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FAIT DU SOIR Précarité hygiénique : la ville de Nîmes renouvelle sa grande collecte

Alexandre Salles, David Tebib, Dolores Orlay-Moureau et Jean-Jacques Mollie

Pour venir en aide aux 10 000 Nîmoises en situation de précarité hygiénique, la ville de Nîmes relance à partir d’aujourd’hui sa grande collecte de produits d’hygiène jusqu’au 31 octobre. Au-delà de la municipalité, clubs sportifs, associations et entreprises participent pour la bonne cause.

« Je suis ravie que mes collègues hommes soient venus en force », se réjouit Dolores Orlay-Moureau, le sourire aux lèvres, en s’adressant à Nicolas Rainville, Halim Belhaj et Richard Schieven en préambule de cette conférence de presse. Dans une salle des mariages bien remplie, l’adjointe à la ville de Nîmes déléguée à la Santé est heureuse de pouvoir lancer cette deuxième campagne, ce mardi matin, de collecte de produits de première nécessité en faveur des femmes en situation de précarité hygiénique. Elles seraient près de 500 millions dans le monde, trois millions en France dont une adolescente sur 10 et 10 000 à Nîmes.

« Je suis touchée que vous soyez là. L’année dernière quand j’ai lancé cette opération, je me souviens des regards circonspects qui m’était adressés car on évoquait un sujet encore tabou », rappelle Dolores Orlay-Moureau alors qu’en 2021, 2 300 kits d’hygiène ont pu être distribués. La Ville veut faire plus cette année et a mobilisé différents acteurs. En premier lieu, les associations à travers l’émergence du collectif Cansas (Collectif d’associations nîmoises de solidarité et d’accès aux soins) qui offre une aide indispensable et apporte son soutien logistique pour la distribution et dont le président est Jean-Jacques Mollie, également vice-président de la Croix-Rouge du Gard. Ce collectif rassemble sept associations : Secours populaire, Croix-Rouge française, Secours catholique, Humanimes, Les Jardins solidaires, les associations du Réseau Anais et l’Association protestante d’assistance.

Une collecte de 42 jours

Un soutien permanent d’autant plus important en ces temps d’inflation et de crise énergétique où certains produits d’hygiène ont aussi augmenté. Leur coût par an pour une femme est estimée entre 2 500 € et 3 000 €. Après « Agissons ! », cette année le slogan est : « Continuons d’agir ». « Il faut que les femmes disposent de suffisamment de moyens pour avoir une protection hygiénique. Les menstruations sont un moment particulier dans la vie d’une femme. Ce n’est pas acceptable, il convient d’agir », poursuit l’élue nîmoise. Alors après deux semaines l’année passée et 12 650 € de dons récoltés en plus de la collecte, la Municipalité a souhaité passer à 42 jours. Démarrée ce mardi, elle va durer jusqu’au 31 octobre. Serviette hygiénique, savon, gel douche, shampooing, crème corporelle, rasoirs, brosse à dents, dentifrice : tels sont les produits recherchés.

L’élue nîmoise a reçu le maillot du RCN conçu l’année dernière spécialement pour l’opération (Photo Corentin Corger)

Pour inciter le maximum de personnes à donner, la Ville s’est à nouveau tournée vers les clubs sportifs et leurs événements qui rassemblent des milliers de spectateurs. « Quand on regarde les chiffres, ils sont effrayants. C’était évident pour nous de nous engager de façon énergique », confie David Tebib, président de l’USAM. Le club de hand organisera une collecte le 30 septembre au Parnasse lors de la réception de Chambéry où 3 000 supporters et donneurs potentiels sont attendus. Les partenaires aussi ont été mobilisés et les 200 jeunes filles licenciées seront sensibilisées sur cette question pour libérer la parole.

« Symboliquement c’est extraordinaire »

Au Rugby Club Nîmois, aussi on a décidé de jouer le jeu. Un jeu de maillot spécial aux couleurs de cette opération avait été réalisé spécialement l’année dernière. La vente aux enchères de ses 22 tuniques avait permis de récolter 8 000 €. Le RCN renouvelle cette action et ajoute cette année une collecte. Elle aura lieu le 22 octobre contre Beaune. « Le rugby est un sport de solidarité. C’est bien de le dire, c’est mieux de le montrer », a déclaré Alexandre Salles, responsable administratif du club. Avec cette dynamique, d’autres collectivités suivent le mouvement en devenant point de collecte à l’image de la Région Occitanie ou encore Nîmes métropole mais aussi des centres commerciaux et des entreprises comme Anissa Pâtisserie.

Chacun compte apporter sa pierre à l’édifice, les esthéticiennes rassemblées sous l’égide de la Cnams (Confédération nationale de l’artisanat des métiers et des services) organisent une zumba party le 1er octobre. Outre le don des produits, les dons financiers sont évidemment les bienvenus et permettent d’acheter les produits qui sont peu donnés car plus chers comme les serviettes hygiéniques et les rasoirs féminins. La municipalité met en place de nombreux points de collecte dont l’hôtel de ville pour la première fois. « Symboliquement, c’est extraordinaire », conclut Dolorès Orlay-Moureau.

Corentin Corger

 Dates et lieux de collecte :

Carrefour Route d’Arles – 6 octobre ; Monoprix, Gustave Courbet – 20 octobre ; LiDL – Ville Active ; Vivadom ; stand Coupole des Halles (14 octobre) ; Appel Médical ; La Macif (Journée du bien-être du 21 Octobre) ; BRL ; La Région ; CNAIB ; Coupole des Halles ; Association Gard à Elles ; Phytocontrol ; Nîmes Métropole ; Anissa Pâtisserie ; CNAMS 30 ; Société OCEAN ; Gérald Taxi ; Giraudet Point de vue ; BSE Energie ; Pharmacies VAL SANTE ; Design Carrelage. Ville de Nîmes : Hôtel de Ville, Maison des associations,  Centre Pablo Neruda, Services techniques Avenue Bompart, Mairies annexes, CCAS, Service de santé, Bâtiment Ville  – 15 rue Dorée.



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