En bref

Le gouvernement bulgare affronte une motion de censure

Un vote de défiance menace de faire chuter le gouvernement du Premier ministre bulgare Kiril Petkov, porté au pouvoir six mois plus tôt en promettant de lutter contre la corruption. Les parlementaires bulgares votent mercredi en fin d’après-midi.

En cas d’adoption – probable – de la motion de censure, le pays de 7 millions d’habitants, membre de l’Union Européenne et de l’OTAN, connaîtrait un nouvel épisode d’instabilité politique. Une occasion potentielle d’influence croissante pour Moscou, traditionnellement proche de ce pays riverain de la mer Noire qui subit régulièrement des vagues de propagande pro-russe et anti-occidentale.

La coalition menée par M. Kiril Petkov ne contrôle que 109 des 240 sièges du Parlement, après que son partenaire de coalition, le parti populiste « Il y a un tel peuple », a claqué la porte à cause de divergences sur la politique fiscale et d’une inflation de 15,6% en rythme annuel en mai. Une telle flambée des prix n’était plus arrivée dans le pays le plus pauvre de l’UE depuis 2008.

Environ un millier de manifestants pro-gouvernement ont convergé vers le Parlement de Sofia mardi en fin d’après-midi pour clamer leur soutien au Premier ministre Kiril Petkov, scandant « nous réussirons ensemble ».

Homme d’affaires âgé de 42 ans, diplômé de Harvard, Kiril Petkov s’est adressé à la foule, affirmant à ses supporters « nous changerons la Bulgarie ensemble ».« Peu importe le résultat du vote de [mercredi], personne ne peut nous arrêter », a déclaré le Premier ministre. « Tôt ou tard, la Bulgarie deviendra ce qu’elle doit être : un pays européen prospère, doté d’institutions et d’une justice efficaces et de bons systèmes de santé et d’éducation. »

Plusieurs centaines de manifestants anti-gouvernement se sont également rassemblés mardi soir près du Parlement.

Le Premier ministre a exhorté les parlementaires à garder « les intérêts du peuple » en tête au moment du vote.

Ruslan Stefanov, directeur au Centre d’Etudes de la Démocratie, un think-tank basé à Sofia, voit dans le vote de la motion de censure le résultat de « querelles internes sur les questions budgétaires ».

« Le moment est mal choisi pour priver la Bulgarie de Parlement », explique-t-il. « La Bulgarie doit recevoir 5 milliards d’euros de fonds du mécanisme européen pour la Reprise et la Résilience, mais doit d’abord voter une vingtaine de lois pour débloquer les versements. Or la Bulgarie a grandement besoin de cet argent. »

La Bulgarie a fait preuve de volontarisme pour appuyer les sanctions occidentales contre la Russie depuis l’invasion de l’Ukraine le 24 février dernier. Fin avril, la Russie coupait ses livraisons de gaz en rétorsion au non-paiement en roubles des hydrocarbures.

Pour Ruslan Stefanov, la crise actuelle risque fort de favoriser les « forces complaisantes vis-à-vis de la Russie », en particulier si l’instabilité se prolonge, jusqu’à une nouvelle élection. De quoi voir rapidement émerger des tensions entre Sofia et ses partenaires européens.

Le GERB, parti d’opposition à l’origine du déclenchement de la procédure de censure du gouvernement, est dirigé par l’ex-Premier ministre Boïko Borissov, à la tête du pays près d’une décennie durant jusqu’en 2021.

En mars, Boïko Borissov était encore détenu dans le cadre d’une affaire de corruption, aux côtés d’autres membres de son parti. Rapidement libéré, celui qui avait eu à affronter des manifestations géantes en 2020 s’en était tiré sans poursuites.



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