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Interview. Natation. La nageuse olympique Béryl Gastaldello en compétition à Caen

Béryl Gastaldello au Meeting de la Liberté à Caen le vendredi 1er juillet 2022.
Béryl Gastaldello au Meeting de la Liberté à Caen le vendredi 1er juillet 2022. ©Alyssia Crochez

Après huit années d’entraînement dans les bassins américains, Béryl Gastaldello est de retour en France. La vice-championne du monde 2021 du 100m 4 nages reconstruit aujourd’hui un équilibre à Paris dans le club privé Etoiles 92. La nageuse est présente au meeting de la Liberté à Caen (Calvados) du 1er au 3 juillet 2022. Le retour à la compétition en grand bassin fait partie des étapes de la Marseillaise sur la route menant à Paris 2024. Entretien 

Comment s’est déroulée votre saison de natation 2021-2022 ? 

La saison a été très compliquée. Aux Jeux Olympiques de Tokyo à l’été 2021, je me suis pris une tarte. Ma situation familiale était très compliquée. Après les Jeux, j’ai attrapé le Covid et j’ai été très malade. J’ai enchaîné avec l’International Swimming League (compétition internationale de natation où s’affrontent des équipes constituées de nageurs venant du monde entier, ndlr). Physiquement, c’était dur à encaisser. 

Pourquoi avez-vous décidé de quitter les États-Unis en 2022 ? 

Après les Jeux, j’ai changé d’entraîneur là-bas mais je n’étais plus dans un environnement sain donc j’ai décidé de revenir en France. Cela s’est fait en seulement trois semaines, quelques jours avant les championnats de France à Limoges en avril 2022. Cela a été très éprouvant mais je pensais performer à cette compétition. Évidemment, la réalité m’a rattrapée et je me suis pris une autre tarte. 

Pourquoi avez-vous choisi Étoiles 92 ? 

J’étais arrivée au bout d’un cycle avec le Cercle des nageurs de Marseille, même si je m’entraînais principalement aux États-Unis. Je cherchais un renouveau et j’ai trouvé le club Étoiles 92 particulièrement adapté à mes besoins, avec leur triple projet de performance, scolarité et reconversion.

L’entraînement aux Étoiles 92 diffère-t-il beaucoup de vos huit années d’entraînement à l’américaine ? 

Je m’entraîne complètement différemment aujourd’hui. Aux États-Unis, je ne m’entraînais qu’une fois par jour et en bassin de 25 yards (environ 23m, ndlr). Maintenant, je m’entraîne huit fois par semaine dans l’eau en bassin de 50m, avec trois séances de musculation hebdomadaires. C’est donc intéressant pour moi de faire cette compétition à Caen pour prendre des repères en bassin de 50m.

Béryl Gastaldello au Meeting de la Liberté le vendredi 1er juillet 2022.
Béryl Gastaldello au Meeting de la Liberté le vendredi 1er juillet 2022. ©Alyssia Crochez

Pourquoi n’avez-vous pas participé aux championnats du monde à Budapest en juin 2022 ? 

J’étais qualifiée sur le 50m dos mais j’ai refusé la sélection car il fallait que je me pose. Je n’en pouvais plus de courir partout. Normalement, j’irai aux championnats d’Europe à Rome en août 2022 au moins sur le 50m dos. J’aurais ensuite comme objectif les championnats du monde petit bassin à Kazan en décembre 2022. 

Participerez-vous à l’International Swimming League cette année ? 

Nous n’avons pas encore de nouvelles pour l’organisation de la prochaine saison. J’aimerais y participer de nouveau car c’est mon terrain de jeu, avec une ambiance extraordinaire. L’ISL, c’est la diversité avec des nageurs qui viennent du monde entier. La natation y devient un sport d’équipe. Sur le plan sportif, j’ai pris énormément de plaisir, surtout en 2021 où j’ai réalisé de belles performances. 

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Comment envisagez-vous les deux prochaines années jusqu’à Paris 2024 ? 

L’objectif est de briller aux Jeux. Je vais les préparer à Paris dans un club qui représente un environnement sain pour moi, avec des personnes extraordinaires. 

Béryl Gastaldello au Meeting de la Liberté le vendredi 1er juillet 2022
Béryl Gastaldello au Meeting de la Liberté le vendredi 1er juillet 2022 ©Alyssia Crochez

Vous avez mentionné des difficultés à trouver une stabilité, notamment psychologique, ces dernières années, avec une phase de dépression. Cela a-t-il été déclenché par le sport de haut niveau ? 

Dans un premier temps, je dirais que non. C’est parti de différents éléments de ma vie. Mais en y repensant, j’ai certainement été en surentraînement au lieu de prendre le temps d’encaisser les difficultés auxquelles je faisais face. De plus, aux États-Unis, je devais être à fond tout le temps. Il est vrai que l’anxiété chez les athlètes est quelque chose d’assez commun, et difficile à gérer. Donc le haut niveau fait partie de ce tout. 

Je suis revenue de très loin. J’avais l’impression que personne d’autre ne souffrait alors que ce n’est pas le cas. Tout le monde peut s’en sortir. 

Qu’est-ce qui vous motive à nager tous les jours ? 

La natation, c’est une passion. Dans tout ce que j’ai dit plus tôt, je me rends compte que mon fil rouge, c’est la natation. J’ai énormément d’énergie et ce sport m’aide à la canaliser. J’adore être dans l’eau, avoir la sensation de glisse. Je pense surtout que je n’ai pas du tout atteint mes capacités maximales, ce qui est frustrant car il va falloir faire preuve de patience. 

Vous venez d’une famille de nageurs de haut niveau. Cela représentait-il un objectif de suivre leurs traces ?

Contrairement à ce que tout le monde croit, nous n’avons jamais vraiment parlé de natation dans ma famille. Mes parents m’ont toujours laissé de l’espace et laissé faire mes propres choix. Mon père a arrêté d’entraîner lorsque mon frère et moi nous sommes mis sérieusement à la natation. Donc mes parents sont plutôt des modèles de vie pour moi que sur le plan sportif. 

Quel moment de votre carrière vous a procuré le plus d’émotions ? 

Récemment, je dirais que c’est ma médaille de vice-championne du monde au mois de décembre 2021. Elle est arrivée dans un moment particulièrement difficile pour moi, avec un changement de vie aux États-Unis, et j’étais tombée malade la veille. Je pense que l’on peut parler de résilience, donc cela représente un souvenir important pour moi. 

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