Football. Jeune maman, Margaux Huaumé ouvre un nouveau chapitre de sa vie au SM Caen

Margaux Huaumé a joué au Havre ces trois dernières saisons, connaissant la joie d'une montée en D1 et la vie d'une joueuse professionnelle.
Margaux Huaumé a joué au Havre ces trois dernières saisons, connaissant la joie d’une montée en D1 et la vie d’une joueuse professionnelle. (©cyrilobjectif.com)

« Dans mon malheur, le Covid long m’a apporté du bonheur. » En bonne communicante – titulaire d’un Master 2, elle espère décrocher prochainement un poste de community manager – Margaux Huaumé a le sens de la formule. La joueuse du Stade Malherbe Caen, dont l’arrivée a été annoncée officiellement en début de semaine, a souffert de problèmes cardiaques pendant de longs mois après avoir contracté le Covid. Sa première saison en D1, l’an passé, s’est limitée à sept petits matchs.

Incapable de rejouer après sa sixième et dernière titularisation le 21 novembre 2020 à Montpellier, Margaux Huaumé a mis à profit cet arrêt forcé pour initier un tout autre projet. Le 5 janvier 2022, la milieu de terrain et son compagnon Simon Heudron, lui aussi footballeur, ont accueilli un petit Jules. Un mois et demi plus tard, Margaux Huaumé est « comme un lion en cage ». En avance sur ses temps de passage, elle espère retrouver les terrains et les copines au plus vite. 

Sport à Caen : Margaux, signer à Malherbe après avoir donné naissance à ton premier enfant, était-ce le projet que tu avais imaginé ?

Margaux Huaumé : Je savais dès le départ que j’allais quitter Le Havre à l’issue de la saison dernière. Je voulais faire un an en D1 et arrêter après. J’avais déjà en tête d’intégrer Malherbe. Passer de D2 à R2 (avant les montées du HAC et du SMC, ndlr), je pense que je n’en aurais pas été capable. Arriver en R1 avec l’objectif de monter en D2, ça me tentait bien. 

Renoncer au football professionnel, était-ce un choix difficile ?

Non, parce que je n’ai jamais eu vocation à être joueuse professionnelle. J’ai saisi une opportunité qui est tombée au bon moment à la fin de mes études (elle avait été repérée par Thierry Uvenard, l’entraîneur havrais, lors d’un match amical contre l’AG Caen, où elle jouait, ndlr). Quand tu n’as pas cette vocation, tu te rends compte qu’il y a beaucoup de contraintes dans ce métier. Il n’est pas question de rater un entraînement ou un match pour un événement familial, parce que le foot, c’est ton travail. Aujourd’hui, je suis dans une logique d’aider le Stade Malherbe à atteindre ses objectifs, mais le niveau amateur me va très bien. Je ne veux plus être dépendante du foot, je veux pouvoir prendre du temps pour moi et pour ma famille.

Ton approche du foot change-t-elle ?

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J’ai besoin du foot dans ma vie, c’est primordial. J’ai très bien vécu ma grossesse, mais c’était très long de pas pouvoir jouer, surtout en sachant le projet qui m’attendait avec le Stade Malherbe. Le football sera à nouveau une passion, pas un métier. Ça ne m’empêchera pas d’être toujours autant engagée. Au Havre, j’avais demandé à travailler en marketing parce que j’avais l’impression de ne pas donner de sens à ma vie en ne faisant que du foot. J’ai besoin d’avoir un métier et le foot à côté. Vivre 100 % foot, ce n’est pas mon truc. Quand j’étais au HAC, les filles regardaient les matchs, vivaient foot, mangeaient foot. Moi, j’ai besoin de tout le reste aussi. 

« Je veux jouer avec mes copines »

Malherbe, c’était naturel pour toi ?

Oui. Toutes les conditions étaient réunies pour que je signe là-bas. Au-delà de l’aspect sportif, il y a toutes mes copines : les deux Léa (Quinio et Kergal), Marion (Laporte), Hilde (van Herwijnen), Tat’ (Lebastard)… J’ai besoin de retrouver ce côté convivial. Plus tu montes de niveau, plus le côté individualiste ressort. C’est normal. Chaque fille veut montrer ses qualités pour se faire recruter ou intégrer l’équipe nationale. Ce sont autant de choses auxquelles ne n’aspirais pas du tout. Anaïs (Bounouar, la coach, ndlr) attend de moi que j’amène le professionnalisme qu’on m’a inculqué au Havre. Moi, j’aspire à retrouver la convivialité du milieu amateur. En plus, j’aurai beaucoup moins de route à faire ! J’étais épuisée par les allers-retours au Havre.

Où en es-tu physiquement un mois et demi après ton accouchement ?

J’ai quatre semaines d’avance sur mon programme. J’avais fait énormément de recherches sur ce que je pouvais faire enceinte pour gagner du temps après l’accouchement. J’ai appliqué toutes ces choses-là et cela a porté ses fruits. Je vais reprendre beaucoup plus vite, c’était mon objectif. Je suis comme un lion en cage. Le foot m’a énormément manqué.  Je suis une pile électrique !

Est-ce que c’est rassurant, quelque part, de ressentir ce manque ?

La saison dernière a été extrêmement compliquée pour moi. J’ai eu le Covid, puis on s’est rendu compte que c’était un Covid long. Quand on a pensé que je pouvais reprendre, j’ai fait une rechute. J’ai fait trois prépas en une saison pour, finalement, ne pas rejouer.  Psychologiquement, j’étais assez atteinte. J’en avais marre. Le fait de quitter Le Havre m’a permis de passer à autre chose. 

« Avoir un fils, ce n’est pas arrêter de vivre »

Quel est ton programme de reprise ?

J’alterne marche rapide et marche lente, avec tout un travail abdominal en parallèle des séances de kiné périnéale. Je vais être suivie par le kiné du Stade Malherbe, qui va me faire des séances spécifiques. Si tout va bien, je vais peut-être pouvoir reprendre la course dès la semaine prochaine. J’aimerais bien rejouer début avril. Cela fait presque un an et demi que je n’ai pas joué…

Tu te projettes sur le jour où tu rejoueras enfin ?

J’en rêve (rire). Après, tout est relatif parce que je quitte la D1 pour aller en R1. C’est forcément un niveau plus facile. J’aurai moins de stress. 

Est-ce que tu n’as pas peur de moins t’amuser en R1 qu’en D1 ?

Non, moi j’ai envie de jouer avec mes copines. Je sais qu’il ne va pas y avoir le même niveau. C’est mon choix, et en retour de grossesse, c’est exactement ce qu’il me faut. J’avais besoin de redescendre de niveau, c’était sûr, tout en gardant une certaine exigence. Le Stade Malherbe répond totalement à mes questions. C’est le projet idéal. En termes de suivi, de staff médical et d’infrastructures, c’est parfait pour moi. 

Y aura-t-il une nouvelle Margaux, maman, sur les terrains de foot ?

Non, je vais être la même, par contre les gens vont me regarder différemment. Je vais aborder le foot de la même manière. Je serai toujours aussi compétitrice et affamée sur le terrain. J’ai la chance d’avoir un conjoint qui m’encourage dans ma passion, je ne vais pas me détacher du foot. Avoir un fils, ça ne veut pas dire arrêter de vivre. Par contre, je ferai trois entraînements par semaine au lieu de quatre. J’ai envie d’avoir une soirée de plus avec mon fils et de laisser Simon faire ses activités sportives. J’ai la chance de vivre avec quelqu’un qui partage ma passion et ne me bridera pas pour quoi que ce soit.

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