Etranger

Les conteneurs sont-ils écologiquement responsables ? L’analyse de Bruno Wattenbergh

Dans sa chronique sur la matinale de BEL RTL au sujet de l’économie et de la consommation, Bruno Wattenbergh nous a parlé logistique et transport. Plus précisément des conteneurs, ces grandes boîtes métalliques qui achalandent le monde entier.

Ce caisson métallique parallélépipédique nait aux États-Unis au début de la deuxième guerre mondiale. Mais ce n’est qu’en 1956 qu’une entreprise de transport qui convoie des camions a l’idée de séparer le châssis du camion de la carcasse métallique permettant le transport des marchandises. Et cela change tout ! 

Parce qu’avant l’invention du conteneur, il fallait environ 150 personnes et plusieurs jours pour décharger un cargo conventionnel. Le conteneur a permis de diviser par dix le nombre de personnes nécessaires et de réduire le temps à une dizaine d’heures. Cela permis de baisser les coûts et contribué à démocratiser les échanges mondiaux.

Aujourd’hui 226 millions de conteneurs transitent annuellement sur les mers et océans du globe notamment à cause des industries qui depuis une trentaine d’années font leur shopping au 4 coins du monde pour acheter leurs composants au meilleurs prix.

Quels sont les différents types de conteneurs sur le marché ?

Les plus connus sont les 20 pieds et 40 pieds. Soit respectivement 6 mètres et 12 mètres de long. Si le conteneur « classique », et le plus répandu, reste une simple boîte, en acier soudé, il existe des conteneurs spécialisés : réfrigérés, ventilés, déshumidifiés, avec un réservoir de carburant, sans toit, pliants, à bétail, à voitures, plats, citernes, etc. Mais tous avec le même système de fixation. Si le conteneur est standardisé aujourd’hui, le parcours du conteneur est lui aussi standardisé, sa place dans le bateau est calculée par un logiciel pour qu’il soit rangé le plus efficacement possible en fonction de sa destination finale.

Et ces conteneurs ont une responsabilité dans les pénuries que certains secteurs connaissent aujourd’hui ?

Effectivement. D’abord, le confinement quasi global et l’arrêt net de millions d’usines au printemps 2020 a fait que les conteneurs sont restés où ils étaient, dspersés à travers le monde. Lorsque l’économie a repris brutalement, ils n’étaient pas au bon endroit, c’est-à-dire aux endroits où l’on produisait en masse, sous-entendu en Asie. Avec un tel déséquilibre entre l’offre et la demande, le coût du leur transport a été multiplié par quatre.  

Est-ce que ces conteneurs sont écologiquement responsables ?

Pas vraiment. Même si leur standardisation permet une meilleure efficience, ils restent critiquables. Tous ces allers-retours de navires fonctionnant aux carburants lourds, génèrent des quantités importantes d’émissions de particules fines (dioxyde de carbone, souffre, …). Je vous passe la pollution sonore qui impacte négativement les baleines et n’oublions pas non plus que jusqu’à 15.000 containers sont perdus chaque année en mer, ou encore que les containeurs sont régulièrement pulvérisés avec des produits chimiques pour éliminer les bactéries et les rongeurs. Tout cela ne rend pas ce mode de transport très responsable vis-à-vis de la planète. 



Source link

admin
the authoradmin

Laisser un commentaire