la mobilisation se poursuit, l’ONU réclame une enquête

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Les manifestations continuent en Iran après la mort en détention de Masha Amini, une jeune femme qui avait été arrêtée par la police des mœurs pour « port de vêtements inappropriés ». Lundi, la police a rejeté toute responsabilité dans ce décès, tandis que la France a appelé à une « enquête transparente ».

De nouvelles manifestations ont eu lieu en Iran, notamment à Téhéran et à Mashhad, contre la mort d’une jeune femme détenue par la police des mœurs, la police rejetant à nouveau, lundi 19 septembre, toute responsabilité dans ce décès.

Une manifestation a eu lieu dimanche soir à Sanandaj, capitale de la province du Kurdistan, dans le nord-ouest du pays, d’où la jeune femme est originaire, et d’autres protestations se sont déroulées, lundi, dans plusieurs universités de la capitale, selon les médias locaux.

Lundi soir, dans la rue Hejab (« voile musulman » en persan) au centre de Téhéran, « plusieurs centaines de personnes ont scandé des slogans contre les autorités, certaines d’entre elles ont enlevé leur hijab », a annoncé l’agence Fars. Une courte vidéo diffusée par l’agence montre une foule de plusieurs dizaines de personnes, notamment des femmes ayant retiré leur voile criant « mort à la République islamique ». « La police a arrêté plusieurs personnes et dispersé la foule à l’aide de matraques et de gaz lacrymogènes », a indiqué Fars.

>> Sur les Observateurs – Mort d’une femme arrêtée par la police des mœurs en Iran : « Je ne porterai plus jamais le voile »

Un rassemblement similaire a eu lieu à Mashhad, première ville sainte du pays située dans le nord-est, a rapporté l’agence Tasnim.

L’ONU et la France condamnent

L’ONU s’est inquiétée de la violence de la répression des autorités iraniennes contre les manifestations. « La Haute Commissaire des Nations unies aux droits de l’Homme par intérim, Nada Al-Nashif, a exprimé aujourd’hui (mardi) son inquiétude face à la mort en détention de Mahsa Amini – détenue par la ‘police des mœurs’ iranienne appliquant des règles strictes sur le hijab – et à la réaction violente des forces de sécurité aux manifestations qui ont suivi », souligne un communiqué du Haut Commissariat.

Plusieurs dirigeants politiques français, dont la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet, ont également apporté leur soutien aux « femmes iraniennes qui se battent pour leur liberté ».

« Mahsa Amini avait 22 ans et voulait seulement vivre libre. Aujourd’hui, elle n’est plus. En Iran, le courage est féminin. Il est celui de toutes ces femmes qui se lèvent aujourd’hui au nom de leur liberté. Leur combat est le nôtre », a écrit Mme Braun-Pivet sur Twitter.

 

Arrêtée pour « port de vêtements inappropriés »

Le 13 septembre, Masha Amini a été arrêtée à Téhéran pour « port de vêtements inappropriés » par la police des mœurs, une unité chargée de faire respecter le code vestimentaire strict de la République islamique d’Iran pour les femmes.

En Iran, se couvrir les cheveux est obligatoire en public. Cette police interdit en outre aux femmes de porter des manteaux courts au-dessus du genou, des pantalons serrés et des jeans troués ainsi que des tenues de couleurs vives, entre autres.

La jeune femme est tombée dans le coma après son arrestation et est décédée le 16 septembre à l’hôpital, selon la télévision d’État et sa famille. Des militants ont jugé sa mort « suspecte » mais la police de Téhéran a affirmé qu’il n’y avait « pas eu de contact physique » entre les policiers et la victime.

Le décès de la jeune femme a suscité une vague de colère en Iran. Et le président iranien, Ebrahim Raïssi, a demandé l’ouverture d’une enquête.

Après une première manifestation samedi à Saghez, la ville natale de Mahsa Amini, une protestation d’environ 500 personnes a eu lieu à Sanandaj, selon Fars. « Les manifestants ont crié des slogans hostiles aux responsables, brisé les vitres de voitures et incendié des poubelles », a précisé l’agence. La police a utilisé « des gaz lacrymogènes pour disperser la foule » et arrêté « plusieurs personnes ». « De nombreux manifestants sont convaincus que Mahsa est morte sous la torture », a écrit Fars.

Dans la capitale iranienne, des étudiants ont lancé des mouvements de protestation dans plusieurs universités, dont celles de Téhéran et Shahid Beheshti, d’après Tasnim. Ils ont exigé auprès des autorités « des éclaircissements » sur la mort de l’Iranienne. 

« Incident regrettable »

Le chef de la police de Téhéran, le général Hossein Rahimi, a de nouveau rejeté les « accusations injustes contre la police ». « Il n’y eu aucune négligence de notre part. Nous avons mené des enquêtes (…) Et toutes les preuves montrent qu’il n’y a pas eu de négligence, ou de comportement inapproprié de la part des policiers », a-t-il dit. « Il s’agit d’un incident regrettable et nous souhaitons ne jamais plus être témoins de tels incidents », a-t-il ajouté.

Le général Rahimi a de nouveau souligné que la jeune femme avait violé le code vestimentaire, et que les policiers avaient demandé aux proches de Mahsa de lui apporter des « vêtements décents ».

Le jour de son décès, la télévision d’État a diffusé une courte vidéo de surveillance montrant une femme présentée comme Mahsa Amini s’effondrer dans les locaux de la police après une discussion avec une policière. Lundi, Amjad Amini, le père de la victime, a déclaré à Fars que la « vidéo a été coupée » et affirmé que sa fille avait « été transférée tardivement à l’hôpital ».

Le ministre iranien de l’Intérieur, Ahmad Vahidi, a avancé, samedi, que « Mahsa avait apparemment des problèmes antérieurs » et qu’elle « avait subi une opération au cerveau à l’âge de cinq ans ». Des informations démenties par le père, qui a assuré que sa fille était « en parfaite santé ». La jeune femme a été arrêtée alors qu’elle était à Téhéran en visite avec sa famille.

Avec AFP



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