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FAIT DU JOUR Jérôme Arpinon : « Si Blaquart avait pu rester, il aurait pu m’épauler et me conseiller »

Bernard Blaquart et Jérôme Arpinon (Photo Anthony Maurin)

Il a quitté le Nîmes Olympique voilà bientôt un an. Après une première partie de saison compliquée, des résultats loin d’être en phase avec les attentes de tout un public amoureux du foot et des Crocos. Débarqué par Rani Assaf, il a accusé le coup. Après plusieurs mois dans l’ombre, l’ancien entraîneur du NO, Jérôme Arpinon, a décidé de s’exprimer dans les colonnes de notre journal. Pour dire sa vérité. Et imaginer la suite de sa jeune carrière d’entraîneur. 

Objectif Gard : Vous n’êtes plus entraîneur du Nîmes Olympique depuis huit mois. Que devenez-vous ?

Jérôme Arpinon : Je ne me sentais pas de repartir au mois de juin tout de suite. J’ai refusé deux offres. Je ne me sentais pas de repartir dans un club où j’allais encore devoir lutter. J’ai pris un peu de temps pour moi, pour ma famille. Maintenant, je suis d’attaque pour repartir sur un nouveau projet. J’ai mes agents qui prospectent un petit peu. En Ligue 1, en Ligue 2 et même à l’étranger.

Avez-vous eu du mal à digérer votre départ ? 

Ça a été compliqué pendant une période. Il y a eu le contrecoup qui est arrivé un petit peu après. J’ai essayé de ne pas cracher sur mon club. Je ne cracherai jamais dans la main qui m’a donné à manger. C’est un club que j’aime. Je ne me voyais pas parler aux journalistes et critiquer le club sur quoi que ce soit. Je préférais rester un petit peu dans le silence, laisser le N.O tranquille pour voir s’il pouvait se maintenir. Mais ça m’a affecté pendant une longue période.

Comment qualifiez-vous vos neuf mois en tant qu’entraîneur principal au Nîmes Olympique ? 

C’était une bonne expérience. Mais, en Ligue, 1 si tu n’as pas les moyens, c’est compliqué de te maintenir. Au niveau de l’effectif, mais pas uniquement. Même si c’est sûr qu’en termes de joueurs il nous aurait peut-être fallu moins de quantité et plus de qualité.

Avez-vous des regrets sur votre gestion de la saison ? 

On en a toujours un petit peu… Certaines choses que j’aurais dû faire et que je n’ai pas fait. Des matches qu’il aurait fallu aborder autrement. On ne pourra pas revenir en arrière, aujourd’hui ça me servira un peu d’expérience. C’est tant mieux pour la suite. J’aurais pu déléguer un peu plus, c’est vrai. Je voulais un peu tout contrôler. Mais quand j’ai voulu prendre un membre en plus dans mon staff en début de saison, ça m’a été refusé. J’aurais aimé avoir quelqu’un que je connaissais bien, qui avait un peu plus d’expérience, comme Bernard (Blaquart, ndlr). Il aurait pu rester avec nous. Ça a été un choix du club de ne pas le garder. C’est vrai que s’il était resté en tant que coordinateur sportif, il aurait pu continuer à m’épauler, à me donner des conseils. Ça aurait été un plus pour le club.

« Le club a été incapable de faire partir les joueurs »

Malgré la mauvaise expérience, gardez-vous des souvenirs positifs de votre passage comme entraîneur principal ?

Oui, moi ce que je retiens c’est tous les gens qui m’ont soutenu dans les périodes difficiles. C’est quand même  bien d’avoir eu une expérience, même comme ça. J’ai quand même eu quelques résultats. Je suis content d’avoir gagné le derby à Montpellier (0-1). La première victoire contre Brest (4-0) aussi, c’était assez plaisant.

Pensez-vous avoir été lâché par vos joueurs ? 

