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FAIT DU SOIR Le Tour des Cévennes accueillantes et solidaires part ce samedi du marché de Saint-Jean-du-Gard

Au Vigan, lors d’une remise des cartes de parrainage républicains (photo DR)

Huit collectifs d’aide aux migrants – dont six du Gard – ouvrent ce samedi 2 juillet une semaine d’itinérance dans les Cévennes, entre Saint-Jean-du-Gard et Mandagout, à pied, à vélo ou en train (voir ici). Leur but : mettre en avant ce qu’il y a de positif dans leur expérience, à travers des situations vécues, les témoignages de bénévoles et l’envie de partager. 

Dix étapes en huit jours, autant de villages investis via leur collectif dans l’assistance aux personnes étrangères, souvent réfugiées, qui débarquent dans notre région. L’inter-collectif Cévennes Méditerranée (*) a décidé de faire parler de lui et d’immigration, loin des clichés qui marquèrent la campagne pour l’élection présidentielle, mais au plus près de réel, pour évoquer les réussites de l’accueil.

« Notre collectif a commencé en 2016, avec le démantèlement de Calais, rembobine Brigitte Gouba, du collectif viganais. Contrairement à beaucoup d’autres, la municipalité viganaise avait pris les devants pour recevoir des familles syriennes. » Six mois après s’être signalée, la mairie n’a rien vu venir. « Puis, le Gouvernement nous a dit qu’ils viendraient de Calais. » Une provenance qui a entraîné « une réaction assez vive de la population qui craignait la jungle, se souvient Brigitte Gouba. La municipalité s’est un peu retirée et elle nous a laissé la place. » Le centre d’accueil et d’orientation (CAO) est alors à Alès. « Vingt places étaient réservées pour nous, Le Vigan, mais on s’est vite aperçu qu’il n’y avait pas que la prise en charge des migrants à faire, il y avait d’autres luttes à mener. »

« Mettre en avant que l’accueil, ça marche ! »

« Les états généraux de l’immigration ont eu lieu dans les années 2018-2019, se souvient de son côté Théo, du collectif Solidarité migrants de Lasalle. C’était un regroupement façon cahier de doléances avec, notamment, l’Association nationale des villes et territoires accueillants, dont Le Vigan faisait partie et figure de Petit Poucet, à côté de Paris ou Montpellier. »

« On s’est tous aperçus qu’on avait les mêmes problématiques », renchérit Brigitte Gouba. « C’était le constat de problèmes communs et que les préfectures ne réagissaient pas pareil », renchérit Théo. « On a mis trois axes de réflexion en place : que chaque migrant ait un référent ; que nous, volontaires, soyons intégrés dans la cité ; et une réflexion sur les aberrations de la politique migratoire », dixit Brigitte Gouba. Selon ce cahier des charges, le collectif viganais a réalisé des parrainages républicains, en mairie, avec près de 200 personnes.  Les collectifs obtiennent une subvention de la Fondation de France pour aider à l’enseignement du français. « Ce fut un début d’unité entre nous », souligne Théo.

« Le fond d’accueil et de générosité n’a pas de couleur politique »

L’inter-collectif est créé. « Et puis, fin décembre, quelqu’un a proposé de mettre en avant que l’accueil, ça marche !, se souvient Théo. Pourquoi ne pas mettre ça en valeur dans les communes participantes ? On espérait inclure aussi les employeurs de migrants mais, sur les huit arrivés à Lasalle par exemple, cinq travaillent désormais à Montbéliard, chez des sous-traitants de Peugeot. »

Aujourd’hui, une centaine d’immigrés/réfugiés vivraient sur le territoire que va arpenter le Tour des Cévennes accueillantes et solidaires. « L’accueil est partout en Cévennes, certains le font sans le dire, constate Brigitte Gouba. Mettre un focus là-dessus, je trouvais ça intéressant. » « Le fond d’accueil et de générosité n’a pas de couleur politique, renchérit Théo. Il transcende ce genre de choses. C’est l’aspect, totalement positif, qu’on veut mettre en avant dans le cadre de ce tour. Et, se « visibiliser », c’est, éventuellement, trouver de nouvelles compétences. »

Le tour commence donc, ce samedi 2 juillet à 10 heures, du marché de producteurs de Saint-Jean-du-Gard. Dans l’après-midi, l’inter-collectif profitera des Rencontres d’été Abraham Mazel pour se rendre dans le hameau de Falguières, pour une petite conférence, un repas et un concert du trio Alliance Atinati. Le lendemain, départ de la gare de Saint-Jean, direction Anduze, en train à vapeur des Cévennes.

« Une façon de faire le lien avec l’époque où les voies de chemin de fer étaient construites par des migrants qui suivaient le boulot. Et puis, c’est aussi parce que 30% des interpellations se font dans les trains », relate Théo. Après Anduze, dimanche 3 juillet, le tour se poursuivra, à pied, par Monoblet, puis le marché de Saint-Hippolyte-du-Fort, mardi. Les participants enfourcheront ensuite les vélos direction Saint -Bauzille-de-Putois, Laroque le lendemain et Ganges le surlendemain, pour le marché du vendredi. Sumène, Pont d’Hérault et Le Rey verront passer les collectifs qui se trouveront, samedi 9 juillet, sur le marché du Vigan le matin, et prendront le chemin de Mandagout dans l’après-midi. Une promenade majestueuse pour une cause généreuse. « En général, chaque année, on se fait un pique-nique. Cette fois, on va se voir presque une semaine », se réjouit à l’avance Brigitte Gouba.

François Desmeures

francois.desmeures@objectifgard.com

* L’inter-collectif regroupe les collectifs Cévennes sans frontières de Saint-Jean-du-Gard, Collectif de solidarité migrants de Lasalle, le Langage des papillons d’Anduze, le Collectif solidarité réfugiés cigalois de Saint-Hippolyte-du-Fort, l’Accueil solidarité Cévennes de Saint-Bauzille-de-Putois, Ganges solidarités, Pays viganais terre d’accueil au Vigan et Bienvenue à Mandagout.





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