Essonne : des fermiers bio s’installent sur un ancien site de l’aviation civile en friche

Alexandre, Audrey et Keryann vont s'installer sur un ancien site de 109 hectares qui appartenait à l'aviation civile avant d'être racheté en vue d'être protégé.
Alexandre, Audrey et Keryann vont s’installer sur un ancien site de 109 hectares qui appartenait à l’aviation civile avant d’être racheté en vue d’être protégé. (©Terre de Liens Île-de-France)

Les brebis ont fait leurs premiers pas sur le site et les cochons devraient bientôt suivre. À Chevannes (Essonne), trois fermiers bio finalisent leur installation sur un terrain de 109 hectares au lieu-dit le Bois des Folies. Laissé en fiche depuis plus de dix ans, le site était auparavant la propriété de la Direction générale de l’aviation civile (DGAC).

« L’aboutissement d’un beau projet »

Les deux exploitants, Keryann Sil et Audrey Garcia louent la parcelle à Terres de Liens, une association citoyenne qui alimentée par des dons de particuliers, achète des terrains via sa foncière dans l’objectif de faciliter l’installation et le maintien des paysans et paysannes et bio. 

L’organisme a acquis le terrain avec la Caisse des dépôts et consignations biodiversité (CDCB).

Dans le détail, la foncière Terre de Liens a acquis 74 hectares (pour 670 000 euros) qu’elle loue aux deux éleveurs. De son côté, la CDCB a acheté 35 hectares de zone humide sensible (contre 280 000 euros) en vue de les préserver.

La zone est par ailleurs située tous près du Bois des Montils, une forêt de 225 hectares acquise par le Département en 2021 en vue de la préserver de l’étalement urbain.

C’est l’aboutissement d’un très beau projet car c’est la première fois que nous parvenons à acquérir autant d’hectares en une seule fois. Dans la majorité des cas, nos acquisitions ne nous permettent pas d’y installer des éleveurs, de plus en plus rares en Île-de-France donc nous sommes très heureux.

Thierry Lemaire administrateur de Terre de Liens Île-de-France

Le terrain aurait pu devenir une aire de grand passage

Une nouvelle vie pour ce site qui était la propriété de l’État depuis les années 1960. À l’époque, la DGAC y avait installé un système de balises ainsi que des bâtiments techniques.

Parallèlement, une grande partie du site était loué à des agriculteurs voisins pour y cultiver des céréales. 

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Changement radical toutefois à la fin des années 1990 avec l’organisation sur place de courses de 4X4, notamment les 24 h de Paris. Puis plus rien à partir de 2010. 

S’il a un temps été envisagé d’y construire une aire de grand passage pour les gens du voyage ou d’y entreposer les terres inertes issus des chantiers du Grand Paris, l’État a finalement décidé de mettre en vente le site.

Les moutons d'Audrey Garcia  vont pouvoir pâturer sur le site
Les moutons d’Audrey Garcia vont pouvoir pâturer sur le site (©Tessa Green)

Un site qui intéressait  Keryann Sil depuis longtemps

Terre de Liens a alors été alerté par Keryann Sil, un éleveur de porcs en plein air à Valpuiseaux où il produit également des céréales destinés à les nourrir.

« Je n’habite pas loin de ce site qui m’intéressait depuis longtemps : il est déjà clôturé, donc le coût d’installation pour mon activité d’élevage est sensiblement réduit », explique l’agriculteur.

Toutefois, Terres de Liens n’est pas seule sur ce dossier. De nombreux acteurs publics comme privé manifestent alors leur intérêt.

Des brebis laitières vont pâturer sur le site 

Les Sociétés d’aménagement foncier et d’établissement rural (Safer) préemptent les terrains et lancent un appel à candidatures en juillet 2019 avec le double objectif de préserver les qualités environnementales et écologiques du site et d’y permettre le retour de l’agriculture.

« Si on a pu mener à bien ce projet, c’est grâce au travail effectué main dans la main avec la Safer », souligne Thierry Lemaire.

De son côté, Audrey Garcia va faire pâturer ses brebis laitières et installer sa fromagerie sur place, en association avec Alexandre qui possède lui aussi un troupeau itinérant de brebis qui pâtureront sur la parcelle acquise par la Caisse des dépôts et consignations biodiversité.

Une souscription citoyenne lancée

Les premières productions des trois exploitants sont attendues dans les mois à venir. Elles seront vendues localement via les Amap ou en vente directe. 

À noter, comme après chaque acquisition, Terre de Liens lance une souscription citoyenne pour l’aider à acquérir des terres. Tout citoyen peut participer en souscrivant des actions auprès de la Foncière Terre de Liens et bénéficier d’une réduction d’impôts.

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