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GARD Quatre apprentis maçons se disputent le trophée Cobaty

Marine Philippe a présenté son phare du futur au jury. (Photo Corentin Migoule)

Quatre apprentis du CFA BTP Gard de Méjannes-les-Alès participent au trophée Cobaty jeunes, sorte de « César de l’apprentissage », créé au début des années 2000. Ce mardi matin, les candidats ont présenté leur projet respectif à un jury composé de professionnels du milieu. Le trophée sera remis au gagnant ce soir, à la brasserie Jérôme Nutile, à Nîmes.

La naissance, en 2001, d’un concours baptisé « Trophée Cobaty jeunes », a permis de valoriser des milliers de jeunes méritants issus d’établissements de formation en lien avec les métiers de la construction. Cette année, quatre apprentis maçons du CFA BTP Gard de Méjannes-les-Alès y participent, sous la présidence de Pierre Lefebvre, gérant de la société Génie Fluide, et de Fabien Venier, gérant de la SARL Venion rénovation, bâtiment et façades.

« Bâtir tout en limitant l’empreinte carbone », telle est la thématique qui a guidé le travail des quatre candidats, apprentis en CAP Maçonnerie, lesquels ont présenté leur projet respectif à un jury composé de six professionnels du milieu, dont l’architecte Nicolas Crégut, et Alain Ranc, directeur du groupe SAMSE. « On va vous évaluer en toute bienveillance, mais ça reste une compétition », leur a d’abord signifié Pierre Lefebvre.

Léo Garrigues (22 ans), originaire de Valleraugue, a été le premier à s’avancer devant le jury. À la faveur d’une prestation orale convaincante, celui qui est employé par l’entreprise Bruno Leenhardt à Val d’Aigoual a présenté son projet de réalisation d’une gourgue cévenole, autrement dit une réserve d’eau aménagée à l’émergence d’une source, servant à l’irrigation ou à l’abreuvement de troupeaux d’animaux.

Gourgue cévenole et phare du futur

« En Cévennes, on est souvent frappé par des pénuries d’eau. Mon projet vise une meilleure gestion de la ressource en eau pour éviter le gaspillage », a expliqué Léo Garrigues qui, en faisant appel au schiste pour bâtir un encadrement avec une voûte ayant vocation à protéger l’eau de source, a utilisé une pierre locale. « J’ai aussi décidé d’utiliser la chaux hydraulique de Saint-Astier car elle est plus résistante aux intempéries », a poursuivi le Cévenol, qui a d’abord réalisé son coffrage sur palette.

Durant la phase de questions-réponses, ce dernier a été interrogé sur sa vision du métier de maçon. « Ce qui me plaît, c’est l’acte de bâtir. C’est de voir ce que j’arrive à construire avec mes mains, l’évolution, la progression », a confié celui qui n’était « initialement pas manuel ». « On commence par un bon », a murmuré un membre du jury. Après quoi, Marine Philippe (25 ans), unique candidate du concours, a présenté son « phare du futur », dont la maquette a été réalisée uniquement à partir de matériaux de récupération.

Rappelant la fonction originelle de ce type d’édifice destiné à faciliter la navigation, la jeune femme d’origine bretonne a insisté sur leur dimension « patrimoniale ». Le phare qu’elle rêve de bâtir serait équipé de panneaux solaires et d’éoliennes domestiques, ce qui le rendrait ainsi autonome sur le plan énergétique. « L’implantation de phares sur nos côtes méditerranéennes pourrait permettre de mener des études scientifiques sur la biodiversité marine, préserver ou reconquérir les ressources marines et développer l’activité de pêche artisanale dans la bande côtière », ambitionne Marine Philippe.

Un « cavalier » et un viaduc

Lui aussi candidat, Bastien Douais (26 ans) incarne une reconversion professionnelle prometteuse. Titulaire d’un bachelor Commerce, celui qui a démarré sa vie professionnelle en qualité d’agent immobilier se forme désormais aux métiers du bâtiment. Face au jury, le Nîmois s’est d’abord confondu en excuses. « J’ai honte de ce que je vais vous présenter », a-t-il amorcé. Il ne devrait pas. Car si son projet nommé « Cavalier », faisant la synthèse des mots « cave » et « escalier », est en effet imparfait, il n’en demeure pas moins prometteur.

Désireux d’optimiser l’espace car « c’est l’avenir » – sans doute un réflexe de l’agent immobilier qu’il a été -, Bastien Douais a en effet imaginé un escalier dans lequel serait encastrée une cave à vin. « C’est très intéressant », a valorisé un membre du jury. Et un autre d’ajouter : « C’est vachement à la mode. » Enfin, le jeune Christopher Redon (21 ans), alternant dans l’entreprise cigaloise Claude Texier, en a mis plein la vue aux examinateurs avec son Viaduc de Planque ayant pour fonction de stocker les eaux pluviales.

Évalués sur plusieurs critères dont l’originalité, la technicité constructive, l’esthétique de la maquette et les valeurs humaines chères aux « Cobatystes », les quatre candidats sont invités à la remise des prix qui aura lieu ce mardi soir (dès 19h) à la brasserie Nutile, à Nîmes, en présence des représentants de l’IMT Mines Alès, des Compagnons du devoir et de l’École nationale supérieure d’architecture.

Corentin Migoule

Léo Garrigues présente son projet de gourgue cévenole aux membres du jury. (Photo Corentin Migoule)
Christopher Redon finalise son Viaduc. (Photo Corentin Migoule)





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