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FAIT DU SOIR Benjamin Bonzi : « J’ai fini la saison sur les rotules »

La victoire au Challenger de Rennes est l’un des temps forts de la saison du tennisman gardois. (Photo Rémy Chautard).

Passé de la 164e à la 63e place mondial en un an, le tennisman gardois Benjamin Bonzi a vécu une saison riche en performances. Avec 50 victoires pour 22 défaites sur le circuit ATP, cet Anduzien né à Nîmes affiche un taux de succès exceptionnel de 72%. Extrêmement régulier en Challenger, mais peu en réussite au niveau supérieur, Benjamin Bonzi espère franchir le cap en 2022. D’ici là, il dresse pour Objectif Gard le bilan de son dernier exercice. 

Objectif Gard : Votre saison 2021 a-t-elle dépassé toutes vos espérances ? 

Benjamin Bonzi : Il y a des choses que j’aurais aimé faire un petit mieux, mais je suis globalement très content de ma saison. Quand je vois ce que j’ai réussi sur mes neuf premiers mois, ça efface complètement mes deux derniers plus difficiles. Je n’avais pas forcément imaginé progresser autant au classement. J’ai réussi à être très constant sur les tournois Challengers pour remporter six titres. Je ne pensais pas pouvoir en gagner autant. J’y suis parvenu grâce à la confiance accumulée au fil des matches qui m’a permis de maintenir un niveau moyen suffisamment élevé.

Vous avez notamment vécu une incroyable série de 15 victoires consécutives et trois titres en Challenger entre le 31 août et le 19 septembre. On a l’habitude de voir les joueurs accuser le coup physiquement après un ou deux bons tournois. Comment êtes-vous parvenu à réussir cet enchaînement ? 

C’est vrai que c’était assez surprenant. J’étais entré dans le top 100 début août et j’ai un peu manqué ma tournée américaine. Aux qualifications de l’US Open, je me fais éliminer au second tour par Kovacevic (6/3 6/4). Sur le papier, ça pouvait ressembler à une contre-performance car il était classé au-delà de la 300e place mondiale. Mais ce jour-là, je ne suis pas passé à côté, c’est juste qu’il a fait un très gros match. De retour en France, j’ai réussi à gagner un premier tournoi à Saint-Tropez. Je pensais que la fatigue allait arriver, mais j’arrive à survivre lors des deux premiers tours et je retrouve de l’énergie à partir des quarts de finale. C’est toujours plus simple d’aborder les matches quand les victoires s’enchaînent. Mon troisième titre consécutif à Rennes était vraiment un moment fort de ma saison avec deux grosses victoires contre Arthur Rinderknech (6/7 7/6 6/1) puis Mats Moraing (7/6 7/6). L’ambiance était particulière avec beaucoup de public toute la semaine. C’était génial.

Comment expliquez-vous votre fin d’année plus décevante avec une seule victoire sur vos sept derniers matches ? 

J’ai fait une intoxication alimentaire juste avant de partir au Kazakstan. J’ai été malade comme un chien pendant quatre jours et j’ai perdu trois kilos. Après le très lourd enchaînement que j’ai vécu, cela m’a pas mal affaibli. J’ai fini la saison sur les rotules. Et puis, je me suis aligné sur des Grands Prix (ATP 250, ATP 500, Master 1 000, ndlr). C’est un niveau supérieur où je dois encore prendre de l’expérience.

Franchir le cap sur ces Grands Prix sera-t-il votre objectif l’an prochain ? 

Je pense que je vais alterner entre participations en Challenger et en Grand Prix. Ce qui est certain, c’est qu’il faut en jouer beaucoup pour progresser. J’ai connu des défaites très serrées contre David Goffin (4/6 6/4 7/5) ou Karen Kachanov (6/1 4/6 7/6). J’aimerais transformer ces matches accrochés en victoires.

Vous êtes-vous fixé un objectif de classement pour 2022 ? 

Non, pas vraiment. J’ai pas mal de points à défendre en début de saison. Si j’arrive à me stabiliser à ce moment-là, j’aurai un coup à jouer pendant la période dédiée à la terre battue. Même si je vise le plus haut possible, le classement n’est pas une obsession. Je veux surtout progresser. Il y a tellement de choses à faire ! En premier lieu, être plus régulier au service. J’étais moins efficace dans ce secteur en fin d’année. J’aimerais aussi être mettre plus d’intention sur les premières frappes des points.

Vous êtes aujourd’hui aux portes d’une sélection en Coupe Davis. Représenter un jour l’équipe de France est-il un rêve pour vous ? 

C’est quelque chose qui me fait envie, bien sûr. Peu de joueurs ont cette chance, c’est quelque chose à part. Si on fait appel à moi, ce sera avec grand plaisir. Maintenant, je ne pense pas que me focaliser là-dessus soit une bonne chose à faire. Je veux rester focus sur mon jeu.

Propos recueillis par Boris Boutet





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