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ÉDITORIAL « Thérapies de conversion » : de la préférence nationale à la préférence sexuelle

L’Assemblée nationale examine à partir de ce mardi, une proposition de loi pour l’interdiction des « thérapies de conversion ». C’est la députée du mouvement la Majorité Présidentielle (ex-En marche) Laurence Vanceunebrock qui porte cette proposition qui vise à créer un délit spécifique. L’infraction pourra entraîner des peines allant jusqu’à deux ans de prison et 30 000 euros d’amende. En cas de circonstances aggravantes, si un mineur est victime ou assiste à ces faits, la peine pourra être portée à 3 ans de prison et 45 000 euros d’amende. Une victoire pour les progressistes d’ici comme d’ailleurs car de quoi s’agit-il en réalité. De faire la guerre à un ensemble de traitements pseudo-scientifiques d’origines diverses utilisés dans le but controversé de tenter de changer l’orientation sexuelle d’une personne. Comme si on pouvait passer aussi facilement et simplement de l’homosexualité ou de la bisexualité à l’hétérosexualité en prenant quatre cachetons. On marche sur la tête. Sachant bien entendu qu’il n’existe aucune preuve formelle que l’orientation sexuelle peut être changée, cela va de soi. Auteurs d’une mission sur le sujet en 2019 avec son collègue de La France insoumise Bastien Lachaud, la députée proche d’Emmanuel Macron évoquaient une « centaine de cas récents » mais s’alarmait de « l’augmentation des signalements« . Dans la loi proposée aujourd’hui, elle distingue ces soi-disant « thérapies » en trois catégories : « religieuses », entre appels à l’abstinence et séances d’exorcisme, « médicales » avec traitements hormonaux, hypnose voire électrochocs. Et « sociétales » par le recours aux mariages forcés hétérosexuels. Comment imaginer que ce texte ne soit pas adopté ? Et pourtant, on peut en douter pour plusieurs raisons. D’abord, même si elle bénéficiait d’un large soutien dans l’hémicycle, pas sûr que cette proposition de loi soit adoptée en dernière lecture car le Parlement achève ses travaux fin février en raison de l’élection présidentielle. Ensuite, les sénateurs de Droite peuvent aussi faire durer le suspense. On les a déjà vu à l’oeuvre en 2018 au Parlement européen où une motion appelant les États membres à interdire les thérapies de conversion, avait été finalement adoptée non sans mal à cause du vote opposé d’une bonne trentaine d’eurodéputés français. Même Franck Proust, député européen à l’époque, s’était abstenu contre toute attente. Une prise de distance bien regrettable. Car le Parlement européen ne faisait qu’emboîter le pas à l’Organisation des nations unies, qui s’était déjà prononcée contre les thérapies de conversion en 2015, les qualifiant de « violentes » et « abusives ». Pas en France apparemment où ces pratiques, théoriquement, sont encore légales, bien que rares. Espérons pour plus très longtemps…

Abdel Samari





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