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La fin des moteurs thermiques se précise: « On propose de construire des voitures sans émission à partir de 2035 »

L’Union Européenne prévoit de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 55% d’ici 2030. Pour y arriver, la commission compte agir prioritairement sur l’isolation des logements et la mobilité. Les moteurs thermiques vont progressivement disparaitre. Le commissaire européen au climat l’a dit ce dimanche midi sur le plateau de C’est pas tous les jours dimanche.

« On a proposé de construire des voitures sans émission à partir de 2035. Voilà notre proposition. Au début le secteur automobile était assez contre, mais je vois qu’il a maintenant compris qu’il faut le faire. C’est aussi une bonne affaire. Cela nous donnera une nouvelle économie et de nouvelles opportunités », a déclaré Frans Timmermans.

Rehausser l’ambition climatique

Avant la COP26, les eurodéputés ont par ailleurs exhorté l’Union Européenne à rehausser son ambition climatique et son leadership mondial en la matière. Une résolution a été votée, approuvée à une large majorité (527 voix pour, 134 contre, 35 abstentions), qui servira de « mandat » à la délégation d’élus européens qui s’est rendue ce week-end à Glasgow, en Ecosse. 

« Les plans nationaux actuels (NDC) conduiraient encore à une augmentation (d’environ 16%) des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES) d’ici 2030 par rapport à 2010, alors qu’elles devraient être réduites d’au moins 45% au niveau mondial pour rester sous la barre de 1,5°C d’ici la fin du siècle », a mis en garde le Néerlandais Bas Eickhout pour le groupe des Verts/ALE (écologistes et régionalistes, 4e groupe du Parlement en nombre de sièges).

Cette hausse d’1,5°C, par rapport aux niveaux préindustriels, est l’objectif idéal inscrit dans l’accord de Paris de 2015. Les « contributions déterminées au niveau national » ou « NDC » sont les plans que chaque pays partie à l’accord doit régulièrement remettre, et qui contiennent son engagement (contraignant) de réduction des émissions de gaz à effet de serre. L’UE (-55% d’ici 2030, par rapport à 1990) et ses 27 Etats membres ont remis fin 2020 une contribution actualisée, mais de nombreux autres Etats du monde manquent à l’appel. 

Définir les règles du jeu pour atteindre réellement l’objectif mondial

Les engagements actuels au niveau mondial ne permettront pas, et de loin, de respecter les objectifs de l’accord de Paris. La COP26 apparait comme « le » moment crucial pour changer de braquet, soulignent les principaux groupes politiques du Parlement. « Il faut que la COP 26 parvienne enfin à définir les règles du jeu pour atteindre réellement » l’objectif mondial que se sont fixé les Etats, note Marc Tarabella (PS, groupe S&D). « Ces dernières années, je ne constate qu’un fossé, un gouffre même qui se creuse entre l’urgence climatique d’un côté et le manque d’engagements concrets des États de l’autre ».

Frédérique Ries (MR), qui avait pris la parole dans l’hémicycle pour le groupe Renew, note trois objectifs principaux fixés par l’assemblée pour le rendez-vous de Glasgow: « la neutralité climatique dès 2050, pour tous les pays du G20; au minimum 100 milliards de dollars par an pour aider les pays en voie de développement, on en est loin; et une évaluation tous les 5 ans des 188 plans nationaux au lieu de 10 ans ».

 Tout droit vers un réchauffement de presque 3 degrés

De quoi accélérer le rythme de concrétisation des objectifs. « Là, on va tout droit vers un réchauffement de presque 3 degrés (d’ici 2100 par rapport au pré-industriel, NDLR), on va tout droit dans le mur ». 

Les principaux groupes politiques ont mis en avant la nécessité que l’UE s’adresse avec ambition aux autres pays pour tirer tout le monde vers le haut. Frédérique Ries cite « la Russie, la Chine, l’Inde, le Brésil », parmi les réticents à convaincre. D’autres s’inquiètent de la concrétisation de l’action climatique des Etats-Unis et de la Chine, ou de l’Australie, qui n’a pas encore avancé d’objectif de neutralité climatique, selon Bas Eickhout. « Il faut avoir le courage de dire qu’on fait notre part du travail mais que d’autres ne le font pas, et que par exemple la Chine continue d’investir massivement dans de nouvelles centrales au charbon, ce qui mine les efforts faits par d’autres », a tancé la Portugaise Lidia Pereira pour le PPE. « Il faut un leadership fort et efficace »

Les eurodéputés appellent également dans leur texte à éliminer d’ici 2025 dans l’UE toutes les subventions directes et indirectes liées aux combustibles fossiles. 

Côté belge, les élus Vlaams Belang (groupe Identité et Démocratie) ont voté contre le texte, les eurodéputés N-VA (groupe ECR, conservateurs et réformistes) se sont abstenus. 

La délégation du Parlement européen qui se rendra à Glasgow pour la COP est placée sous la houlette du Français Pascal Canfin, du groupe Renew (groupe du MR et de l’Open Vld). Elle ne contient pas d’élus belges, mais plusieurs Allemands (Peter Liese et Hildegard Betele, PPE) et Néerlandais (Esther de Lange, PPE, et Mohammed Chahim, S&D). 

Durant la même plénière à Strasbourg, une large majorité d’élus (563 voix pour, 122 contre et 11 abstentions) a soutenu un appel à instaurer des objectifs contraignants de réduction des émissions de méthane pour tous les secteurs qui en émettent, et à placer le sujet au menu des discussions à la COP26. Le méthane est le deuxième gaz à effet de serre le plus important après le dioxyde de carbone, et s’y attaquer serait une des stratégies les plus « rentables » pour atténuer le réchauffement climatique. Le méthane dû aux activités humaines provient en premier lieu de l’agriculture (élevage, riziculture), mais aussi de l’extraction et de l’exploitation des combustibles fossiles et des déchets (décharges).



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