FAIT DU JOUR Françoise Laurent-Perrigot : « Je ne suis pas la cheffe de tout, ni de tout le monde ! »

Françoise Laurent-Perrigot, présidente du Département du Gard Photo : AS/Objectif Gard

Élue depuis un an à la tête du Conseil départemental, Françoise Laurent-Perrigot fait sa rentrée. Un entretien dans lequel la socialiste dévoile ses priorités ainsi que sa manière d’exercer le pouvoir. Interview. 

Objectif Gard : Beaucoup de collectivités souffrent de la hausse de l’électricité, ainsi que de celle du point d’indice des fonctionnaires. Comment se portent les finances du Conseil départemental ? 

Françoise Laurent-Perrigot : Ça pose des problèmes à tout le monde, même aux habitants. Au Département, une enveloppe complémentaire de 195 000 € a été débloquée pour les collèges. Nous voterons certainement un nouveau complètement. Cette année, nous avons bénéficié d’une hausse des recettes sur la taxe des DMTO (droits de mutation à titre onéreux). Je pense néanmoins que cette ère est terminée et qu’il va falloir faire attention. 

Pourquoi ? Avez-vous constaté moins d’achat immobilier dans le département ? 

La période Covid durant laquelle beaucoup de gens sont venus s’installer chez nous est, à mon sens, terminée. Nous ne sommes pas à l’abri que l’État baisse ses aides. Alors oui, nous avons une bonne santé financière, mais il faut prévoir et ne pas engager l’avenir. En décembre, nous débattrons des orientations du budget et nous voterons l’exercice en janvier. 

En 2022, vous avez inscrit près de 40 millions d’euros en dépenses imprévues. C’est une façon de planquer de l’argent pour ne pas le dépenser ? 

(Rires) C’est un peu ça… En fait, c’est une bonne tactique. Il est toujours plus difficile de récupérer des crédits inscrits dans les budgets de fonctionnement. Quant à la question de savoir si on aurait pu investir ces sommes sur le territoire, nous avions déjà mis les crédits nécessaires. Toutes les demandes sont satisfaites, il n’y en a pas de complémentaires. 

2023 : les priorités du Département

Quelles sont les priorités du budget 2023 ? 

Les maisons du Département pour la proximité des administrés avec la collectivité. En 2023, nous lancerons celles de Bagnols, d’Alès et du Vigan où nous avons le château d’Assas. L’idée n’est pas de construire un bâtiment, mais de faire avec l’existant. Nous formerons nos agents qui conseilleront les usagers sur des compétences de la collectivité, bien évidemment. 

Françoise Laurent-Perrigot, présidente du Département du Gard Photo : AS/Objectif Gard

En parlant d’immobilier, comptez-vous déménager de vos locaux où se trouve aussi la préfecture ? 

C’est vrai qu’ici (rue Guillemette, NDLR), c’est assez mal isolé ! Vous savez, ça fait longtemps que l’État veut récupérer nos locaux. J’ai fait faire un panorama des propriétés de notre collectivité. Nous avons quelques bâtiments à Nîmes. Nous allons essayer de voir et d’y travailler… En tous cas, moi je veux préserver notre patrimoine immobilier. Pas question de vendre, ni de construire un nouveau bâtiment administratif, dans la mesure où nous avons de l’existant.

Quelles sont vos autres priorités ? 

Il y a toujours le projet de réhabilitation du centre sportif de Méjannes-le-Clap. Le premier coup de pioche pourrait avoir lieu avant la fin de l’année. Ce centre doit être opérationnel en 2024 pour les Jeux Olympiques puisque nous serons centre de préparation dans plusieurs disciplines : Basket 3/3, breakdance, cyclisme sur route et paralympique. Nous recevrons des sportifs de haut niveau dans des conditions dignes avec des terrains de basket et des espaces pour le BMX. Le but final du projet étant d’en faire une vitrine touristique et positive avec le vélo comme pôle central. 

Le Conseil départemental des jeunes lancé en novembre

Où en êtes-vous de la mise en place du Conseil départemental des jeunes ? 

Le Conseil départemental des jeunes sera mis en place à partir de la Toussaint. L’idée est de faire connaître le rôle des élus départementaux et la gestion d’une collectivité. On a également prévu de leur allouer un petit budget… Il faudra leur montrer que les élus jouent un rôle important !

Vous êtes présidente depuis bientôt deux ans et on entend toujours parler des mêmes projets… 

D’abord, je suis présidente depuis un an, l’intérim ça ne comptait pas… Ensuite, vous connaissez les contraintes des grands projets, il ne faut pas se tromper et l’administration a ses règles. Comme autre projet, je peux aussi citer la création de l’agence de l’habitat qui sera opérationnelle en janvier 2023 ou le parc public Meynier-de-Salinelles, ouvert à la population avec des animations à l’intérieur comme, pourquoi pas, un potager…

Vous avez lancé plusieurs grands schémas comme les solidarités ou le tourisme. Qu’en est-il ressorti de concret ? 

Le schéma des solidarités sera voté le 18 novembre. Il y a eu une très bonne concertation sur le terrain. Moi, ce qui m’a touchée à titre personnel, ce sont les jeunes de 18 à 25 ans qui sont un peu les grands oubliés. Il y a des familles qui peuvent supporter et d’autres qui ne le peuvent malheureusement pas… Ce n’est pas normal, il nous faut trouver le moyen de les aider.

Comment ? 

En leur donnant quelque chose… C’est encore en réflexion.

Quel avenir pour le tourisme gardois ?

Concernant le schéma sur le tourisme, qu’en est-il ? 

Il faut que l’on se complète avec Gard Tourisme qui doit porter le tourisme dans le département. Nous voulons développer le tourisme de proximité : aujourd’hui les gens n’ont pas forcément les moyens d’aller loin. On veut leur prouver que l’on peut se dépayser en restant dans le département du Gard.

En parlant de tourisme, un mot du Pont du Gard. Il y a quelques années, le Département, alors en difficultés financières, réduisait sa participation. Aujourd’hui ça va mieux. N’y-a-t-il pas quelque chose à faire autour de concerts ou spectacles qui pourraient avoir un rayonnement national ? 

Ce n’est pas moi qui décide… Il y a un président (Patrick Malavieille, NDLR) C’est à lui de mettre en place ce genre de choses. Je ne suis pas la cheffe de tout, ni de tout le monde !

Nouvelle convention avec les pompiers

Un mot sur les pompiers du Gard. L’été a été marqué par une saison feux de forêt particulièrement violente (1 700 feux ravageant 2 000 hectares de surface). Quel regard portez-vous sur cet été 2022 ? 

Il a été dramatique pour nous. On a limité les dégâts grâce à nos pompiers. Il faut le dire haut et fort ! Il faut dire aussi que l’on s’est substitué à l’État en se dotant de deux hélicoptères bombardiers d’eau pour attaquer les feux naissants. 

Le Département a accepté de financer 49 postes de pompiers professionnels supplémentaires d’ici 2028. Y aura-t-il de nouvelles casernes ? 

Une caserne probablement à Bagard et deux autres en discussion à Quissac et au Vigan. Nous allons voter une nouvelle convention. Jusqu’alors nous contribuons à hauteur de 48,5 M€ en fonctionnement et 5 M€ en investissement. En tous cas aujourd’hui une chose est sûre : l’État doit mettre la main à la poche et nous aider !

Propos recueillis par Abdel Samari et Coralie Mollaret 



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