ÉDITORIAL À Nîmes, on vous a à l’œil !

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Tout juste rentré le raisin des vendanges 2022 que voilà maintenant la saison des prunes qui s’annonce ! Cependant, tout le monde n’en récoltera pas. Uniquement ceux qui se seront fait gauler comme des noix à « glisser » un feu rouge ou un stop, à téléphoner au volant, à squatter durablement à l’arrêt, warning allumés, le long des boulevards de l’Écusson ou à jeter des immondices à des endroits inappropriés. Ce qui potentiellement fait déjà du monde pour qui connaît bien la ville et les mœurs de ses habitants. Et réjouira les braves gens qui n’aiment pas que l’on suive une autre route qu’eux (merci Brassens !). À Nîmes, où on vous a à l’œil depuis bien longtemps, déjà lourdement équipée avec ses 553 caméras – la troisième ville de France en nombre de caméras, revendique l’adjoint à la Sécurité, Richard Schieven –, la Mairie, qui a pour objectif d’en placer 600, a cette fois décidé de mettre en place la vidéoverbalisation. Une excellente idée, semble-t-il, puisque, curieusement, comme l’explique le maire, Jean-Paul Fournier, il ne s’est pas trouvé d’élus au conseil municipal pour s’opposer à l’installation cet œil de Moscou 2.0 institutionnel et que la délibération a été adoptée à l’unanimité. À ce rythme-là, il est pourtant à craindre que la préfecture gardoise ne prenne des allures de capitale de la Chine, et pas pour le nombre de ses brocantes, vide-greniers et restaurants asiatiques… Car la frontière est ténue entre le respect des libertés individuelles et l’argument de la protection des populations, la sécurité et le respect de la loi. Une chose est sûre, les malfaisants, les chauffards, les réfractaires d’habitude et opposants par principe – ici, on dit les Réboussiers – et autres mauvais citoyens devront à l’avenir éviter le centre-ville. Sans compter les habitués des « cinq à sept » adultères qui, en plus des ruses de Sioux habituelles qu’ils déploient pour déjouer la surveillance et la sagacité de leur conjoint légitime, devront désormais en plus redoubler d’attention pour ne pas se retrouver marron et se prendre une châtaigne. Quoi qu’il en soit, ne serait-ce que pécuniairement, cette nouvelle saison des prunes ne devrait pas tarder à porter ses fruits.

Philippe GAVILLET de PENEY 



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