Italie : un candidat de Fratelli d’Italia suspendu pour avoir fait l’éloge d’Hitler

Dans les rues de Rome, on ne peut pas dire que ce soit l’effervescence avant les élections législatives de dimanche. Au moment où la campagne se termine pour les différents partis, certains électeurs semblent fatalistes face à la crise énergétique et à la récession économique qui couvent.

« Je n’ai pas d’attentes parce que je suis sans espoir, dit Roberto, vendeur de kiosque. Je ne sais pas pour qui je peux voter. Tout le monde fait des promesses mais elles ne se concrétisent jamais. C’est vraiment très difficile. »

« Les élections arrivent à grands pas et on attend d’eux qu’ils réduisent les coûts énergétiques, les factures, explique Sasha, venu de Florence. Sincèrement, ce n’est pas viable, il est difficile de joindre les deux bouts avec ces prix. Les prix des aliments dans les supermarchés ont aussi beaucoup augmenté. »

« Je ne suis pas très optimiste pour ces élections mais je pense j’irai quand même voter, dit Simona, chauffeuse de taxi. Je vais faire mon devoir de citoyenne. Mais, non effectivement, il n’y a pas de grand espoir parce que, selon moi, il n’y a pas de candidat assez qualifié. »

La participation aux législatives est toujours relativement élevée en Italie, même si la tendance est à la baisse: en 2008 plus de 80% des électeurs avaient voté, en 2013 plus de 75%, et en 2018 73% se sont rendus aux urnes.

Un candidat de Fratelli d’Italia suspendu pour avoir fait l’éloge d’Hitler

Un candidat à la députation de Fratelli d’Italia (FdI), parti post-fasciste favori des législatives du 25 septembre en Italie, a été suspendu après avoir fait l’éloge d’Adolf Hitler sur les réseaux sociaux, a-t-on appris mardi.

A quelques jours du scrutin, FdI s’est empressé de couper court à la polémique en évinçant son cadre alors que sa présidente, Giorgia Meloni, qui pourrait devenir Première ministre, s’emploie à donner une image respectable de son organisation et faire oublier ses origines dans l’Italie mussolinienne.

Calogero Pisano, responsable du parti dans la province d’Agrigente en Sicile et membre de la direction nationale, est suspendu « avec effet immédiat » de ses fonctions internes, indique un communiqué transmis à l’AFP.

Il « ne représente plus FdI à aucun niveau et il lui est interdit d’en utiliser le logo ». Il est par ailleurs convoqué devant les instances dirigeantes pour d’éventuelles sanctions supplémentaires, précise le communiqué.

Dans un post Facebook de 2014, commentant un slogan lancé lors d’une réunion publique de FdI « L’Italie au-dessus de tout » imprimé sur une photo de Giorgia Meloni, Calogero Pisano avait écrit: « Cela me rappelle un grand homme d’Etat il y a 70 ans », précisant qu’il ne parlait pas de Benito Mussolini mais d’un « Allemand ».

D’autres publications attestent de son attachement au fascisme historique.

Le vice-président du Parti démocrate (centre gauche), Peppe Provenzano, a été le premier à réagir à l’affaire révélée par le quotidien La Repubblica.

« Les racines profondes ne gèlent jamais », a-t-il estimé sur son compte Twitter en dénonçant notamment l’utilisation comme emblème de FdI de la flamme tricolore, reprise au Mouvement social italien (MSI) fondé après la guerre par des fidèles de Mussolini.

Ruth Dureghello, présidente de la communauté juive de Rome, a jugé « inacceptable que quelqu’un faisant l’éloge de Hitler puisse siéger dans le prochain Parlement ».

Giorgia Meloni qui déclarait, jeune militante dans les années 1990, que Mussolini avait été un « bon politicien », assure aujourd’hui que « les nostalgiques du fascisme n’ont pas de place » dans son mouvement.



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