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Duel à distance entre Vincent Bolloré et Xavier Niel en Italie

Telecom Italia tient un conseil d’administration crucial ce vendredi. Son actionnaire Vivendi refuse de vendre ses parts au fonds KKR. Cette offre de rachat est vue d’un bon œil par le propriétaire de Free, aussi présent en Italie.

Deux milliardaires français bataillent en Italie. Vincent Bolloré et Xavier Niel se livrent un bras de fer autour de l’avenir de Telecom Italia. L’opérateur télécom réunit ce vendredi son conseil d’administration pour discuter des mauvais résultats du troisième trimestre. « L’avenir du patron est en jeu » reconnait un proche du dossier. Il sera aussi question de l’offre de rachat du fonds américain KKR faite dimanche dernier.

Son premier actionnaire Vivendi (24%) a pour l’instant refusé cette proposition de plus de 10 milliards d’euros. Le groupe contrôlé par Vincent Bolloré « n’a aucune raison de vendre » balaie un proche de l’homme d’affaire qui estime que l’offensive de KKR est pilotée par le patron de Telecom Italia pour sauver son poste.

Xavier Niel joue la consolidation en Italie

Mais en face, c’est aussi Xavier Niel qui pourrait profiter de l’offensive de KKR. Free est présent en Italie dans le mobile depuis plus de trois ans. Son propriétaire est d’ailleurs administrateur de KKR même s’il ne participe pas à l’offre de rachat sur Telecom Italia. Mais Xavier Niel aurait tout intérêt au rachat de son rival italien pour y déloger Vincent Bolloré. « Si KKR rachète Telecom Italia, ils revendront dans cinq ans et seront prêt à consolider le secteur en Italie » décrypte un proche du patron de Free.

Le marché italien est très éclaté, encore plus qu’en France, avec cinq opérateurs mobile: Vodafone, Telecom Italia, Windtre, Free-Iliad et Fastweb. Xavier Niel y applique exactement la même stratégie qu’en France : après avoir cassé les prix et pris 12% de parts de marché, il rêve de grossir en mariant « Iliad Italia » à un concurrent. « Ce serait plus facile pour lui de faire une opération avec un fonds comme KKR alors que Vincent Bolloré ne veut pas bouger » ajoute cette source. Ses proches lui prêtent l’ambition de vendre Iliad Italia à Telecom Italia en échange d’une montée à son capital.

Deuxième bras de fer entre les deux milliardaires

Vincent Bolloré est dans une impasse en Italie. Vivendi ne contrôle pas Telecom Italia et entretient de mauvaises relations avec son patron. « Il continue d’avoir une mauvaise image après ses raids sur Telecom Italia et Mediaset » assure un dirigeant italien. Silvio Berlusconi, toujours influent dans la botte n’a pas digéré l’offensive de Vincent Bolloré. Même si depuis deux ans, Vivendi a apaisé ses conflits. Le groupe a signé deux armistices: avec la famille Berlusconi et le fonds activiste Elliott qui s’était attaqué à Telecom Italia. De son côté, Xavier Niel jouit d’une bonne image d’industriel des télécoms grâce à la baisse des prix qu’il a imposé sur le marché italien.

Xavier Niel et Vincent Bolloré s’étaient déjà affrontés pour le contrôle de Telecom Italia en 2015. A l’époque, Vivendi était devenu son premier actionnaire en quelques semaines mais le gouvernement italien n’avait pas apprécié le « raid » de Vincent Bolloré. Xavier Niel avait alors investi dans Telecom Italia en jouant, auprès du Premier ministre Matteo Renzi, l’alternative de « l’industriel des télécoms face au financier breton » résume une source. Vincent Bolloré n’avait pas cédé et Xavier Niel avait dû abandonner, avec au passage une perte d’environ 200 millions d’euros.

Matthieu Pechberty Journaliste BFM Business



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