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La Mutuelle des Motards crée une passerelle entre les femmes et les métiers de la mécanique moto

Sarah Mora, à l'initiative de Passerelle, et Patrick Jacquot, PDG de la Mutuelle des Motards.
Sarah Mora, à l’initiative de Passerelle, et Patrick Jacquot, PDG de la Mutuelle des Motards. (©CN / Métropolitain)

La Mutuelle des Motards, dont le siège est basé à Pérols, vient de lancer le programme Passerelle. Une plateforme imaginée par Sarah Morah, une salariée motarde de l’assureur, avec un objectif : faciliter l’intégration des jeunes femmes dans les métiers de la mécanique moto. Pour cela, un réseau de volontaires est en train de se structurer à travers toute la France afin de relayer les candidatures féminines auprès des employeurs. « Passerelle est une démarche solidaire et volontaire. Il n’est pas question de business, il est question de donner un coup de pouce à de jeunes femmes » souligne Patrick Jacquot, PDG de la Mutuelle des Motards

Une idée partie d’un coup de gueule

Selon une enquête de l’ANFA, 5% des élèves en formation mécanique sont des femmes et on ne compterait que 1% de femmes parmi les mécaniciens et mécaniciennes auto et moto. Chloë Hortig illustrait la réalité de ces chiffres. « À 16 ans j’ai compris que je voulais faire de la mécanique moto donc je me suis tournée vers des ateliers et des magasins. Pendant trois ans, je n’ai eu que des refus. Pas que des refus parce que je suis une femme mais parce qu’il faut un vestiaire et des toilettes pour femmes, beaucoup avaient peur pour leur clientèle car une femme n’est pas mécanicienne mais vendeuse… Cela a été très compliqué. » raconte-t-elle. Il y a deux ans, s’apprêtant à débuter un service au McDo, elle exprime sa colère sur les réseaux sociaux. Le message devient viral et lui permet de trouver enfin un contrat, de débuter un CAP et d’être aujourd’hui mécanicienne moto.

« En voyant ce post, on a vu la problématique qu’avait Chloë et la solidarité motarde qui s’est enclenchée. » explique Sarah Mora. Salariée à la Mutuelle des Motards, elle-même motarde, elle entame plusieurs échanges pour comprendre les différents soucis rencontrés par les jeunes et plus particulièrement les jeunes femmes. Avec une évidence qui ne l’est pourtant pas : « Quand on discute avec des ateliers qui ont embauché une jeune femme, il n’y a pas de différence. Le problème est de pouvoir accéder à l’entreprise pour montrer ses compétences ».

Une réalité que recontextualise Marc Sanchez, enseignant en mécanique moto au lycée Pierre Mendès France : « C’est difficile de changer les mentalités mais c’est la même difficulté pour les jeunes qu’ils soient homme ou femme à trouver un emploi en mécanique. Quand on a une classe de 24 élèves on aura quatre ou cinq mécanos ».

Combattre les clichés

Après avoir été contrainte à prendre quelques chemins de traverse l’éloignant de la mécanique moto malgré un Bac pro obtenu en 2006, Karen Baranger a finalement créé son entreprise, Fraka Motors à Angers, avec son époux en 2013. Sauf qu’il a fallu combattre les clichés pour faire admettre aux clients que monsieur était le secrétaire et madame la mécano. « Les gens devaient comprendre et ont fini par le comprendre, surtout les jeunes » explique-t-elle. En 2018, elle sort une première vidéo sur sa chaine Youtube Ducat by Karen : « Je voulais que les gens arrêtent d’acheter une moto de la mauvaise façon. Cela a fonctionné, j’ai réussi à créer une communauté bienveillante, des gens qui m’écoutent et qui respectent ce que je fais ». Depuis, elle partage avec bonheur son expérience à d’autres femmes, jeunes ou moins jeunes.

Karen Baranger et Chloë Hortig ont témoigné de leur expérience.
Karen Baranger et Chloë Hortig ont toute leur place dans la mécanique moto. (©CN / Métropolitain)

« On entend souvent qu’une fille n’est pas faite pour ça car c’est un métier qui demande de la force. Mais la problématique se pose exactement de la même façon pour les hommes sauf que lorsque l’on dit à quelqu’un qu’il n’y arrivera pas, cela ne l’aide pas. » pointe Marc Sanchez. Tout comme Karen Baranger, il souligne l’importance de se faire confiance : « Il faut déjà que les jeunes filles se persuadent qu’elles peuvent y arriver et un bout du chemin sera fait. Après c’est convaincre le monde du travail et là c’est un monde d’homme. Tout est dans la tête mais les filles ont a se battre pour faire changer les mentalités et aux hommes de se rendre compte qu’elles sont capables de faire les mêmes choses ».

Un réseau de volontaires

Avec la volonté d’agir, la Mutuelle des Motards a donc réfléchi aux moyens dont elle dispose. « Nous avons un réseau : des bureaux partout en France, nos salariés, des délégués bénévoles, le mouvement motard à travers la FFMC et Moto Magazine, et nos sociétaires qui sont des passionnés et pourraient avoir envie d’aider » détaille Sarah Morah. D’où la création d’un réseau d’une soixantaine de volontaires, possédant une bonne connaissance de son univers local de la moto, dédiés à Passerelle tels Chloë Hortig, Karen Baranger ou Marc Sanchez qui partageront volontiers leurs expériences et connaissances aux jeunes filles.

« Nous ne sommes pas une société de recrutement. Nous proposons un réseau de volontaires pour diffuser. L’idée est de donner ce coup de pouce pour que le CV arrive sur la pile. Pas forcément au dessus de la pile, juste sur la pile et que la jeune femme puisse se faire recruter sur la base de ses compétences » précise Sarah Morah. Pour l’instant, Passerelle est ouvert aux jeunes femmes de moins de 25 ans cherchant un contrat en mécanique moto ou en apprentissage mécanique moto.

Plus qu’un coup de pouce

« C’est la traduction très concrète de nos valeurs, de nos fondamentaux et de notre ADN » souligne Patrick Jadot pour qui, homme ou femme, un motard reste un motard. Tout comme au sein de la Mutuelle des Motards où, à compétence égale, salaire égale. « Pour nous, dans le monde de la moto, c’est pareil. Réparer une moto, cela reste réparer une moto. Que l’on soit un homme ou une femme, si l’on a de l’appétence et de la compétence pour la mécanique, ce qui compte pour nous c’est que la réparation ou la préparation soit faite. Cela peut paraitre trivial et banal sauf que nous sommes dans le monde de la moto et nous savons qu’il y a encore un peu peu de travail en ce qui concerne la place et la part des femmes » reconnait-il. Ainsi, dans la branche auto/moto, il y aurait 80% d’hommes et 20% de femmes. Ces dernières étant répartis très majoritairement dans des métiers commerciaux, administratifs, marketing et communication.

La Mutuelle des Motards s’appuie son expérience et expertise après 38 ans d’existence ainsi que sur la confiance construite avec différents acteurs du monde de la moto. « Passerelle est une démarche solidaire et volontaire. Il n’est pas question de business, il est question de donner un coup de pouce à de jeunes femmes » conclut Patrick Jadot avec l’ambition de participer à faire évoluer les mentalités.

> Plus de renseignements sur mutuelledesmotards.fr

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