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Football. William Coulibaly : « En N3, je ne vois pas une équipe plus forte que l’AG Caen »

William Coulibaly a retrouvé un rôle de régulateur dans le milieu de terrain de l'AG Caen.
William Coulibaly a retrouvé un rôle de régulateur dans le milieu de terrain de l’AG Caen. ©Aline Chatel

Dans le football régional, il est l’un des meilleurs clients. William Coulibaly ne s’embarrasse jamais au moment de livrer le fond de sa pensée. Le milieu de terrain défensif de l’Avant Garde Caennaise retrouvera ce samedi 24 septembre 2022 (18h00) son ancien club historique, Saint-Lô, au quatrième tour de la Coupe de France. Il y était retourné la saison dernière après un court passage, déjà, par l’AGC en 2020-2021. 

William, content de retrouver Saint-Lô ?

Avant le tirage, j’avais dit aux joueurs : « vous allez voir, on va jouer Saint-Lô à Saint-Lô ! » Pendant l’entraînement, on me dit : « tu avais raison ! ». Je suis content de les retrouver mais il n’y aura que quatre ou cinq joueurs avec qui j’ai joué. Le reste, ce sont surtout des joueurs de l’équipe B. On est huit à être partis durant l’intersaison. Avec les absents, ils bricolent. 

La voie est libre, alors ?

Même contre l’équipe type, avec l’effectif qu’on a, on n’aurait pas le droit de perdre demain ! Si on perd contre Saint-Lô, avec le début de saison qu’on fait… Leurs voyants ne sont pas au vert. Ils sont dans le doute. Ils ont mis un seul but sur penalty. Ce n’est vraiment pas la grande forme.

« Je ne voulais pas galérer »

Pourquoi es-tu parti, un an après être revenu à Saint-Lô ? 

J’étais revenu à Saint-Lô parce qu’avec le boulot, je n’aurais pas pu voir mes enfants. Depuis, j’ai rechangé de travail. Quand j’ai vu que Matthieu (Chevreau) partait, j’ai senti – comme les autres partants – que ce n’était pas la bonne année. Avec cinq descentes minimum, je ne me voyais pas rester. Vu mon âge, je ne voulais pas galérer à jouer le maintien pour mes dernières années de foot. Je préférais partir dans une équipe qui allait jouer le haut de tableau. 

Quitter l’Avant Garde la saison dernière t’a épargné une saison galère, même si elle aurait peut-être été différente avec toi.

Je suis un gagneur et un meneur d’équipe. Je n’aurais pas accepté qu’on perde autant de matchs. 

Tu as vite retrouvé tes repères ?

Oui, très rapidement. En plus, j’ai retrouvé mon poste favori. L’année dernière, j’ai fini défenseur central, puisqu’on jouait à trois derrière. Je pouvais relancer mais je ne pouvais pas participer au jeu offensif. Je suis revenu en pointe basse, cela me permet d’équilibrer l’équipe. À l’AG Caen, il y a beaucoup de joueurs offensifs, mais ils ne pensent pas à défendre. C’est pour cela qu’ils ont pris beaucoup de buts la saison dernière. Il faut combler les montées des autres joueurs.

Jouer au milieu te permet aussi de faire des lobs…

J’ai tout le temps fait ça ! Le goal de Cherbourg en a pris trois comme ça, j’ai marqué du milieu de terrain contre (Jérémy) Bazire. Les gardiens sont souvent avancés. C’est vraiment ce que j’aime faire ! J’ai mis trois buts du milieu de terrain dans ma carrière. En balle piquée qui lobe le gardien, je dois être à plus de dix. C’est ma spécialité. 

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« Aucun jeune ne va me sortir comme ça »

On sent que vous êtes déjà bien rodés collectivement.