Ça a été tout un contexte. Quand tu as 32 joueurs à l’entraînement et que tu en mets 10 sur la touche tous les week-end, parmi eux, certains ne te portent pas dans le coeur. J’aurais voulu réduire le groupe mais à l’époque ça n’a pas pu se faire parce que le club était incapable de faire partir les joueurs. Moi je voulais rester à 22 joueurs comme l’année où l’on s’est maintenus. Là, avec le nombre de joueurs à l’entraînement, il y avait trop de mécontents. Ce qui m’a gêné c’est d’avoir été viré après le match contre le PSG. Je ne vois pas beaucoup d’entraîneurs qui les ont battus l’année dernière. On commençait à redresser la barre. Je commençais à reprendre un petit peu la main. J’aurais aimé affronter Dijon et continuer un peu plus l’aventure. Mais bon, le président en a décidé autrement.

Comment avez-vous vécu la défiance des supporters ? Est-ce encore plus dur quand on est un local ?

Il faut comprendre qu’à Nîmes, ce sont des passionnés. Il faut bien s’en prendre à quelqu’un. Ça m’a touché parce que c’est le club que j’aime, les supporters que j’aime. Quand tu vois que certains se retournent contre toi et que tu ne leur as jamais fait de mal, tu n’as jamais parlé mal de personne, tu les as toujours défendus… Qu’on critique l’entraîneur ou ses choix, c’est légitime. Mais qu’on critique l’homme, quand les gens ne me connaissent pas, ça me gêne un peu plus. Oui ça m’a touché, mais ça a surtout touché mes proches : ma femme, mon fils, mon père. Moi je n’ai pas de réseaux sociaux donc ça ne pouvait pas trop m’affecter. Après, à ce niveau-là, tu sais que tu es exposé. Il faut tout accepter.

Avec le recul, pensez-vous que vous étiez prêt à être entraîneur principal ?

Je pense que si on avait eu des moyens supplémentaires, ça ne se serait pas passé comme ça.

« Le club a perdu un peu de son âme »

L’arrivée de Pascal Plancque en janvier était-il perçu pour vous comme un signe de soutien ou au contraire de défiance de la part du club ?

On fait venir un entraineur adjoint diplômé, c’était un signe qu’ils cherchaient une porte de sortie. J’ai accepté ça parce que je me suis dit que ça pouvait aider l’équipe. J’avais proposé deux ou trois profils. On me les a refusé. La semaine, à l’entraînement, c’était différent. Il y avait des joueurs qui tiraient un peu au flanc, ils attendaient le déclic. Certains joueurs qui ne jouaient pas attendaient à un moment donné qu’il y ait du changement pour pouvoir jouer. Mais ça n’a pas changé grand chose.

Bernard Blaquart, Laurent Boissier, vous : une page s’est tournée au Nîmes Olympique…

Ce qui est dommage, c’est qu’on voit que le club commence un peu à se déstructurer. On voit que tout le monde est focalisé sur ce projet de nouveau stade. C’est bien, mais dans le même temps, une partie de nos meilleurs jeunes sont partis dans les quatre coins de la France. Ça nous fait mal parce que se sont ces jeunes qui ont permis à Nîmes d’être en Ligue 1.

Avez-vous été surpris du choix de Rani Assaf de renoncer à l’agrément du centre de formation ?

Quand tu veux faire un peu d’argent, ce sont souvent les joueurs que tu as formé au club que tu vends et qui vont te faire gagner de l’argent. S’ils ont une formule de trading c’est bien et ce n’est pas bien à la fois. Je pense que la formation de joueurs locaux, c’est important. Le club a perdu un peu son âme ces derniers temps.

Que pensez-vous du début de saison des Crocos en Ligue 2 ?

Ils ont fait un début de saison assez correct. Maintenant ils commencent à rentrer un petit peu dans le dur, les équipes commencent à les connaître… Ce que je vois c’est qu’il y a des équipes qui sont mieux structurées qu’eux. C’est pratiquement la même équipe que l’on avait l’année dernière, si on enlève Meling et Ripart. Tu as toujours Koné, Ferhat, Fomba, Cubas… L’année dernière, on a essayé de se maintenir avec cette équipe-là. Aujourd’hui, en Ligue 2 on constate qu’ils sont dixièmes. Peut-être que le niveau il est là.

Propos recueillis par Corentin Corger





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