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Eure. Barrage de Poses-Amfreville : un lifting à 39, 2 millions d’euros 

Roger Lahaye
Roger Lahaye est responsable des opérations sur la rénovation du barrage de Poses-Amfreville (Eure).  ©L’Impartial

Construit dans les années 1880, le barrage de Poses-Amfreville situé sur les communes de Poses et d’Amfreville-sous-les-Monts (Eure) connaît, depuis 2020, les plus grands travaux de rénovation de son histoire.

La restauration de ses équipements, prévue à l’horizon 2025, permettra de garantir sa pérennité et fiabiliser son fonctionnement.

Lors d’une visite organisée par Voies Navigables de France (VNF) et la région Normandie, le 6 septembre 2022, Dominique Ritz, directeur territorial de VNF, a fait un point d’étape avec les élus sur le chantier, à trois ans de l’échéance.

Hervé Morin, président de la Région Normandie était présent aux côtés de Pierre-André Durand, préfet de la Région Normandie, préfet de la Seine-Maritime, et de Simon Babre, préfet de l’Eure.

La pose des enrochements 

Depuis 2020, les grandes manœuvres, de dragage notamment, ont permis la pose des enrochements en aval du barrage.

« Avec les remous, l’eau vient creuser des trous pouvant atteindre une vingtaine de mètres de profondeur, qui peuvent à terme, déstabiliser l’édifice », explique Stéphanie Peigney-Couderc, directrice territoriale adjointe chez VNF. « Nous les avons donc comblés avec des blocs de calcaire ».

En parallèle, les ouvriers ont fortifié la condamnation de la première des sept passes qui composent le barrage.

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La deuxième partie des travaux

À présent, ils amorcent la deuxième partie du chantier et reconstruisent les six passes restantes, tronçon par tronçon.

Le pont roulant métallique va être remplacé dans son ensemble. Sur ce dernier, sont accrochés les « organes de manœuvre » qui permettent d’actionner les vannes du barrage. Ils seront, eux aussi remplacés un à un.

Nouveau pont métallique du barrage de Poses
Les parties du nouveau pont métallique, acheminées par barge sur la Seine et installées à l’aide d’une grue permettront de faire passer des véhicules de service. ©L’Impartial

Dans chacune des passes, une fois l’étape d’installation du pont réalisée, les équipes lissent le radier (dalle du fond), avec des injections de béton. Passe après passe, ils réitèreront l’entièreté de la manœuvre. 

Fin septembre, la rénovation de la troisième passe doit être terminée.

La passerelle piétonne ouverte au public ne fait, elle, pas l’objet de travaux. 

À première vue, les nouveaux équipements ressemblent aux anciens, à la différence que « les matériaux utilisés sont à la pointe », confie Roger Lahaye, en charge des opérations. Le responsable du projet a déjà supervisé d’autres chantiers de ce type, tels que la rénovation des écluses de Bougival et la restauration des digues de Rouen et Andrésy (Yvelines). 

Un chantier de 39,2 millions d’euros

Les travaux qui s’élèvent à une somme de 39,2 millions d’euros sont cofinancés à 27 % par la Région Normandie et à 33 % par VNF, affilié à l’État. Les 40 % restants sont à la charge de l’Union européenne

Une somme colossale et un chantier d’envergure pour remettre en état le premier barrage de navigation depuis l’estuaire de la Seine soumis à l’influence des marées.

En effet, jusqu’à 8 mètres de différence peuvent être constatés lors de gros coefficients.

D’une longueur de 210 mètres, il est le plus large édifice de ce type sur la Seine.

À sa taille, s’ajoutent deux écluses de 147 et 180 mètres de longueur, le tout reliant les deux berges écartées de 300 mètres.

Le barrage dispose d’une centrale hydroélectrique sur la rive gauche ainsi que deux passes à poissons qui laissent passer les saumons, anguilles et les aloses.

travaux barrage Poses
Les travaux du barrage de Poses (Eure) sont évalués à 39,2 millions d’euros, financés conjointement par la Région Normandie, VNF, et l’Union européenne.  ©L’Impartial

8 000 bateaux par an

8 000 bateaux par an transitent par les écluses du barrage de Poses-Amfreville : des navires de croisière, des plaisanciers, mais aussi des porte-conteneurs, qui acheminent l’équivalent de 6 millions de tonnes de marchandises.

Lorsqu’un cargo de ce type pénètre dans la grande écluse, la capacité maximale du convoi est de 4 500 tonnes, ce qui représente près de 200 camions. Parfois chargés de céréales, de matériaux, de construction, ou d’objets de toutes sortes conditionnés en conteneurs, les bateaux amarrent généralement à Bonneuil-sur-Marne (Val-de-Marne) en amont de Paris, ou Gennevilliers (Hauts-de-Seine), en aval et déchargent leur cargaison.

De la tour de contrôle, les éclusiers guettent les arrivées. Ils choisissent l’écluse choisir en fonction de plusieurs critères, de manière à fluidifier au maximum le trafic. 
De la tour de contrôle, les éclusiers guettent les arrivées des bateaux, en sélectionnant l’écluse de droite ou de gauche, de manière à fluidifier au maximum le trafic.  ©L’Impartial

Une alternative à la route

La force du transport fluvial réside dans les charges transportées. Les immenses quantités déplacées par un seul transporteur permettent d’économiser le CO2 et l’énergie.

« En comparaison, le transport fluvial permet d’économiser 4 à 5 fois moins d’émissions de CO2 et d’énergie, par tonnes transportées qu’un camion »

Vianney Boeuf, chef d’unité territoriale à VNF

Autrement dit, la même tonne transportée par camion aura en proportion un impact bien plus élevé que le bateau qui navigue sur la Seine.

À l’heure de la sobriété énergétique, ce constat résonne davantage. « Le fluvial apporte une réponse à la nécessité d’une décarbonation du secteur des transports », lançait Dominique Ritz au milieu de son discours de présentation. 

10 % du trafic national

L’axe Seine représente un peu plus de 40 % du trafic fluvial français. Le fleuve redevient un « haut lieu stratégique du développement industriel de la France », d’après les mots d’Hervé Morin.

Le site d’Amfreville-sous-les-Monts voit, quant à lui, passer un peu moins de 10 % du trafic national, une grande majorité des bateaux s’arrêtant entre le port du Havre et Rouen. Au total, 22 barrages segmentent la Seine de Poses à Conflans-sur-Seine (Marne). 

Un fleuve résilient 

« Ces barrages maintiennent un niveau d’eau suffisant pour permettre la navigation fluviale sur la Seine, et ce, même durant les périodes de sécheresse que nous avons connues récemment »

Stéphanie Peigney-Couder, directrice territoriale adjointe à VNF

Contrairement à d’autres fleuves, la Seine n’a pas été affectée par des restrictions de navigation cet été.

Les lacs qui sont en amont de la Seine, de l’Yonne et de la Marne stockent de l’eau en hiver au moment des crues et la relâchent en été, lorsque le niveau d’eau vient à baisser. « Jusqu’à il y a peu, deux tiers de l’eau qui passe dans la Seine venait de ces lacs », informe la directrice territoriale adjointe de VNF. « La Seine est aménagée, le trafic y est conséquent, mais c’est ce qui fait sa force et sa résilience à une sécheresse par exemple », assure Stéphanie Peigney-Couderc. 

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