L’avantage, c’est que nous sommes beaucoup de joueurs expérimentés, mixés avec des jeunes joueurs. La plupart d’entre nous a déjà plus de 200 à 300 matchs de National 3. On a un coach qui vient de la FFF, il sait comment gérer les plus anciens comme les plus jeunes. L’attaque, je les appelle le Maghreb United. Ce sont des joueurs de futsal, ils peuvent faire la différence à tout moment. C’est plaisant de jouer avec des joueurs comme ça. On n’a pas le choix que d’être performant, sinon, on est vite sur le banc ou en équipe réserve. C’est pour ça que notre niveau va être très bon cette année. On a un coach qui ne rigole pas. Si on ne fait pas ce qu’il veut, direction la B. 

Tu y as goûté ?

Ah non, je suis à l’écoute moi ! Je suis un compétiteur. Même si j’ai 36 ans, il n’y a aucun jeune qui va me sortir comme ça. J’ai les jambes. 

Le coach, on ne le connaissait pas ici. Vous en semblez tous contents.

C’est ce qui manquait à l’AG Caen : un coach qui ne connaissait pas les joueurs, le club, et qui apporte son exigence. Il est strict dans ses idées et leur mise en place. Il a un autre œil. Il n’y a plus de joueurs protégés. Lui, il s’en fiche. On peut être le meilleur à un match et être sur le banc la semaine d’après. Tout le monde le sent, tout le monde fait les efforts offensifs et défensifs.

Résultat, on va vite refaire de l’AG Caen le favori ! 

Quand j’ai fait ma vidéo de présentation sur United Managers, je l’ai dit : si je reviens à l’AG Caen, c’est parce que je ne vois pas une équipe qui sera plus forte que nous. Notre seul adversaire, c’est nous-mêmes. Si on est sérieux et qu’on respecte ce que le coach demande, ça va être très difficile de nous battre cette année. J’ai retrouvé l’équipe que j’avais quittée, sûre d’elle et prête à aller de l’avant.

Sûre d’elle, un peu comme toi quand tu parles de l’Avant Garde !

Je connais très bien le championnat de National 3. À part trois, quatre équipes, c’est de la DH de l’époque où le CFA 2 existait encore. Ce n’est pas très relevé. 

« Ça devenait chiant »

La réforme des championnats va faire du bien ?

Oui, parce que ça devenait chiant. On jouait trois, quatre gros matchs dans la saison. Le reste, c’étaient des matchs qu’il ne fallait pas perdre. La réforme va faire du bien. Après, je dis ça en étant premier. Si on perd trois matchs, on peut vite se retrouver dans le ventre-mou et ce n’est plus la même saison. Il faut être vigilant et prendre le maximum de points le plus tôt possible. On ne sait jamais… Je vois Granville et Malherbe descendre (en N3, ndlr), donc il risque d’y avoir sept descentes dans la poule. Il faut être dans les cinq premiers du championnat pour être bien.

Comment abordez-vous la Coupe de France ?

Comme le championnat. Moi, je suis un spécialiste de la Coupe de France. Avec Saint-Lô, on a fait des 16ᵉ, on a fait des 32ᵉ. J’ai dit aux mecs que c’était vraiment un truc à vivre. Ce que j’aimerais, c’est qu’on parte en Guadeloupe au septième tour. La Coupe de France, ce sont des moments dont on se souvient toute notre vie. C’est un autre monde.

Vous pouvez jouer sur les deux tableaux ?

Clairement, oui. On a 21, 22 joueurs de niveau National 3 voire au-dessus. Sur ça, je n’ai vraiment pas d’inquiétude. Ce qui peut me faire peur, c’est que la concurrence soit tellement forte que certains lâchent s’ils jouent moins. Il y a deux nouveaux joueurs, deux gâchettes, qui vont signer normalement. Tout cela me conforte dans l’idée que j’ai choisi la bonne équipe. 

Saint-Lô – AG Caen
4ᵉ tour de la Coupe de France
Samedi 24 septembre 2022, 18h00

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