En bref

Italie : derniers meetings et fin de campagne polémique pour l’alliance conservatrice

Silvio Berlusconi, en dérapage contrôlé sur l’Ukraine, et Matteo Salvini, à couteaux tirés avec Bruxelles, ont fait le buzz vendredi, à deux jours des législatives, tandis que la favorite Giorgia Meloni bouclait dans le sud pauvre une campagne éclair.

A gauche comme à droite, tous les ténors de la politique italienne ont tenu vendredi leur dernier meeting dans l’espoir de mobiliser leur base et de séduire les électeurs et électrices indécis avant le scrutin de dimanche, pour lequel l’alliance dominée par l’extrême droite est donné archi-favorite.

Giorgia Meloni, cheffe du parti post-fasciste Fratelli d’Italia (FdI), a choisi Naples, la grande ville du sud, où elle espère prendre des voix au Mouvement 5 Etoiles (M5S) qui avait aspiré une grande partie du vote dégagiste de 2018 mais a depuis perdu du terrain, affaibli par sa participation aux derniers exécutifs.

Le M5S de l’ex-chef du gouvernement Giuseppe Conte reste cependant populaire dans le sud, où des millions de personnes pauvres bénéficient du « revenu citoyen », un minima qu’il a mis en place en 2019 et que les conservateurs veulent supprimer.

Le tollé provoqué par Silvio Berlusconi à propos de la guerre en Ukraine

Silvio Berlusconi a pour sa part provoqué un tollé en estimant que Vladimir Poutine avait été « poussé » par sa population et les forces prorusses du Donbass à envahir l’Ukraine, tout en dénonçant une guerre « injustifiable » et en réaffirmant son soutien à l’Otan, à l’UE et aux Etats-Unis.

Le chef de la Ligue, Matteo Salvini, a lui exigé « des excuses ou la démission » d’Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne qui a évoqué « les instruments » à la disposition de Bruxelles pour sanctionner d’éventuelles atteintes aux principes démocratiques de l’UE.

« Si les choses vont dans une direction difficile, j’ai parlé de la Hongrie et de la Pologne, nous avons des instruments », a mis en garde Mme von der Leyen en marge d’un déplacement aux Etats-Unis.

« Nous verrons le résultat des élections, nous venons aussi d’avoir des élections en Suède » remportées par la droite avec l’appui de l’extrême droite : « Mon approche est que quel que soit le gouvernement élu démocratiquement, nous travaillons ensemble », a-t-elle aussi souligné.

Matteo Salvini a vivement répliqué vendredi : « C’est quoi, une menace? Arrogance honteuse. Respectez le vote, libre, démocratique et souverain du peuple italien! Amis de tous, valets de personne », a-t-il tweeté.

« L’Italie mérite le respect, les menaces et les chantages à trois jours du vote sont inacceptables de la part de quelqu’un qui devrait représenter toute l’Europe », a-t-il dit plus tard au cours d’un sit-in devant le siège de la représentation de la Commission à Rome.

« Nous attendons des excuses au peuple italien. Soit ce sont les excuses qui arrivent soit c’est la démission », a-t-il conclu.

Même écho chez le vice-président de Forza Italia, le parti de Silvio Berlusconi qui a fait alliance pour ce scrutin avec la Ligue et Fratelli d’Italia. Les déclarations de Mme von der Leyen sont « une interférence » dans la campagne, a jugé Antonio Tajani.

De son côté, la gauche n’a pas réussi à s’unir complètement après que le mouvement populiste 5 étoiles a claqué la porte de l’exécutif sortant. A la tête du Parti démocrate, l’ancien Premier ministre Enrico Letta va tenter de reprendre les rênes du pouvoir.



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