de la disparue a ratissé les petites routes du Blayais et les parkings des centres commerciaux de Bordeaux-Lac et de Rives d’Arcins où elle aurait pu aller faire ses achats de Noël, « au cas où elle aurait fait un malaise dans sa voiture ».

La gendarmerie, elle, a multiplié les patrouilles et même fait décoller un hélicoptère pour survoler l’estuaire de la Gironde, si jamais la quinquagénaire avait décidé de mettre fin à ses jours en coulant avec son véhicule au fond de l’eau.

Aussi, la plaque d’immatriculation de la Volswagen Passat du couple Bertaud (immatriculée BT-354-YM) a été signalée et si elle est flashée ou enregistrée dans une gare, un aéroport ou autre, les enquêteurs en seront informés.

Elle croulait de dettes

Mais dimanche 20 décembre, quatre jours après sa disparition, toujours rien ! « Est-ce qu’elle est partie pour mettre fin à ses jours pour protéger son mari et ses enfants, s’interroge sa fille. Si elle est décédée, ses dettes seront annulées. Ou alors, elle est partie, n’a pas réussi à se suicider et elle reste cachée quelque part ? »

Selon Élodie Dupuy, qui voit arriver les premières lettres de créanciers au domicile de ses parents, il y aurait plus de 75 000 euros de crédits à rembourser à sa connaissance.

« De ce que je sais pour l’instant », précise-t-elle. Avec le week-end, la jeune maman n’a pas réussi à faire le tour des organismes bancaires pour faire le point complet sur les déboires financiers de sa mère.

La famille n’avait rien soupçonné

« J’ai l’impression qu’elle a fait des prêts pour rembourser des crédits précédents et ainsi de suite, imagine Élodie Dupuy. Elle faisait des prêts très régulièrement, selon sa banque. Elle est sûrement tombée dans un engrenage. »

Avec le SMIC, la femme de 57 ans n’arrivait plus à rembourser des mensualités devenues supérieures à 800 euros (alors que le prêt de la maison était déjà remboursé !). De honte, peut-être, elle n’a pas osé alerter ses proches.

Ces derniers, eux, n’ont rien soupçonné. « Elle aimait faire plaisir. Par exemple, elle offrait souvent des cadeaux à sa petite-fille mais jamais rien d’hors de prix », rapporte sa fille.

« Tu ne peux pas nous abandonner pour du fric »

Tant que la Volswagen Passat avec laquelle elle est partie le 16 décembre, au matin, n’a pas été retrouvée, son mari et ses deux enfants veulent garder espoir. Via Actu.fr, sa fille lui lance un appel :

Maman, rentre, tu nous manques ! Tes bêtises, on va les réparer. C'est rien, c'est pas grave. Tu ne peux pas nous abandonner pour du fric. On t'aime tellement fort. Tu manques à ta petite-fille, je veux que tu connaisses ton futur petit-fils, qu'on avance ensemble !

Élodie Dupuy

Enceinte de six mois, Élodie Dupuy a expliqué à sa fille de cinq ans que sa mamie était partie. « Elle va revenir quand mamie ? Pour Noël ? », a répondu la petite. On croise les doigts pour que son vœu soit exaucé.

Si vous avec des informations permettant de la localiser, il est recommandé d’appeler la gendarmerie au 05.57.94.09.50.Source de l’article : ICI

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