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Intempéries liées au dérèglement climatique: une vertigineuse facture

En l’espace d’un mois, les deux vagues de chaleur et d’orages ont généré l’envoi de 350.000 déclarations de sinistres pour un montant estimé à 1,2 milliard d’euros. Et pour l’avenir les assureurs prévoient bien pire avec des primes dont le montant pourrait quadrupler.

Les deux grandes vagues de chaleur et d’orages qui se sont succédées depuis un mois vont coûter cher aux assureurs. Dans un communiqué publié ce mercredi, France Assureurs (nouveau nom de leur fédération professionnelle) souligne qu’après la première vague (20-23 mai), 93.000 déclarations de sinistres ont été envoyées par les victimes des orages pour un coût total des dommages estimé à 323 millions d’euros. Mais la deuxième vague (2-5 juin) s’est révélée bien plus dévastatrice: 258.000 sinistres déclarés pour un coût total estimé à 940 millions d’euros.

Parmi ces 350.000 déclarations de sinistres, ce sont les dégâts sur les voitures (capot, toit, pare-brise) et sur les toitures des maisons et dépendances qui dominent largement. Les assureurs estiment les dommages sur les véhicules assurés à 370 millions d’euros. Le montant est encore plus élevé pour les habitations: 410 millions d’euros. Bien plus, donc que les dégâts causés par la grêle sur les champs, vignes et vergers.

Une nouvelle assurance-récolte en 2023

Mais il convient de rappeler qu’aujourd’hui, seules 31% des parcelles agricoles sont assurées. Un problème pour l’avenir que le gouvernement a souhaité résoudre avec une réforme qui entrera en vigueur le 1er janvier prochain. Elle prévoit l’instauration d’un contrat spécifique, une assurance récolte qui se veut à la fois plus simple et plus protectrice.

Et pour inciter les agriculteurs à y adhérer, l’Etat fera davantage jouer la solidarité nationale. 600 millions d’euros seront apportés chaque année pour compenser les déséquilibres éventuels entre le coût des indemnisations et les primes versées par les assurés. Ce soutien public à un risque majeur qui pèse sur les futures récoltes permettra-t-il de limiter l’envolé des primes que devront payer demain les agriculteurs ? Probablement pas.

Les multirisques habitation pourraient coûter 4 fois plus cher en 2050

Les assureurs se préparent en effet à devoir rembourser chaque année plus de sinistres imputables au dérèglement climatique. Le groupe Covea (MMA, GMF, la Maaf) prévoit par exemple qu’en 2050, les inondations touchant le territoire français seront deux fois plus nombreuses qu’aujourd’hui. Ses experts tablent aussi sur une augmentation de 60% pour les sécheresses et de 40% pour les chutes de grêle.

Mécaniquement, cela se traduira par une hausse aussi moins aussi importante des dommages générés par ces événements climatiques. Et donc, pour rester assuré contre ces risques, il faudra payer plus cher. L’Argus de l’assurance, le journal des professionnels du secteur, a fait le calcul avec un actuaire. Le prix moyen d’une assurance multirisque habitation passerait de 216 euros aujourd’hui à près de 930 euros en 2050, soit une hausse de 330%.

Pierre Kupferman



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