En bref

En Russie, ruée vers les frontières après l’appel à la mobilisation de Poutine

Lorsque Vladimir Poutine a annoncé la mobilisation partielle de la population, les prix des billets d’avions se sont envolés. Certains jeunes Russes ont aussi décidé de fuir par la route ou les airs vers la Géorgie. Reportages de notre équipe sur place.

Derrière ce muret de pierre se trouve la Géorgie. Un pays frontalier de la Russie, mais aussi un refuge pour tous ceux qui, peu après l’allocution de Vladimir Poutine de mercredi matin, ont décidé de tout quitter pour éviter leur mobilisation sur le front ukrainien. 

Alors que le dirigeant russe avait initialement déclaré mercredi que “_la Russie ne mettrait en œuvre qu’une mobilisation ‘partielle’ ciblant les réservistes ayant une expérience militaire, de nombreux témoignages aux quatre coins du pays semblent indiquer que certains Russes ont commencé à être enrôlés alors qu’ils n’ont jamais servi dans l’armée_”, rapporte le journal The Moscow Times.

Rares sont ceux qui veulent témoigner devant la caméra. Et ceux qui le font n’hésitent pas à qualifier de « folles » et d' »insensées » les dernières mesures mises en place.

Mais pour franchir la frontière, il faut s’armer de patience. Les files d’attente peuvent durer plusieurs heures, comme l’atteste ce jeune Russe, arrivé hier soir: « Il y a une file d’attente d’environ 10 kilomètres. Alors, je suis venu tôt ce matin et j’ai réussi à entrer« .

Côté géorgien, certains appellent leur proches. « Aujourd’hui, j’ai parlé avec mon ami qui est à Krasnodar. Il a dit qu’il n’y avait pas d’hommes dans les rues. Il a dit que c’était étrange, qu’il n’y ait pas d’embouteillages, pas de voitures… Ils ont tous disparu » raconte un jeune Russe de Saint-Pétersbourg.

La Géorgie, première destination de ceux qui fuient Moscou

Depuis le début de l’invasion de l’Ukraine en février 2022, la Géorgie est devenue une des premières destinations pour ceux qui fuient le régime de Moscou. Depuis 2012, les Russes peuvent se rendre en Géorgie sans visa.

A l’aéroport de Tbilissi, la majorité des arrivants sont aussi de nationalité russe, ils font partie des chanceux qui ont pu embarquer les derniers vols disponibles. Lorsque Vladimir Poutine a annoncé la mobilisation partielle de la population, les prix des billets d’avions se sont envolés, atteignant les milliers de Roubles. Parmi eux, un jeune Moscovite. Il a tout quitté en moins de deux heures: « J_e vais essayer de trouver un emploi en Géorgie. Ensuite, on verra… J’irai n’importe où, mais pas en Russie. Tout ce pour quoi j’ai travaillé si dur à Moscou pendant 30 ans a été n’existe plus – mon éducation, mon travail, ma vie privée. Je suis arrivé ici les mains vides._ »

Moscou et Tbilissi ont rompu leurs relations diplomatiques en 2008, après l’invasion russe de plusieurs régions du Nord de la Géorgie. Aucun vol direct n’existe donc entre les deux pays… Mais les Russes n’hésitent pas à multiplier les escales dans des pays « neutres » envers Moscou, comme la Turquie, l’Azerbaïdjan ou l’Arménie.



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